B

Babilée, Jean

Jean Babilée
(De son vrai nom Jean Gutmann)
(1923-)
Comédien, danseur et chorégraphe français

NAISSANCE D’UN DANSEUR ATYPIQUE

Né à Paris, Jean Babilée, fait ses classes à l'École de danse de l'Opéra de Paris de 1936 à 1940, où Alexandre Volinine ainsi que Boris Kniaseff et Victor Gsovsky assurent sa formation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il intègre les ballets de Cannes de Marika Besobrasova. De retour à Paris, il commence à faire parler de lui, paraissant notamment aux Soirées de la danse du Théâtre Sarah-Bernhardt, et signe sa première chorégraphie, Sérénité (1944), avec Nathalie Philippart, qui deviendra son épouse. De 1945 à 1949, il est danseur étoile aux ballets des Champs-Élysées; il crée Jeu de cartes (1945) de Janine Charrat, sur une musique de Stravinski, et le Jeune Homme et la Mort (1946) de Roland Petit, sur un texte de Jean Cocteau, rôle fétiche dans lequel il est resté inégalé. De 1950 à 1952, il est artiste invité à l’American Ballet Theatre.

Très présent également sur la scène européenne, Jean Babilée se produit à l'Opéra de Paris (Giselle et Hop Frog, 1953), à la Scala de Milan (Pulcinella, 1954; Mario e il mago, 1956, mise en scène de Luchino Visconti), et au Staatsoper de Berlin (Maratona di danza, 1957, également mise en scène de Luchino Visconti). En 1956, il crée sa propre compagnie, les ballets Jean-Babilée, imprimant un style poétique à ses chorégraphies (Balance à trois avec le compositeur Jean-Michel Damase; Caméléopard).

UN ARTISTE LIBRE ET EXIGEANT

La fin des années cinquante et les années soixante sont pour lui l’occasion de découvrir deux univers : celui du cinéma, et celui du théâtre. Au cinéma, il joue notamment avec Hervé Bromberger (les Loups dans la bergerie, 1959) et avec Georges Franju (Pleins feux sur l’assassin, 1960). Au théâtre, il est comédien dans la Descente d’Orphée de Tennessee Williams avec Arletty (1959), le Balcon de Jean Genet (1960; mis en scène par Peter Brook) et dans la Reine verte, «spectacle total» de Maurice Béjart (1963) alliant danse et théâtre.

De 1968 à 1970, Jean Babilée danse avec le Ballet-Théâtre contemporain à Amiens, où il crée Haï-Kaï (1969), sur une partition de Webern. Il est nommé directeur artistique du ballet du Rhin en 1972, poste qu’il quitte un an après. En 1976, il revient au cinéma dans Duelle, un film réalisé par Jacques Rivette. En 1979, à New York, Béjart crée pour lui Life, une évocation de sa vie qui sera un triomphe.

UNE CARRIÈRE D’UNE LONGÉVITÉ EXCEPTIONNELLE

En 1983, Jean Babilée retrouve Roland Petit avec qui il danse à nouveau, trente-sept ans après, le Jeune Homme et la Mort au Théâtre du Châtelet à Paris. Si sa danse a perdu quelque peu de sa force et de son agilité, elle garde toute sa magie et toutes ses qualités expressives. On le retrouve la même année au Cirque d’Hiver, dans un spectacle rock de Jacques Higelin (Jacques Joseph Victor dort). Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, il est encore l'interprète de jeunes chorégraphes contemporains, comme François Verret (L et Eux la nuit, 1988-1990) et Evita Braun (La vie c’est contagieux; en tournée européenne, 1993-1994). Il reprend Life avec Marie-Claude Pietragalla (1991), Balance à trois (1994 et 1997) et Vita Nova de Maurice Béjart au Théâtre national de Chaillot (1995).

Danseur à la plastique athlétique et à la technique parfaite, Jean Babilée a développé un style fluide, aérien et précis, conférant aux passages les plus périlleux l'impression singulière du naturel. Pour lui, la danse est un état plus qu'un métier. Il a peu interprété le répertoire, privilégiant toujours les créations et les rencontres.

Bacall, Lauren

Lauren Bacall
(De son vrai nom Betty Joan Perske)
(1924- ),
Actrice américaine, qu'a rendue célèbre son interprétation dans le Port de l'angoisse et le Grand Sommeil aux côtés d'Humphrey Bogart, partenaire à l'écran comme à la ville

Née à New York, Lauren Bacall étudie la danse durant treize ans et suit quelque temps les cours de l'American Academy of Dramatic Arts avant de se produire dans un premier spectacle à Broadway. En 1943, Howard Hawks la remarque en une de couverture de Harper's Bazaar et l'engage pour un contrat de sept ans : elle débute dans un rôle de premier plan dans le Port de l'angoisse (To Have and Have Not, 1944), avec Humphrey Bogart.

Le Port de l'angoisse
Le Port de l'angoisse (To Have and Have Not, 1944) d'Howard Hawks

Suit une série de succès, devenus des classiques, dans lesquels elle incarne, souvent aux côtés de Bogart, des personnages de femmes indépendantes et sûres d'elles-mêmes, à l'allure féline et au timbre grave : Agent secret (Confidential Agent, 1945) de H. Shumlin, le Grand Sommeil (The Big Sleep, 1946) de H. Hawks, les Passagers de la nuit (Dark Passage, 1947) de D. Daves, Key Largo (1948) de John Huston, la Femme aux chimères (Young Man with a Horn, 1950) de Michaël Curtiz. Après la revente par Hawks de son contrat à la Warner Bros., elle entretient avec ce studio des rapports conflictuels, refusant de nombreux rôles. Dégagée du contrat qui la liait à la Warner, elle tourne alors des films comme Écrit sur du vent (Written on the Wind, 1957), de Douglas Sirk, ou la Femme modèle (Designing Woman, 1957), de Vincente Minnelli, dans lesquels elle ne retrouve pas le niveau de ses précédents rôles. Jamais plus, d'ailleurs, elle ne renouvellera la performance des deux chefs-d'œuvre tournés avec Humphrey Bogart et Howard Hawks, dans lesquels le rôle d'ingénue à l'esprit caustique et sexy lui allait à la perfection. Ayant pris ses distances avec Hollywood après la mort d'Humphrey Bogart en 1957, Lauren Bacall reprend le chemin des studios au cours des années soixante, pour ne plus tourner désormais que des films mineurs - parmi lesquels Une vierge sur canapé (Sex and The Single Girl, 1964) de R. Quine. Elle rencontre, en revanche, davantage de succès à Broadway, avec Good-Bye Charlie (1959), Cactus Flower (1965) et Applause (1970). Elle tourne encore en 1994 avec Robert Altman dans Prêt-à-porter.

Lauren Bacall et Humphrey Bogart dans le Grand Sommeil (The Big Sleep, 1946) d'Howard Hawks
Réalisé d'après un roman de Raymond Chandler publié en 1939, le long-métrage d'Howard Hawks fut tourné un an après le Port de l'angoisse (To Have and Have Not). Dans le rôle de Philip Marlowe, Humphrey Bogart forme avec Lauren Bacall l'un des couples les plus mythiques de l'histoire du cinéma

Balasko, Josiane

Josiane Balasko
(1952- )
Actrice, scénariste et réalisatrice française

Née à Paris, Josiane Balasko entre dans la troupe du Splendid en 1975 et commence à jouer sur la scène des cafés-théâtres, tout en participant à l’écriture de plusieurs pièces. Elle signe par la suite des scénarios pour le cinéma, Retour en force (1980) de Jean Marie Poiré, et l’Année prochaine si tout va bien (1981) de Jean Loup Hubert.

À l’écran, elle apparaît chez Roman Polanski dans le Locataire (1976), chez Claude Zidi dans l'Animal (1977) et chez Claude Miller dans Dites-lui que je l’aime (1977), avant de décrocher un rôle important dans les Bronzés (1978) de Patrice Leconte. Partenaire de Coluche dans le Maître d'école (1981) de Claude Berri et dans la Vengeance du serpent à plumes (1984) de Gérard Oury, elle travaille aussi avec André Téchiné pour Hôtel des Amériques (1981) et avec Bernard Nauer pour Nuit d'ivresse (1986). Elle tourne également dans plusieurs films à succès de Jean-Marie Poiré, Les hommes préfèrent les grosses (1981) dont elle signe le scénario, Papy fait de la résistance (1982) et le triomphal Le Père Noël est une ordure (1982).

Elle joue encore avec talent un personnage dramatique dans Trop belle pour toi (1989) de Bertrand Blier et donne une belle interprétation de mère de famille engagée dans Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes (1993) de Jean-Jacques Zilbermann.

Josiane Balasko a aussi réalisé des films dans lesquels elle tient le rôle principal, Sac de noeud (1985), les Keufs (1987), coécrit avec le romancier Jean Bernard Pouy, Ma vie est un enfer (1991), Gazon maudit (1994), césar du meilleur scénario et grand succès commercial où elle interprète une homosexuelle venue semer la zizanie dans un couple, et Un grand cri d'amour (1998).

Balazs, Béla

Béla Balazs
(1884-1949)
Cinéaste et actrice hongroise

Herbert Bauer, qui sera plus tard Béla Balázs, est né à Szeged, en Hongrie. Après des études universitaires, il part avec le musicien Zoltán Kodály en voyage d’étude pour Berlin et Paris. Balázs est parmi les premiers à découvrir le génie du plus grand poète hongrois, Endre Ady. Il se lie avec Béla Bartók et György Lukács. Cette dernière amitié durera toute leur vie. Lukács défend Balázs dès le début de sa carrière littéraire marquée par une oeuvre théâtrale, Dr Szélpál Margit (1909).

Le rôle de la conscience dans l’art est le sujet de l’essai intitulé Halálesztétika (L’Esthétique de la mort, 1908). La création poétique intéresse Balázs autant que sa théorie. En témoignent son premier recueil de poèmes, A vándor énekel (Le vagabond chante, 1911), ainsi que les livrets d’opéra A kékszakállú herceg vára (Le Château de Barbe-Bleue, 1911) et de pantomime A fából faragott királyfi (Le Prince en bois, 1916) écrits à la demande de Bartók.

Pendant la république des Conseils de 1919, Balázs s’occupe des théâtres en tant que membre du Directoire des écrivains. Après la défaite, il doit émigrer à Vienne où la vie culturelle se réorganise autour des différents pôles représentés par Lukács ou par Lajos Kassák, avec des organes comme Bécsi Magyar Újság («Journal hongrois de Vienne»). Balázs y collabore notamment avec un texte critique sur Robert Musil, jugé par ce dernier d’une grande pertinence. La même année, il inaugure une nouvelle rubrique dans le journal autrichien Der Tag : celle des critiques cinématographiques. Il est le premier à proclamer la naissance du septième art dans sa théorie du cinéma, Der sichtbare Mensch (L’Homme visible, 1924). Le succès de ce livre, dont l’originalité réside dans l’approche poétique des images, surtout celles des «premiers plans», lui vaut une invitation à Berlin où il vit de 1926 à 1931. Là, il participe, aux côtés d’Erwin Piscator et de Max Reinhardt, au théâtre d’agit-prop, et écrit de nombreux scénarios, pour Alexander Korda, G. W. Pabst (L’Opéra de quat’sous), L. Riefenstahl (Lumière bleue), entre autres. En 1930 il entreprend l’élaboration d’une esthétique du cinéma parlant; celle-ci paraît sous le titre Der Geist des Films (L’Esprit du film, 1925).

L’Allemande Leni Riefenstahl joua Junta, le fille de la montagne, dans son propre film «La Lumière bleu» (1932)

Balázs continue d’écrire des poèmes, des romans et des contes dont Thomas Mann remarque la beauté. En 1931 il entre au Parti communiste allemand. Invité en Union soviétique, il y demeure jusqu’en 1945, d’abord en enseignant l’art cinématographique à Moscou, puis en collaborant à la création de films à Alma-Ata. En 1945, il rentre en Hongrie. C’est l’époque d’une méfiance accrue envers les anciens communistes : on l’empêche de faire un film sur la révolution de 1848. Il peut tout de même participer au scénario de Valahol Európában (Quelque part en Europe) de Géza Radványi. Il écrit une autobiographie sous le titre de Álmodó ifjúság (Jeunesse rêveuse, 1946). En 1949 il est réhabilité et reçoit peu avant sa mort le prix Kossuth.

Bardot, Brigitte

Brigitte Bardot
(1934- )
Actrice française

Née à Paris et élevée dans une famille de la haute bourgeoisie, Brigitte Bardot étudie la danse, puis devient modèle pour photographes avant de débuter à l'écran dans le Trou normand (1952) de Jean Boyer et Manina, fille sans voiles (1952) de Willy Rozier.

D’une grande beauté, Brigitte Bardot se voit rapidement confier plusieurs rôles d’insolente ou de jeune fille candide. Apparaissant souvent demi-nue à l’écran, elle entame une carrière internationale entre l’Italie, l’Angleterre et la France. Elle tourne ainsi dans Haine, amour et trahison (Tradita, 1954) de Mario Bonnard, Hélène de Troie (Helen of Troy, 1956) de Robert Wise, les Week-ends de Néron (Mi figlio Nénore, 1956) de Steno, Rendez-vous à Rio (Doctor at Sea, 1955) de Ralph Thomas, le Fils de Caroline Chérie (1955) de Jean Devaivre, les Grandes Manoeuvres (1955) de René Clair, la Lumière d'en face (1956) de Georges Lacombe, Futures vedettes (1955) et En effeuillant la marguerite (1956) de Marc Allégret, et dans Cette sacrée gamine (1955) de Michel Boisrond.

Elle devient soudain une star internationale grâce à son rôle de femme-enfant indépendante et sensuelle dans Et Dieu créa la femme (1956) de son époux Roger Vadim. Mythe mondial au sigle de BB, elle tourne ensuite plusieurs autres films avec Vadim : les Bijoutiers du clair de lune (1958), la Bride sur le cou (1961), le Repos du guerrier (1962) et Don Juan 1973 (1973).

Vadim, Et Dieu créa la femme
Considéré comme un film précurseur de la Nouvelle Vague, Et Dieu créa la femme est avant tout le détonateur du mythe Bardot, prototype de la «bombe sexuelle» moderne.

D'autres rôles lui permettent de faire montre de ses dons dramatiques : En cas de malheur (1958) de Claude Autant-Lara, la Femme et le Pantin (1959) de Julien Duvivier, la Vérité (1960) de Henri-Georges Clouzot, Vie privée (1962) suivi des Histoires extraordinaires (1968) de Louis Malle, et surtout le Mépris (1963) de Jean-Luc Godard.

Elle se distingue aussi dans la comédie : La mariée était trop belle (1957) de Pierre Gaspard-Huit, Une Parisienne (1957) et Voulez-vous danser avec moi? (1959) de Michel Boisrond, Babette s'en va-t-en guerre (1959) et les Pétroleuses (1971) de Christian-Jaque, Une ravissante idiote (1964) de Édouard Molinaro, l'Ours et la Poupée (1970) de Michel Deville, Boulevard du Rhum (1971) de Robert Enrico et l'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise (1973) de Nina Companeez, son dernier film, puisqu’elle abandonne ensuite le métier d’actrice pour se consacrer à la défense des animaux.

Auteur d'une autobiographie comportant deux volumes, Initiales B.B. (1996) et le Carré de Pluton (1999), Brigitte Bardot reste également dans les mémoires comme l'interprète de grandes chansons de Serge Gainsbourg, telles «Bonnie and Clyde» ou «Harley Davidson».

Barrymore, Ethl

Ethel Barrymore
(1879-1959)
Comédienne américaine , actrice de cinéma et propriétaire de théâtre

Soeur de Lionel et de John Barrymore. Elle a obtenu un oscar pour sa prestation dans Rien qu'un coeur solitaire (None But the Lonely Heart, 1944) de Clifford Odets. Née à Philadelphie en Pennsylvanie, elle fit ses débuts sur la scène à New York en 1894 dans les Rivaux (The Rivals) de Richard Brinsley Sheridan.

Soeur de Lionel et de John, fille d'un célèbre couple d'acteurs, l'actrice Ethel Barrymore reçut l'oscar du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans Rien qu'un coeur solitaire (None But the Lonely Heart, 1944) de Clifford Odets. Grande interprète de la Maison de poupée d'Henrik Ibsen, elle s'est dédié autant au théâtre qu'au cinéma, sous la direction de Frank Borzage, John Sturges , Robert Siodmak et Alfred Hitchcock (le Procès Paradine, 1948).

Elle joua en Grande-Bretagne avec sir Henry Irving en 1898. Aux États-Unis, elle triompha en 1905 dans le rôle principal de la Maison de poupée de Henrik Ibsen, ainsi que dans Alice-Sit-by-the-Fire de James Matthew Barrie, en 1906. En 1922, elle tint le rôle de Juliette dans Roméo et Juliette et, en 1925, celui d'Ophélie dans Hamlet. En décembre 1928, elle inaugura le Ethel Barrymore Theater à New York. Elle joua également en 1931 dans l'École de la médisance (The School for Scandal) de Sheridan et dans The Corn is Green (Le maïs est vert, 1941-1945) du dramaturge gallois Emlyn Williams.

Au cinéma, elle tourna avec ses frères dans Raspoutine et sa cour (Rasputin and the Empress, 1933), et fut la vedette de nombreux films.

Barrymore, John

John Barrymore
(1882-1942)
Comédien américain

Célèbre pour son interprétation d'Hamlet dans la pièce du même nom de William Shakespeare. Frère de Lionel et d'Ethel Barrymore. Il naquit à Philadelphie et fit ses débuts sur scène en 1903 à Chicago et à New York. En 1905, il joua à Londres et prit part à la tournée de l'American Company en Australie.

En 1924-1925, les critiques américains de théâtre furent unanimes pour saluer la performance d'acteur de John Barrymore dans le rôle-titre d'Hamlet de William Shakespeare.

Élégant et romantique, John Barrymore se produisit à nouveau aux États-Unis et au Royaume-Uni, devenant l'un des comédiens les plus célèbres de son époque. Il excella tout particulièrement dans les rôles principaux qu'il tint dans Justice (1910) du Britannique John Galsworthy, dans The Jest (la Plaisanterie, 1919) ainsi que dans Richard III (1920) et Hamlet (1924-1925) de Shakespeare. En 1912, il s'essaya au cinéma, genre auquel il se consacra quasi exclusivement dès 1925.

Barrymore, Lionel

Lionel Barrymore
(1878-1954)
Acteur américain

L'un des plus grands acteurs de genre du cinéma hollywoodien dans les années 1930 et 1940. Il naquit à Londres, mais fit ses débuts de comédien à New York en 1893, paraissant aux côtés de sa grand-mère, Louisa Lane Drew. En 1917, il tint le rôle principal dans Peter Ibbetson du Britannique George Du Maurier, joua en 1919 avec son frère John dans la Plaisanterie de l'Italien Sem Benelli et, en 1921, dans Macbeth de Shakespeare. Il débuta au cinéma en 1907 et, après avoir quitté la scène en 1925, continua dans cette voie, jouant également dans des pièces radiophoniques et des feuilletons de télévision. L'un de ses rôles les plus connus au cinéma reste celui du Dr Gillespie dans la série du Dr Kildare qui comprenait Dark Delusion (1947) de Goldbeck.

Dans les années trente et quarante, Lionel Barrymore a collaboré avec les plus grands cinéastes américains. Il a joué notamment dans des films de Tod Browning (les Poupées du diable, 1936; la Marque du vampire, 1935), Victor Fleming (l'Île au trésor, 1934) et John Huston (Key Largo, 1948).

Basinger, Kim

Kim Basinger
(1953- )
Actrice américaine

Née à Athens (Géorgie), Kim Basinger remporte un concours de beauté et devient mannequin à dix-sept ans. Elle exerce cette activité pendant cinq ans avant d’apparaître dans la série télévisée Drôles de dames (Charlie’s Angels, 1976) et dans quelques téléfilms, dont un remake de Tant qu’il y aura des hommes (From Here To Eternity, 1979).

Elle obtient son premier rôle au cinéma dans Hard Country (1980) de David Greene, puis incarne une «James Bond girl» dans Jamais plus jamais (Never Say Never Again, 1983) d’Irvin Kershner. Blake Edwards lui confie la même année un rôle dans son remake de l’Homme qui aimait les femmes de François Truffaut, The Man who Loved Women. Elle est ensuite dirigée par Robert Altman dans l’adaptation d’une pièce de Sam Shepard, Fool For Love (1985), avant de gagner les faveurs du public avec un drame osé d’Adrian Lyne où sa sensualité fait fureur, Neuf semaines et demie (9 1/2 Weeks, 1986). Peu après, Blake Edwards lui permet de dépasser son image réductrice de sex-symbol en la dirigeant, aux côtés de Bruce Willis, dans Boire et déboires (Blind Date, 1987). La jolie blonde révèle alors l’étendue de son talent en interprétant une femme timide que l’abus d’alcool rend fantasque.

Batman (1989) de Tim Burton l’a consacrée comme star mais, depuis, à l’exception de deux belles apparitions dans Prêt-à-porter (1994) de Robert Altman et L.A. Confidential (1997) de Curtis Hanson, elle est restée relativement discrète à l’écran.

Batman

Batman
Personnage de bande dessinée créé en 1939 par les auteurs américains Bill Finger (scénario) et Bob Kane (dessin), héros de la bande dessinée éponyme.

La première histoire de Batman voit le jour dans la revue illustrée Detective Comics en 1939. S’érigeant en défenseur de l’ordre public, le super-héros y arbore un costume gris-violet, orné d’un écusson en forme de chauve-souris sur la poitrine, et coiffe un masque aux oreilles pointues. À l’instar de Superman, Batman mène une double existence et prend, à la ville, les traits du multimilliardaire Bruce Wayne. Témoin du meurtre de ses parents alors qu’il était enfant, ce dernier fait le serment de combattre le crime, sans toutefois recourir à aucune arme. Outre un large éventail de moyens techniques, Batman mise sur ses capacités physiques hors du commun pour triompher des malfrats. Avec l’aide de son assistant Robin, dont il s’est tôt adjoint les services, Batman affronte à intervalles réguliers divers adversaires, dont le Joker, l’Homme-Mystère, Catwoman, Double-Face ou le Pingouin.

Couverture du premier album des aventures de Batman et Robin, paru en 1939

Dans les années soixante, les aventures de Batman sont adaptées pour la télévision en quelque 120 épisodes. Néanmoins, la série se révèle trop proche de l’autoparodie et a, de ce fait, des répercussions négatives sur la qualité de la bande dessinée. Depuis 1989, c’est le cinéma qui s’est intéressé à ce super-héros. Tim Burton en donne deux adaptations : Batman, en 1989, avec dans les rôles titres Michael Keaton (Batman/Bruce Wayne) et Jack Nicholson (le Joker), et deux ans plus tard Batman, le défi, interprété par Michael Keaton, Danny DeVito et Michelle Pfeiffer. Bien que cette dernière version ait été mieux appréciée par la critique, c’est la première qui a fait événement, battant des records d’entrées et déclenchant, à grands renforts de produits dérivés, une véritable Batmania. En 1994, Joel Schumacher réalise un Batman forever assez conforme à l’esthétique de la bande dessinée.

Baur, Harry

Harry Baur
(1880-1943)
Acteur français

Né à Montrouge, Harry Baur suit des études d’art dramatique au conservatoire de Marseille. Il devient secrétaire de Mounet-Sully et obtient ses premiers succès au théâtre du Palais-Royal, au Grand-Guignol et au Théâtre Antoine avec Firmin Gémier. Il jouera par la suite dans Jazz (1926) et Fanny (1931), deux pièces de Marcel Pagnol. En 1929, il est élu président de l’Union internationale des artistes.

C’est au cinéma qu’il acquiert sa popularité, s’affirmant dans la production des années trente comme un «monstre sacré», variante française de la star américaine. Peu attiré par le cinéma muet, il s’impose dès 1931 dans David Golder de Julien Duvivier, avec qui il tourne de nombreux films : Poil de carotte, d’après Jules Renard (1932), la Tête d’un homme (1933), où il est un excellent commissaire Maigret, Golgotha (1935), le Golem, d’après Gustav Meyrinck (1936), et Un carnet de bal (1937). Il obtient un grand succès en interprétant Jean Valjean, un rôle à sa mesure, dans les Misérables de Raymond Bernard (1934). Il tourne dans de nombreux longs métrages, affectionnant plus particulièrement les atmosphères « slaves » telles qu’on les imagine à l’époque en France, avec la complaisance de cinéastes russes émigrés (Nuits moscovites, 1934, et Tarass Boulba, 1936, d’Alexis Granowsky ; les Yeux noirs, 1935 et Nostalgie, 1937, de Victor Tourjansky). Sous la direction de Pierre Chenal, il interprète le juge Porphyre dans Crime et Châtiment (1935), puis Paul Ier, le tsar fou, dans le Patriote (1938) de Maurice Tourneur et enfin Raspoutine dans la Tragédie impériale de Marcel L’Herbier (1938).

Dénoncé sous l’Occupation pour ses origines juives, il est arrêté et torturé par la Gestapo. Il meurt quelques jours après sa libération.

Béart, Emmanuelle

Emmanuelle Béart
(1965-)
Comédienne française

Fille du chanteur Guy Béart, Emmanuelle Béart passe son enfance dans le Var avec sa mère, avant de partir seule pour le Canada alors qu’elle est encore adolescente. De retour en France en 1982, elle fait ses premiers pas d’actrice à la télévision et au cinéma dans Demain les mômes de Jean Pourtalé (1976). Après Premiers désirs (1984) de David Hamilton et Un amour interdit (1984) de Jean-Pierre Dougnac, Emmanuelle Béart est véritablement révélée par Manon des sources (1986) de Claude Berri. Elle devient alors l’une des actrices françaises les plus recherchées.

Au gré d’une carrière qui s’efforce de concilier cinéma d’auteur et cinéma commercial, Emmanuelle Béart apparaît aussi bien chez André Téchiné (J’embrasse pas, 1991), Yannick Bellon (les Enfants du désordre, 1989), Claude Chabrol (l’Enfer, 1994), Claude Sautet (Un coeur en hiver, 1992; Nelly et M. Arnaud, 1995), Jacques Rivette (la Belle Noiseuse, 1991) que chez Régis Wargnier (Une femme française, 1995), Francis Weber (Don Juan, 1998), Yves Angelo (Voleur de vie, 1998) ou Brian De Palma (Mission : impossible, 1996).

Beatty, Warren

Warren Beatty
(1937- )
Acteur, producteur, scénariste et cinéaste américain

Warren Beatty imposa, au travers de ses rôles et de sa vie privée, une image de grand séducteur et fut reconnu en tant que réalisateur, en 1981, grâce à Reds

Acteur révélé par la Fièvre dans le sang (Elia Kazan, 1961), sacré vedette avec Bonny and Clyde (A. Penn, 1967), séducteur impénitent, maintenant marié avec l'actrice Annette Beaning (les Arnaqueurs, Stephen Frears, 1990), Warren Beatty est notamment le réalisateur de Reds (1981), une biographie du journaliste américain John Reed, de Dick Tracy (1990), adapté de la bande dessinée éponyme, de Bugsy (1991) et de Bulworth (1998).

Frère cadet de Shirley MacLaine, Warren Beatty suivit des cours de comédie auprès de Stella Adler. Après avoir travaillé à la télévision et au théâtre, il fit ses débuts à l'écran dans le film la Fièvre dans le sang (Splendor in the Grass, 1961), d'Elia Kazan. Au début de sa carrière, ses rôles d'anti héros dans des films tels que l'Ange de la violence (All Fall Down, 1962), de Frankenheimer ou Mickey One (1965), d'Arthur Penn, contribuèrent à faire reconnaître son talent. Cependant, il ne connut une réelle célébrité qu'à partir de 1967 grâce à Bonnie and Clyde, qui lui valut l'oscar du meilleur acteur pour son interprétation du rôle du gangster Clyde Barrow. Beatty devint, dès lors, une figure importante d'Hollywood. Il s'illustra par la suite dans John MacCabe (John MacCabe and Mrs Miller, 1971), de Robert Altman et À cause d'un assassinat (The Parallax View, 1974), d'Alan J. Pakula. Pour le film Shampoo, portrait à peine voilé de l'acteur, réalisé par Hal Ashby (1975), il cumula les rôles de vedette, producteur et coscénariste. Il ajouta à ces fonctions celle de coréalisateur, avec Buck Henry, pour Le ciel peut attendre (Heaven Can Wait, 1978), comédie qui eut un large succès auprès du public. Il remporta un immense succès avec le film Reds (1981), biographie passionnée et brillamment détaillée du journaliste John Reed, pour laquelle il reçut l'oscar du meilleur réalisateur. Il produisit, réalisa et fut l'interprète principal de Dick Tracy (1990), adaptation à gros budget de la bande dessinée du même nom. Suivit Bugsy (1991), de Barry Levinson, où il avait pour partenaire Annette Bening, qu'il épousa et avec laquelle il tourna par la suite dans Love Affair (1994).

Bellocchio, Marco

Marco Bellocchio
(1939- )
Cinéaste italien

Il a fait irruption dans la mise en scène avec un film retentissant, les Poings dans les poches (I Pugni in tasca, 1966), une vigoureuse attaque contre la famille. D'autres satires mordantes, violentes, tragiques ont pris pour cible l'Église Au nom du père (Nel nome del padre, 1971) ou l'armée Marche triomphale (Marcia triomfale, 1976). Il a travaillé plusieurs années sur le monde psychiatrique et a participé à plusieurs films collectifs orientés à gauche. Le Diable au corps (il Diavolo in corpo, 1986), qui lui a permis d'obtenir un large succès à cause de certaines audaces érotiques, fut suivi de quelques films qui ont déçu le public et la critique.

Bellocchio (Marco), les Poings dans les poches
Paola Pitagora et Lou Castel dans les Poings dans les poches (1965), vraisemblablement le chef-d'oeuvre de Marco Bellocchio. L'approche désacralisante et visionnaire des thèmes les plus critiques et complexes de la société bourgeoise italienne - en particulier l'institution de la famille - se retrouve dans toute la production du réalisateur, mais le radicalisme et la rage exprimés dans cette première oeuvre n'ont jamais été surpassés.

Belmondo, Jean-Paul

Jean-Paul Belmondo
(1933- )
Acteur français

Né à Neuilly-sur-Seine, fils du sculpteur Paul Belmondo, Jean-Paul Belmondo s’oriente d’abord vers le sport, puis, tenté par le métier d’acteur, il entre au Conservatoire national d’art dramatique en 1951.

Il débute à l’écran dans Sois belle et tais-toi (1957) de Marc Allégret, puis tient la vedette du court métrage Charlotte et son Jules (1958) de Jean-Luc Godard. Il collabore ensuite avec Claude Chabrol pour À double tour (1958) et avec Claude Sautet pour Classe tous risques (1959), avant de devenir célèbre pour son extraordinaire prestation dans À bout de souffle (1960) de Jean-Luc Godard. Il tourne également, en Italie, la Novice (Lettere di una Novizia, 1960) de Alberto Lattuada, La Vaccia (1960) de Mauro Bolognini et la Ciociara (1960) de Vittorio De Sica.

On le voit ensuite dans Moderato Cantabile (1960) de Peter Brook, Léon Morin prêtre (1961), le Doulos (1963) et l’Aîné des Ferchaux (1963) de Jean-Pierre Melville, Une femme est une femme (1962) et Pierrot le fou (1965) de Jean-Luc Godard.

À travers ses collaborations avec Philippe de Broca dans Cartouche (1961), l'Homme de Rio (1964), les Tribulations d'un Chinois en Chine (1965), le Magnifique (1973) et l'Incorrigible (1974) et avec Henri Verneuil dans Un singe en hiver (1962), 100 000 dollars au soleil (1964), Week-end à Zuydcoote (1965), le Casse (1971), Peur sur la ville (1975), le Corps de mon ennemi (1976) et les Morfalous (1984), Jean-Paul Belmondo est devenu l’un des acteurs français les plus populaires, l’une des valeurs commerciales les plus sûres du cinéma hexagonal.

Au fil de sa carrière, s’il est encore apparu dans des films ambitieux comme le Voleur (1967) de Louis Malle, la Sirène du Mississippi (1969) de François Truffaut et Stavisky (1975) d’Alain Resnais, il s'est peu à peu orienté vers le comique avec le Cerveau (1969) et l'As des as (1982) de Gérard Oury, l'Animal (1977) de Claude Zidi, le Guignolo (1980) et Joyeuses Pâques (1984) de Georges Lautner et vers le film d'action avec Borsalino (1970), le Marginal (1983) et le Solitaire (1986) de Jacques Deray, l'Héritier (1973) et l'Alpagueur (1976) de Philippe Labro, Flic ou voyou (1979) et le Professionnel (1981) de Georges Lautner.

Dans son importante filmographie, il faut encore citer Paris brûle-t-il ? (1966) de René Clément, les Mariés de l'an II (1970) de Jean-Paul Rappeneau, Docteur Popaul (1972) de Claude Chabrol et ses films avec Claude Lelouch : Un homme qui me plaît (1969), Itinéraire d'un enfant gâté (1988) et les Misérables (1995).

Revenu au théâtre dans Kean (1987), Cyrano de Bergerac (1990) et la Puce à l'oreille (1996), il tourne désormais moins de films, mais se réserve néanmoins de beaux rôles, comme dans l'Inconnu dans la maison (1992) de Georges Lautner, Désiré (1996) de Bernard Murat, Une chance sur deux (1998) de Patrice Leconte et Peut-être (1999) de Cédric Klapish.

Berenson, Marisa

Marisa Berenson
(1947-)
Comédienne et mannequin américain

Née à New York dans une famille aisée, Marisa Berenson est la petite-fille de la couturière Elsa Schiaparelli et la petite-nièce de l’historien d’art Bernhard Berenson. Influencée par le parcours de sa grand-mère, elle commence à travailler dès l’âge de dix-sept ans dans le monde de la mode et pose très rapidement pour les plus grands studios et magazines, dont le Harper’s Bazar, sous les objectifs de photographes renommés comme David Bailey et Helmut Newton. Très en vogue dans les années soixante-dix et quatre-vingt, elle fait de plus en plus fréquemment la couverture des magazines symbolisant l’image de la femme mystérieuse, mondaine, sophistiquée et inaccessible.

Parallèlement à sa carrière de cover-girl, Marisa Berenson fait ses premiers pas au cinéma, en 1961, dans le film de Michael Winner Nus au soleil (Some Like it Cool). Ce n’est que dix ans plus tard, en 1971, que sa fragile beauté est remarquée par Visconti avec lequel elle tourne Mort à Venise. Elle joue également dans Cabaret de Bob Fosse (1972) et enfin tient son plus grand rôle dans Barry Lindon de Kubrick (1975). Depuis lors, sa carrière cinématographique, qui a certainement souffert de son image de cover-girl, semble s’essouffler bien qu’elle ait aujourd’hui plus d’une vingtaine de films à son actif.

Bergman, Ingrid

Ingrid Bergman
(1915-1982)
Actrice suédoise

Née à Stockholm, Ingrid Bergman débute au théâtre en 1932, puis au cinéma dans Munkbrogeven (1934) d’Edvin Adolfson. Elle devient une vedette de l’écran avec Pa Solsidan (1936) et Intermezzo (1936) de Gustav Molander.

David O’Selznick l'engage à Hollywood pour la Rançon du bonheur (Intermezzo), remake de son succès suédois réalisé par Gregory Ratoff. Elle obtient ses premiers grands succès américains avec Dr. Jekyll and Mister Hyde (1941) de Victor Fleming, le légendaire Casablanca (1943) de Michael Curtiz et Pour qui sonne le glas? (For Whom The Bell Tolls, 1943) de Sam Wood.

Son rôle dans Hantise (Gaslight, 1944) de George Cukor lui vaut un oscar et sa prestation dans les Cloches de Sainte Marie (The Bells of St Mary’s, 1945) la porte au rang de star. Elle incarne peu après Jeanne d'Arc (Joan of Arc, 1945), sous la direction de Victor Fleming.

Alfred Hitchcock la dirige dans la Maison du Docteur Edwards (Spellbound, 1945), les Enchaînés (Notorious, 1946) et les Amants du Capricorne (Under Capricorn, 1949), puis elle sacrifie sa carrière hollywoodienne à son amour pour Roberto Rossellini, qu'elle épouse et qui la dirige dans Stromboli (Stromboli, terra di Dio, 1949), Europe 51 (Europa 51, 1952), Nous les femmes (Siamo Donne, 1953), Voyage en Italie (Viaggio in Italia, 1954), Jeanne au bûcher (Giovanna d'Arco al rogo, 1954) et la Peur (Angst, 1955).

Elle tourne ensuite Elena et les hommes (1956) avec Jean Renoir, puis revient à Hollywood pour interpréter Anastasia (1956) d’Anatole Litvak, qui lui vaut un deuxième oscar.

Après Indiscret (Indiscreet, 1958) de Stanley Donen, l'Auberge du sixième bonheur (The Inn of the Sixth Happiness, 1958) de Mark Robson et Aimez-vous Brahms? (Good Bye Again, 1961) d’Anatole Litvak, elle tourne en Allemagne la Rancune (Der Besuch, 1963) de Bernard Wicky, et en Suède Stimulantia (1967) de Gustav Mollander. Elle obtient son troisième oscar avec le Crime de l'Orient-Express (Murder on the Orient-Express, 1974) de Sidney Lumet, et interprète Nina (A Matter of Time, 1976) de Vincente Minnelli et Sonate d'automne (Höstsonaten, 1978) d’Ingmar Bergman.

Ingrid Bergman s’illustre également au théâtre, où elle apparaît notamment dans Liliom de Ferenc Molnar à New York (1940), et dans Thé et Sympathie de Robert Anderson à Paris (1955), ainsi que dans de nombreuses autres pièces en Europe.

Elle se produit aussi à la télévision, qui lui décernera une récompense, l’Emmy Award, pour son rôle de Golda Meir dans A Woman Called Golda (1981) d’Alan Gibson.

En 1980, Ingrid Bergman a publié ses mémoires sous le titre My Story.

Berkoff, Stephen

Stephen Berkoff
(1937- )
Auteur dramatique, metteur en scène, acteur de théâtre et de cinéma britannique

Né à Londres, élève de l'Academy of Dramatic Arts de Londres puis de Jacques Lecoq à Paris, Stephen Berkoff fonde en 1968 le London Theatre Group pour y appliquer un style de jeu inspiré de sa pratique d’acteur et des conceptions d'Antonin Artaud, conçu comme «un moyen d'expression compulsif parce qu'il touche les sources primitives et les fait émerger». Berkoff veut un acteur «débridé et empli de la sensation du danger», utilisant ses instincts enfouis, toute sa force physique et ses ressources vocales pour exprimer le texte à travers des images physiques frappantes, propres à marquer fortement l'imagination du spectateur.

Le London Theatre Group acquiert sa réputation par ses adaptations de Kafka, en particulier la Métamorphose (1968), traitée en monologue, véritable performance athlétique que Berkoff interprète lui-même. C'est dans de tels monologues que, selon lui, l'expression de l'acteur trouve sa pleine intensité et il aura fréquemment recours à cette forme dans son écriture (Harry's Christmas, 1985) ou ses spectacles (la Chute de la Maison Usher d'Edgar Allan Poe, 1974).

À l'«expression extrême» de ce jeu puissamment physique, il offre dans ses pièces une écriture exploitant la poésie lyrique d'inspiration shakespearienne et le langage de la rue, dans un flux violent et continu. Ses pièces sont de virulentes satires sociales : East (1975), en une longue diatribe poétique et obscène mélangeant l'argot cockney le plus cru et la grandiloquence du vers élisabéthain, décrit la vie de la classe ouvrière dans l'East End en une succession décousue de scènes de bagarres et de fornications..., de violentes dénonciations politiques - Coulez le Bergano (1982) raconte un épisode de la guerre des Malouines dans une parodie punk du lyrisme shakespearien, teinté de comédie boulevardière - ou décrivent des univers psychanalytiques sombres et inquiétants : dans À la grecque (1980), une réécriture contemporaine d'Oedipe-Roi de Sophocle, l'amour incestueux apparaît comme seule solution à la tragédie; Kvetch (1986) et Acapulco (1986), inspirées de la brève carrière de l’acteur à Hollywood, où il a tenu des rôles de méchants dans des films de second ordre, sont dédiées «à ceux qui ont peur» et montrent, dans l'atmosphère vaine et oppressante d’Hollywood, des personnages victimes des terreurs issues de leur inconscient.

À la grecque, Kvetch et Décadence ont été créées en France au Théâtre de la Colline par Jorge Lavelli (respectivement en 1990, 1992 et 1995).

Berry, John

John Berry
(De son vrai nom Jack Szold)
(1917-1999)
Cinéaste et acteur américain

Né dans le Bronx (New York), John Berry connaît une enfance défavorisée. Très jeune, il devient comédien et fait du music-hall, puis entre dans la troupe du Shakespeare Fellowship. Il travaille ensuite avec Orson Welles comme acteur et assistant au Mercury Theater, puis s'oriente vers la mise en scène de théâtre. Il réalise parallèlement un documentaire sur les élections présidentielles, Tuesday in November (1942).

Il se fixe ensuite à Hollywood, où John Houseman lui permet de faire ses premiers films, Miss Susie Slagle’s (1946) avec Veronika Lake et Cross my Heart (1946) avec Betty Hutton. Dans From This Day Forward (1946), il commence à mettre au jour ses préoccupations sociales et ses affinités esthétiques avec le courant néoréaliste. Il tourne ensuite une version musicale de Pépé le Moko, Casbah (1948), puis signe deux films noirs, Tension (1949) et Menaces dans la nuit (He Ran All The Way, 1951), dans lequel John Garfield apparaît pour la dernière fois à l’écran.

Politiquement très engagé, il réalise - à la demande de son ami Edward Dmytryk - The Hollywood Ten (1950), un documentaire en faveur des victimes de la Commission des activités anti-américaines menée par le sénateur McCarthy et l'avocat Richard Nixon, avant d’être dénoncé comme communiste par le même Dmytryk.

Inscrit sur la liste noire d’Hollywood et contraint à l'exil, il vit d'expédients en Angleterre, puis en France, avant de diriger Eddie Constantine dans Ça va barder (1955) et Je suis un sentimental (1955), qui obtiennent un grand succès populaire.

Berry s’installe ensuite en France, et met en scène Fernandel dans Don Juan (1956), Curd Jurgens et Jean Servais dans Tamango (1958), puis Dario Moreno dans le délirant O Qué Mambo (1958). Après avoir signé Maya (1966), il réalise une comédie burlesque intitulée À tout casser (1969), avec Eddie Constantine et Johnny Hallyday; mais le film ayant été entièrement remanié au montage par le producteur, Berry, indigné, fait retirer son nom du générique.

Il vit pendant plusieurs années de ses cachets de comédien spécialisé dans la post-synchronisation, puis rentre aux États-Unis pour tourner un film entièrement interprété par des comédiens noirs, Claudine (1974), qui témoigne de la persévérance de son engagement en faveur de la communauté afro-américaine.

Berry réalise ensuite Thieves (1978) et The Bad New Bears Go To Japan (1978), puis revient en France où il signe Voyage à Paimpol (1985), interprété par Myriam Boyer et Michel Boujenah, avant de tourner un nouveau film noir : Il y a maldonne (1988). Il repart ensuite à Hollywood pour le tournage d’A Captive in the Land (1990) et fait, dès lors, de fréquents allers et retours entre Paris et son pays d’origine.

Berry a également monté de nombreuses pièces de théâtre. Juste avant sa mort, ce cinéaste atypique et passionné a réalisé un dernier film, Boesman et Lena (1999).

Berry, Jules

Jules Berry
(De son vrai nom Jules Paufichet)
(1923-)
Comédien français

Né à Poitiers, Jules Berry, entre aux Beaux-Arts et se destine à l'architecture, mais se retrouve engagé comme comédien après avoir, par jeu, passé une audition au théâtre Antoine.

Il se consacre ensuite pleinement au théâtre comme comédien et metteur en scène, faisant toutefois quelques apparitions dans des films muets comme Cromwell (1911) de Henry Desfontaines et l'Argent (1928) de Marcel L'Herbier. À l'arrivée du cinéma parlant, précisément à partir de 1931, il n'apparaît plus en revanche que sept fois au théâtre, mais joue dans plus de quatre-vingt-dix films.

Jules Berry excelle dans les compositions de personnages élégants, cyniques, beaux parleurs, ironiques et superbes. Les réalisateurs ne l’ignorent pas et l'engagent pour cette raison afin qu'il étoffe ce type de personnages de son style incomparable.

Il a trouvé ses meilleurs rôles dans des films de Robert Siodmak : Quick (1932) et Cargaison blanche ou le Chemin de Rio (1936). D’autres d’Yves Mirande : Baccara (1935), Café de Paris (1938), Derrière la façade (1939), Paris-New York (1939) et l'An Quarante (1940). De Jean Dréville : Touche à tout (1935) et Son oncle de Normandie (1938). De Christian-Jaque : Monsieur Personne (1935), Rigolboche (1936) et la Symphonie fantastique (1941). D’Albert Valentin : l'Héritier de Mondésir (1939) et Marie Martine (1942). De Kurt Bernhardt : Carrefour (1938). D’André Berthomieu : le Mort en fuite (1936) et Eusèbe député (1938). De Roger Richebé, l'Habit vert (1937), et de Louis Daquin, le Voyageur de la Toussaint (1942).

Enfin, ses performances dans Voleur de femme (1936) d’Abel Gance, Le jour se lève (1939), les Visiteurs du soir (1942) de Marcel Carné et le Crime de monsieur Lange (1935) de Jean Renoir ont fait de Jules Berry l’une des grandes figures du cinéma français.

Bertini, Francesca

Francesca Bertini
(de son vrai nom Elena Seracini Vitiello Bertini)
(1892-1985)
Actrice italienne

Après de timides débuts au théâtre de Naples, elle décide de partir pour Rome où elle deviendra (avec Lyda Borelli) l’actrice italienne la plus célèbre de son époque (voir italien, cinéma). Entre 1909 et 1921, elle a joué dans pas moins de quatre-vingt-dix films dans les genres cinématographiques les plus divers, du registre populaire à celui de la femme fatale, de Nelly la Gigolette (1914) à Fedora (1916). La légende s’empare vite de Francesca Bertini au point que le terme de «diva» que nous connaissons aujourd’hui a été spécialement forgé à son intention.

Au sein de son impressionnante filmographie, on peut aussi distinguer Assunta Spina de G. Serena (1915), la Signora dalle camelie (id.), ou encore la Femme d’une nuit de Marcel L’Herbier.

En 1965, Visconti lui offre un rôle dans le film Sandra. Francesca Bertini exige alors une somme telle que la proposition tourne court; pourtant, en 1976, elle jouera encore dans 1900 de Bertolucci.

Berto, Juliet

Juliet Berto
(de son vrai nom Juliet Bertoliatti)
(1947-1990)
Actrice , réalisatrice et écrivain français

Née à Grenoble, Juliet Berto, commence sa carrière comme comédienne de théâtre et se produit dans Off Limits d’Arthur Adamov, la Tempête de Shakespeare, et Deux ou trois Don Juan de Michel Berto. Au cinéma, elle tourne d'abord dans plusieurs films de Jean-Luc Godard, Deux ou trois choses que je sais d'elle (1966), la Chinoise (1967), Week end (1967) et le Gai Savoir (1968).

Elle travaille ensuite avec Francis Leroi pour Ciné-Girl (1968), avec Marcel Camus pour Un été sauvage (1969), avec Pierre Grimblat pour Slogan (1969). Elle joue également dans Défense de savoir (1973) de Nadine Trintignant, dans Sex-Shop (1972) et le Mâle du siècle (1975) de Claude Berri, dans les Caïds (1972) de Robert Enrico, et dans le Protecteur (1974) de Roger Hanin, tout en participant à quelques aventures de l'avant-garde cinématographique de l'époque, comme Détruisez-vous (1968) de Serge Bard, Roues de cendres (1968) de Peter Goldmann, et l'Escadron Volapuck (1969) de René Gilson.

Sa carrière de comédienne s’est toujours partagée entre des films produits de façon traditionnelle, comme la Cavale (1971) de Michel Mitrani, le Milieu du monde (1974) d’Alain Tanner ou Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey, et des oeuvres plus marginales tournées par Jacques Rivette, Out One (1971), Céline et Julie vont en bateau (1974) et Duelle (1976) ou par Glauber Rocha, Claro (1975).

Elle a également écrit un roman, la Fille aux talons d'argile (1982), et signé le scénario et la mise en scène de Neige (1980), en coréalisation avec Jean-Henri Roger, de Cap Canaille (1983) et de Havre (1986), avant de mourir à l’âge de quarante-trois ans.

Bertrand, Jean-Pierre

Jean-Pierre Bertrand
(1937- )
Artiste français situant la pratique artistique hors de tout mouvement

Né à Paris, Jean-Pierre Bertrand est d'abord cameraman pour le cinéma, et réalise quelques films. À ses débuts, son travail est ainsi marqué par l'utilisation du film et de la photographie, dans des installations où il tente de saisir l'éphémère, de figer des instants fugaces ou dérisoires, la transformation ou mutation des éléments naturels (pluie, lumière).

C'est en effet le travail du temps qui intéresse Bertrand, et sa possible captation dans la «peinture», qui est par définition un temps clos sans durée, pour en restituer l'expérience et mettre en oeuvre cet «admirable tremblement du temps» (Gaëtan Picon) qui ne semble manifester sa présence que dans l'effritement et la corrosion (la Totalité des citrons, 1976).

Le procédé utilisé par Bertrand consiste à imbiber des feuilles de papier d'acrylique et de matières «symboliques» qui confrontent l'art et le mythe : miel, sel et citron. Parfois griffonnées ou rayées de traits de crayon, elles sont ensuite encadrées dans des cornières métalliques, la surface étant protégée par une plaque de Plexiglas. Ces objets au statut hybride semblent identiques par la répétitivité même de leur composition et de leur mode d'exposition : ils sont disposés généralement en séries, en diptyques ou en triptyques (installation au Magasin-Centre national d'art contemporain de Grenoble, 1988; Arithmétique de la passion, 1990). À cette syntaxe quasi rituelle, d'une fixité toute solennelle, s'oppose la nature changeante des surfaces, dont on ne perçoit l'infinie variété des détails et des nuances qu'en s'attardant un peu à les contempler, pour en saisir le langage. Elles montrent la fascination de Bertrand pour la transformation et la corruption de la matière auxquelles elles sont irrémédiablement soumises, et auxquelles il soumet corrélativement sa propre oeuvre.

Cette métaphore du travail du temps a également été développée dans le Livre de sel (1980-1985), où des boîtes métalliques, empilées et rangées dans des containers transparents, s'oxydent sous l'action du sel qu'elles contiennent.

L'oeuvre de Jean-Pierre Bertrand a été récompensée en 1990 par le grand prix national de peinture. Elle est montrée régulièrement par la Galerie de France (Paris). De 1987 à 1991, l'artiste a réalisé des verrières pour l'église de Bourg-Saint-Andéol (Ardèche). En 1993, l'ARC (musée d'Art moderne de la Ville de Paris) lui a consacré une rétrospective.

Binoche, Juliette

Juliette Binoche
(1964- )
Actrice française

Née à Paris, Juliette Binoche suit des études d’art dramatique et débute à seize ans au théâtre et à vingt ans au cinéma dans Je vous salue Marie (1984) de Jean-Luc Godard, suivi de la Vie de famille (1985) et Rendez-vous (1985) d’André Téchiné, où son rôle de jeune femme victime des dérives de deux hommes tourmentés lui apporte un statut de vedette.

Elle devient une actrice d'envergure internationale avec l’Insoutenable Légèreté de l’être (The Unbearable Lightness of Being, 1988) de Philip Kaufman d’après un roman de Milan Kundera. Leos Carax lui offre deux rôles difficiles dans Mauvais sang (1986) et les Amants du Pont-Neuf (1988-1991) où elle incarne une clocharde aveugle au bord de la folie. Elle se fait encore remarquer dans Fatale (1992) de Louis Malle et dans deux oeuvres de la trilogie de Krzysztof Kieslowski, Trois couleurs : Bleu (1993) et Trois couleurs : Blanc (1994), suivies de l’original Un divan à New York (1995) de Chantal Ackerman.

Elle est aussi la vedette de grosses productions, plus conventionnelles, telles le Hussard sur le toit (1995) de Jean-Paul Rappeneau, d’après de roman de Jean Giono, et le Patient anglais (The English Patient, 1996) d’Anthony Minghella, qui lui vaut un oscar à Hollywood.

En choisissant ses rôles avec discernement, cette actrice lumineuse et intense connaît une carrière remarquable, conciliant popularité et exigence, n’hésitant pas à mettre en jeu ses acquis comme dans l'intéressant Alice et Martin (1998) d’André Téchiné.

Birkin, Jane

Jane Birkin
(1946- )
Chanteuse et comédienne d’origine britannique

Née à Londres, venue en France à la fin des années soixante, après quelques petits rôles au cinéma (The Knack, de Richard Lester, 1965; Blow up, de Michelangelo Antonioni, 1966), Jane Birkin commence sa carrière de chanteuse en enregistrant avec Serge Gainsbourg - rencontré sur le tournage de Slogan (Pierre Grimblat, 1969) -, dont elle devient la femme et la muse. Leur premier titre, Je t’aime, moi non plus, au texte d’un érotisme provocateur, initialement écrit pour Brigitte Bardot (le mari de cette dernière interdit en effet que la version Bardot-Gainsbourg soit diffusée), déclenche un énorme scandale. Je t’aime, moi non plus sera quelques années plus tard, en 1976, le titre d’un film réalisé par Serge Gainsbourg, avec Jane Birkin et l’acteur fétiche d’Andy Warhol, Joe Dallessandro, histoire de l’amour d’un marginal homosexuel pour une serveuse androgyne.

Jane Birkin et Serge Gainsbourg
Chanteuse à la voix acidulée, fragile, tour à tour espiègle et pétrie d’émotion, Jane Birkin doit sa notoriété dans le domaine de la variété à l’interprétation de chansons écrites pour elle par Serge Gainsbourg.

Elle alterne dès lors la chanson, avec des albums que Gainsbourg écrit pour elle (Ballade de Melody Nelson, 1970; Lolita Go Home, 1975; Ex-fan des sixties, 1978; Baby Alone in Babylone, 1983; Lost song, 1987; Amours des feintes, 1990), et des rôles dans des films populaires, comme La moutarde me monte au nez (1974) de Claude Zidi, ou dans les films d’auteur : la Pirate (1984) de Jacques Doillon, l’Amour par terre (1984) et la Belle Noiseuse (1991) de Jacques Rivette, Jane B. par Agnès V. (1987) et Kung-fu Master (1987) d’Agnès Varda, etc. Au fur et à mesure de l’évolution de sa carrière de chanteuse, elle a affiné sa voix qui, à l’origine très fluette, a pris de l’ampleur (comme en témoignent plusieurs expériences théâtrales), sans pour autant se défaire de son savoureux accent british : à ses débuts, simple interprète de l’écriture de Gainsbourg, elle est devenue aujourd’hui la fidèle gardienne de sa mémoire, fragile et bouleversante.

En effet, au lendemain de la mort de Gainsbourg en 1991, Jane Birkin dédie à ce dernier une tournée de concerts, puis, après avoir annoncé qu’elle abandonnait la chanson, y revient en 1996 avec un album (Versions Jane), dans lequel elle reprend des chansons du disparu qu’elle n’avait jamais interprétées, orchestrées par des musiciens d’horizons très différents. On retient en particulier sa version de la Gadoue, interprétée à l’origine par une autre Britannique, Petula Clark, et ici accompagnée par les Négresses Vertes.

Blanche, Francis

Francis Blanche
(1921-1974)
Acteur et fantaisiste français

Né à Paris, Francis Blanche fait ses débuts au cabaret à l’âge de dix-sept ans, après une scolarité brillante. Auteur de «la Truite de Schubert», de «Général à vendre» (interprétés par les Frères Jacques) et de «la Pince à linge» (interprétée par les Quatre Barbus sur un air qui caricature les premières mesures de la Cinquième Symphonie de Beethoven), ainsi que de chansons surréalistes comme «Débit de l’eau, débit de lait», écrit avec Charles Trenet, il couvre tous les genres de la chanson : chanson faussement traditionnelle avec «le Prisonnier de la tour», chanson américaine avec «Davy Crockett», chanson réaliste avec «Ça tourne pas rond, dans ma p’tite tête...».

Pierre Dac et Francis Blanche
Partenaires au music-hall, Pierre Dac et Francis Blanche firent rire la France entière avec leurs feuilletons radiophoniques Malheur aux barbus et Signé Furax, réalisés par Jean-Marie Amato.

Ses oeuvres ont été interprétées aussi bien par Tino Rossi que par Édith Piaf, par les Frères Jacques que par les Compagnons de la Chanson.

À la radio, il anime dans les années cinquante des émissions de variétés et de divertissement Faites chauffer la colle et interprète avec Pierre Dac plus de mille épisodes d’un feuilleton d’abord intitulé Malheur aux barbus, puis Signé Furax. Les canulars qu’il distille sur les ondes radiophoniques (les coups de téléphone du commissaire Macheprot), comme la façon pince-sans-rire qu’il a d’interpréter brillamment au cinéma des rôles de géniaux loufoques (de Papa Schulz, le général allemand de Babette s’en va-t’en guerre, de Christian-Jaque, 1959, au tonton des Tontons flingueurs, de Lautner, 1963) sont autant de témoignages du talent de cet artiste éclectique (il a écrit, seul ou en collaboration, et parfois sur des musiques célèbres, plus de quatre cents chansons, mais a aussi été scénariste de la Grande Bouffe, de Ferreri, 1973), dont la devise semblait être de prendre plaisir à s’amuser autant qu’il amusait les autres.

Blain, Gérard

Gérard Blain
(1930- )
Acteur et réalisateur français

Né à Paris, Gérard Blain obtient ses premiers rôles au cinéma dans les Fruits sauvages (1953) de Hervé Bromberger, Avant le déluge (1954) d’André Cayatte, Voici le temps des assassins (1956) de Julien Duvivier, Crime et Châtiment (1956) de Georges Lampin et les Jeunes Maris (Giovani Mariti, 1957) de Mauro Bolognini. François Truffaut le dirige ensuite dans son premier film, les Mistons (1958), et Claude Chabrol en fait une vedette, aux côtés de Jean-Claude Brialy, dans le Beau Serge (1958), film phare de la Nouvelle Vague, et dans les Cousins (1958).

En Italie, Carlo Lizzani lui donne les premiers rôles dans le Bossu de Rome (Il Gobbo, 1960) et de Traqués par la Gestapo (l’Oro di Roma, 1961). Il joue également dans la Rue des amours faciles (Via Margutta, 1960) de Mario Camerini, et dans les Dauphins (i Delfini, 1960) de Francesco Maselli. Faisant un bref passage à Hollywood, il apparaît également dans Hatari ! (1962) de Howard Hawks.

Il tourne encore dans Un homme de trop (1966) de Constantin Costa-Gavras, Joe Caligula (1967) de José Bénazéraf, l’Ami américain (Der Amerikanische Freunde, 1976) de Wim Wenders, la Machine (1977) de Paul Vecchiali et la Flambeuse (1980) de Rachel Weinberg.

Parallèlement à sa carrière d’acteur, il passe à la réalisation avec les Amis (1971) - léopard d’or au Festival de Locarno -, qui présente tous les thèmes que son cinéma ne cessera d’aborder : l’enfance, la famille, l’argent, l’arrivisme et la marginalité. Réalisés avec une grande économie de moyens, ses films se détournent du spectacle ou de la psychologie pour porter un regard plus direct sur le monde. Cette recherche intransigeante anime le Pélican (1974), fable pessimiste sur l’amour d’un homme pour son fils, et Un enfant dans la foule (1976), film en grande partie autobiographique sur le trajet chaotique d’un enfant pendant l’Occupation.

Après Un second souffle (1978) et le Rebelle (1980), Blain réalise un portrait télévisé de Michel Tournier en 1983. Il travaille encore pour la télévision en adaptant la Fortune de Gaspard (1992), d’après un récit de la comtesse de Ségur.

Décrivant l’idylle dramatique d’un adolescent français et d’une jeune Maghrébine, Gérard Blain s’attire avec Pierre et Djemila (1987) les foudres de certains critiques, qui le taxent de racisme. Par la suite, Jusqu’au bout de la nuit (1995), sur le thème de la vengeance, exalte la marginalité et le refus du capitalisme. Comme le démontre la vive polémique provoquée au festival de Locarno par son récent Ainsi soit-il (1999), le temps ne semble pas avoir estompé les refus désespérés qui animent l’oeuvre de Gérard Blain.

Blier, Bernard

Bernard Blier
(1916-1989)
Acteur français

Acteur à la carrière éclectique, révélé par Marcel Carné dans Hôtel du Nord en 1938.

Né à Buenos Aires, Bernard Blier fait ses débuts au théâtre sous la direction de Raymond Rouleau et de Louis Jouvet, puis enchaîne les rôles secondaires au cinéma (Hôtel du Nord de Carné et Entrée des artistes de Marc Allégret en 1938). Il figure dans quelques films pendant l’Occupation, mais c’est en 1947 qu’il se fait remarquer avec Quai des orfèvres d’Henri-Georges Clouzot, puis avec Dédée d’Anvers (1948) et Manèges (1950) d’Yves Allégret. En 1949, il incarne un jeune instituteur inspiré du personnage de Célestin Freinet dans l’École buissonnière de Jean-Paul Le Chanois (1949).

Peu à peu, il précise son personnage à la fois naïf et inquiétant, qui va s’accentuant jusqu’à lui permettre de passer avec aisance du Français moyen tout en rondeurs et bon enfant au grand bourgeois et au truand. On le retrouve notamment dans les films de Jean-Paul Le Chanois (Sans laisser d’adresse, 1951 ; Agence matrimoniale, 1952 ; les Misérables, 1958), de Georges Lampin (les Anciens de Saint-Loup, 1950 ; Crime et Châtiment, 1956), d’André Cayatte (Avant le déluge, 1954 ; le Dossier noir, 1955), de Julien Duvivier (l’Homme à l’imperméable, 1957 ; Marie-Octobre, 1959) et d’autres auteurs du cinéma populaire : Gilles Grangier (Le cave se rebiffe, 1961), Henri Verneuil (le Président, 1960 ; Cent Mille Dollars au soleil, 1963 ; le Corps de mon ennemi, 1976), Édouard Molinaro (Mon oncle Benjamin, 1969), Georges Lautner (les Tontons flingueurs, 1963 ; les Barbouzes, 1965), Yves Robert (le Grand Blond avec une chaussure noire, 1972), Jean Yanne (Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, 1972), Alain Corneau (Série noire, 1979), etc.

Il tourne également en Italie, sous la direction de Mario Monicelli dans Mes chers amis (Amici miei, 1975), de Carlo Lizzani dans le Bossu de Rome (il Gobbo, 1960), d'Ettore Scola dans Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? (Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l'amico misteriosamente scomparso in Africa ?, 1960) et de Luigi Comencini dans Eugenio (1980).

Sous la direction de son fils, l’écrivain et metteur en scène Bertrand Blier, il a tourné dans Calmos (1976) et dans Buffet froid (1979).

Bogarde, Dirk

Dirk Bogarde
(De son vrai nom Derek Van den Bogaerde)
(1921-1999)
Comédien, danseur et chorégraphe français

Bogarde, Dirk , acteur britannique, célèbre grâce au personnage machiavélique qu'il interpréta dans le film The Servant réalisé par Joseph Losey.

Dirk Bogarde fit ses débuts de comédien en 1939. Après la guerre, les rôles qu'il interpréta au théâtre retinrent l'attention de la compagnie Rank qui en fit une vedette grâce au film Esther Waters (1948) réalisé par Dalrymple. Son interprétation dans la comédie Toubib or not Toubib (Doctor in the House, 1954) de Ralph Thomas, qui connut un grand succès, encouragea la Rank à lui confier des rôles dans les autres épisodes du film; il devint alors l'idole du public féminin. Cependant il s'éloigna de ce genre de personnage en interprétant un homosexuel dans la Victime (The Victim, 1961) de Basil Dearden qui fut le premier film anglo-saxon important traitant de ce sujet. Son plus grand rôle fut celui du majordome dans The Servant (1963) d'après Harold Pinter; ce fut l'un des cinq qu'il tourna sous la direction de Joseph Losey; leur collaboration donna une forte impulsion à sa carrière.

Mort à Venise (Morte a Venezia/Death in Venice, 1971) de Luchino Visconti, avec Dirk Bogarde et Björn Andresen, d'après une nouvelle de Thomas Mann publiée en 1912.
Chef d'orchestre vieillissant, Aschenbach (personnage inspiré du compositeur Gustav Malher) observe avec fascination un adolescent à la beauté extraordinaire, Tadzio. Subjugué par la présence trouble du jeune garçon, il mourra, incapable de fuir la ville menacée d'une épidémie de choléra.

Le Bal des adieux (Song Without End, 1960) de Charles Vidor et George Cukor, dans lequel il jouait le rôle du compositeur Franz Liszt, fut le premier film que Bogarde tourna à Hollywood (voir Los Angeles). Cette même année, il joua dans les Damnés (The Damned,) l'histoire d'une famille allemande aisée, réalisé par Luchino Visconti. Bogarde travailla à nouveau avec Visconti dans Mort à Venise (Death in Venice, 1971), d'après l'oeuvre de Thomas Mann; il y tenait le rôle d'un musicien fasciné par un adolescent et ne pouvant se résoudre à quitter la ville frappée d'une épidémie de choléra. Ses films suivants furent tournés en Europe; parmi eux figurent Portier de nuit (Portiere di notte) réalisé par Liliana Cavani en 1974 et Providence d'Alain Resnais (1977).

Bogart, Humphrey

Humphrey Bogart
(1899-1957)
Acteur américain

Né à New York, Humphrey Bogart exerce d’abord ses talents comme jeune premier au théâtre. Ayant rencontré un grand succès dans un rôle de gangster dans la Forêt pétrifiée (The Petrified Forest, 1935) de Robert Sherwood, il reprend le rôle dans l’adaptation cinématographique qu’en tourne Archie Mayo en 1936. Il apparaît ensuite dans Guerre au crime (Bullets or Ballots, 1936) de Walter Keighley, la Légion noire (Black Legion, 1937) d’Archie Mayo, Femmes marquées (Marked Women, 1937), le Révolté (San Quentin, 1937), Menaces sur la ville (Racket Busters, 1938) et Brother Orchid (1940) de Lloyd Bacon, Rue sans issue (Dead End, 1937) de William Wyler, les Anges aux figures sales (Angels with Dirty Faces, 1930) de Michael Curtiz, et Victoire sur la nuit (Dark Victory, 1939) d’Edmund Goulding.

Dans Le Port de l'angoisse (To Have and Have Not, 1944) d'Howard Hawks

En 1940, la Martinique est sous l'autorité du gouvernement de Vichy. Harry Morgan (Humphrey Bogart) loue son bateau de plaisance à des touristes, sans prêter attention aux événements tragiques qui l'entourent. Un jour, il fait la connaissance d'une jeune aventurière, «Slim» (Lauren Bacall). Séduit par la belle et révolté par les agissements des policiers français, il rejoindra finalement la Résistance. Adapté d'un roman d'Ernest Hemingway, le film permit la rencontre de deux acteurs qui allaient former un couple mythique, Lauren Bacall et Humphrey Bogart. Howard Hawks les réunira à nouveau deux ans plus tard, dans le Grand Sommeil (The Big Sleep, 1946).

Humphrey Bogart dans le Faucon maltais (The Maltese Falcon, 1941) de John Huston
Adapté du roman de Dashiell Hammett paru dix ans plus tôt, le premier film de John Huston réussit avec succès la transposition cinématographique du style âpre de l'écrivain de polar, là où les cinéastes Roy Del Ruth, en 1931, et William Dieterle, en 1936, n'avaient guère convaincu. Considéré comme le premier film noir du genre, le Faucon maltais propulsa Humphrey Bogart au rang de star. L'acteur conservera des attributs du célèbre personnage de détective privé - feutre mou, imperméable gris, cigarette aux lèvres - pour constuire son image.

Raoul Walsh le dirige dans les Fantastiques années vingt (The Roaring Twenties, 1939), Une femme dangereuse (They Drive by Night, 1940) et la Grande Évasion (High Sierra, 1941). Il devient une véritable star avec le Faucon maltais (The Maltese Falcon, 1941) de John Huston et Casablanca (1943) de Michael Curtiz.

Il devient une grande figure du film noir avec Howard Hawks : le Port de l'angoisse (To Have and Have not, 1944) et le Grand Sommeil (The Big Sleep, 1946), avec John Cromwell : En marge de l'enquête (Dead Reckoning, 1947) et avec Delmer Daves : les Passagers de la nuit (Dark Passage, 1947).

Avec John Huston, il tourne le Trésor de la Sierra Madre (The Treasure of the Sierra madre, 1948), Key Largo (1948), African Queen (1951), qui lui vaut un oscar, et Plus fort que le diable (Beat the Devil, 1954).

Comme acteur et producteur, il collabore avec Nicholas Ray pour les Ruelles du malheur (Knock on Any Door, 1949) et le Violent (A Lonely Place, 1950). Après avoir travaillé avec Richard Brooks dans Bas les masques (Deadline USA, 1952) et le Cirque infernal (Battle Circus, 1952), il élargit son registre grâce à Edward Dmytryk : Ouragan sur le Caine (The Caine Mutiny, 1954), Billy Wilder : Sabrina (1954) et Joseph Mankiewicz : la Comtesse aux pieds nus (The Barefoot Contessa, 1955), avant de redevenir gangster pour William Wyler : la Maison des otages (The Desperate Hours, 1955).

Lauren Bacall et Humphrey Bogart dans le Grand Sommeil (The Big Sleep, 1946) d'Howard Hawks
Réalisé d'après un roman de Raymond Chandler publié en 1939, le long-métrage d'Howard Hawks fut tourné un an après le Port de l'angoisse (To Have and Have Not). Dans le rôle de Philip Marlowe, Humphrey Bogart forme avec Lauren Bacall l'un des couples les plus mythiques de l'histoire du cinéma

Humphrey Bogart est décédé peu après avoir tourné Plus dure sera la chute (The Harder They Fall, 1956) de Mark Robson.

Bondartchouk, Sergueï Fedorovitch

Serge Bondartchouk
(1920-1994)
Acteur puis cinéaste soviétique

Né en Ukraine, spécialiste des interprétations dramatiques et, en tant que réalisateur, de grandes fresques historiques dont la plus importante est Guerre et paix (Vojna i mir, en quatre épisodes, 1966-1967). C'est en incarnant des personnages historiques et des rôles du répertoire qu'il s'est rendu célèbre : Tarass Chevtchenko, de Savcenko (1951) ou Othello, de Youtkevitch (1956). Il passa à la réalisation en 1959 en adaptant un roman de Cholokhov et devint une sorte d'artiste officiel. Son classicisme parfois tempéré d'un certain lyrisme plastique s'est illustré sur le tard dans Boris Godounov (1985). Dans l'intervalle, il alterna la réalisation de films et l'interprétation de nombreux rôles à l'écran, notamment dans Oncle Vania, de Mikhalkov-Kontchalovski (Djadja Vanja, 1971), sans doute son interprétation la plus nuancée.

Acteur et réalisateur soviétique, Serge Bondartchouk fut l’élève de Maximov à l’école de théâtre de Rostov, où il fut initié au système de Stanislavski; il poursuivit ses études à Moscou, où il fut l’élève de Guerassimov. Il débute comme acteur dans le rôle de Valko de La Jeune Garde (Molodaïa Gvardiïa, 1948, de S. Guerassimov), puis il joue dans Le Chevalier à l’étoile d’or (Kavaler zolotoï zvezdï, 1951, de Y. Raizman), mais c’est surtout le rôle titulaire de Tarass Chevtchenko (d’Igor Savtchenko, 1951) qui le fera connaître dans son pays.

La direction de Savtchenko l’initie à la mise en scène. Mais l’Occident commence à le connaître comme acteur, en 1956, dans Le Roman inachevé (Neokontchennaïa povest, 1955, de F. Ermler), dans le rôle de Dymov de La Cigale (Poprygounia, 1955, de Samsonov), d’après Tchekhov. Il est ensuite l’excellent Othello (1956, de S. Youtkevitch), avec Irana Skobtseva, sa future femme, en Desdémone.

En 1959, il passe de l’autre côté de la caméra tout en restant interprète. C’est Le Destin d’un homme (Sudba Tcheloveka), d’après un récit de Mikhaïl Cholokhov, bouleversant (peut-être trop), qui narre les épreuves atroces d’un prisonnier soviétique de la dernière guerre et son retour au pays où il ne trouve plus que ruines et vide. Il réapparaît comme acteur dans le rôle du nouveau père de Serioja (de Daniela et I. Talankine, 1960), et dans celui du prisonnier russe dans Les Évadés de la nuit (Era notte a Roma, 1960, de Rossellini). Hanté par le thème de l’homme et la guerre, et admirateur passionné de Tolstoï, il s’attache maintenant à l’épopée napoléonienne : deux ans de préparation, quatre années de tournage pour Guerre et Paix (Voïna i Mir) en deux longs épisodes (1963 et 1967), où il joue lui-même le rôle de Pierre Bezoukhov. Puis, séduit par l’idée de suivre jusqu’au bout le destin de Napoléon, il réalise pour Dino De Laurentiis un monumental Waterloo (1970) avec Rod Steiger en Napoléon (coproduction italo-soviétique avec apports américains !). Il dirige, en 1975, Ils ont combattu pour la patrie, film assez conformiste inspiré de Cholokhov, et, en 1982-1983, un diptyque : Les Cloches rouges, d’après John Reed.

Il est entre temps revenu à l’interprétation, notamment dans Oncle Vania (Diadia Vania, 1972, d’Andreï Mikhalkov-Kontchalovski). Jusqu’à ce jour, Bondartchouk a surtout brillé comme comédien bien que ce soit son oeuvre entière, et surtout le monumental Guerre et Paix, qui lui ait valu d’être nommé chevalier de l’ordre des Arts et de la Littérature d’U.R.S.S., Artiste du peuple, prix Lénine, etc. Il n’est donc pas surprenant qu’il prenne comme point de départ de ses réalisations l’art du comédien, à qui il incombe de créer un caractère humain. «La genèse du personnage doit s’accomplir aussi naturellement que le développement de la plante à partir de la graine».

Quant à son thème fondamental en tant qu’auteur, «l’ordre de relations entre le destin de l’homme et celui du peuple, le comportement des individus vu à travers le prisme d’immenses événements historiques», il apparaît dans tous ses films, mais dans les grandes fresques napoléoniennes, l’immensité des moyens, le raffinement de la mise en scène, le classicisme du langage (son académisme peut-être) dissimulent un peu l’inspiration généreuse.

Bonnaire, Sandrine

Sandrine Bonnaire
(1967- )
Actrice française

Née à Clermont-Ferrand, Sandrine Bonnaire est choisie très jeune par Maurice Pialat pour tenir le rôle principal de À nos amours (1983), qui lui vaut, à seize ans, le césar du meilleur espoir féminin. Elle tourne ensuite dans Police du même réalisateur (1984), puis dans Blanche et Marie de Jacques Renard (1985) et remporte le césar du meilleur premier rôle féminin pour un film d’Agnès Varda, Sans toit ni loi (1985).

Elle se construit alors une image d’actrice courageuse et exigeante, qui n’hésite pas à prendre en charge des rôles difficiles. On la voit chez Jacques Doillon dans la Puritaine (1986), chez André Téchiné dans les Innocents (1987) et à nouveau chez Maurice Pialat dans une adaptation du roman de Georges Bernanos, Sous le soleil de Satan (1987).

Elle travaille encore avec Claude Sautet pour Quelques jours avec moi (1988), avec Patrice Leconte pour Monsieur Hire (1989), avec Patricia Mazuy pour Peaux de vache (1989) et Luis Puenzo pour la Peste (1992). Ses apparitions se font ensuite plus rares mais elle incarne néanmoins Jeanne d’Arc pour Jacques Rivette dans Jeanne la pucelle, (1994) et retrouve ce réalisateur avec Secret Défense (1998).

Impressionnante par la qualité de son jeu dramatique dans la Cérémonie (1995) de Claude Chabrol, où elle joue un personnage de meurtrière névrosée et analphabète, elle travaille à nouveau avec ce metteur en scène en 1998 pour Au coeur du mensonge. Si la carrière de Sandrine Bonnaire n’a pas encore connu d’essor international, elle est désormais l’une des actrices majeures du cinéma français.

Bouquet, Carole

Carole Bouquet
(1957- )
Actrice française

Née à Paris, Carole Bouquet étudie au Conservatoire d'art dramatique de Paris et débute au cinéma dans Cet obscur objet du désir (1977) de Luis Buñuel. Elle collabore ensuite avec Bertrand Blier pour le grinçant Buffet froid (1979), avant de tourner en Italie le Manteau d'astrakan (il Capotto di Astrakan, 1980) de Marco Vicario.

La consécration internationale lui vient avec sa prestation de «James Bond's girl» dans Rien que pour vos yeux (For Yours Eyes Only, 1981) de John Glen, qui met en valeur sa beauté froide et sensuelle. Mais elle préfère alors s'orienter vers des films plus expérimentaux et prouve ainsi ses dons de tragédienne dans le Jour des idiots (Tag der Idioten, 1982) du cinéaste allemand Werner Schroeter. Elle travaille encore en Italie, pour Mystère (1983) de Carlo Vanzina et Bingo-Bongo (1983) de Festa Campanile, avant de devenir la partenaire de Coluche dans le Bon Roi Dagobert (1984), celle de Gérard Depardieu dans Rive droite, Rive gauche (1984) de Philippe Labro. Elle apparaît aussi dans un film poétique et fantastique, Nemo (1984) d’Arnaud Selignac.

Sa carrière prend ensuite un tour éclectique. On la voit dans des films policiers comme Spécial police (1985) de Michel Vianey, dans des films d'auteur comme le passionnant Double Messieurs (1985) de Jean-François Stévenin, des films historiques tels le Mal d'aimer (1986) de l'Italien Giorgio Treves qui raconte une épidémie de syphilis pendant la Renaissance, et Jenatsch (1987) de Daniel Schmid. Puis elle retrouve Bertrand Blier et Gérard Depardieu dans Trop belle pour toi (1989), qui lui vaut le césar du second rôle. Elle se distingue encore dans le premier film de l'auteur de bandes dessinées Enki Bilal, Bunker Palace Hôtel (1989) et dévoile ses dons pour la comédie dans Grosse fatigue (1994) de l'acteur réalisateur Michel Blanc.

Elle a trouvé un rôle bouleversant à sa mesure dans Lucie Aubrac (1997) de Claude Berri, avant de tourner dans En plein coeur (1998) de Pierre Jolivet, une adaptation du beau roman de Georges Simenon, En cas de malheur (1956).

Bourvil

Bourvil
(de son vrai nom André Raimbourg)
(1917-1970)
Acteur français

Il a débuté comme chanteur sous la défroque stéréotypée de l’homme simple, quelque peu ahuri.

Né à Petrot-Vicquemare, Bourvil fit ses débuts au cabaret en jouant les idiots du village, tournant en dérision ses origines paysannes. Sa bonne humeur et ses chansons comiques (les Crayons, 1946; la Tactique du gendarme, 1949) lui valurent une popularité immédiate. C’est dans ces rôles de Français moyen un peu niais qu’on l’a vu dans de nombreux films, entre 1947 et 1956, notamment sous la direction de Jean Boyer (Garou-Garou le Passe-Muraille, 1951; le Trou normand, 1952) et dans des opérettes filmées (le Chanteur de Mexico de Richard Pottier, 1956). Il put échapper à son personnage grâce à Claude Autant-Lara dans la Traversée de Paris (1956), et Jean-Pierre Mocky lui a confié les rôles les plus insolites (Un drôle de paroissien, 1963; l’Étalon, 1969). Avec Louis de Funès, il forma sous la direction de Gérard Oury le célèbre duo du Corniaud (1964) et surtout de la Grande Vadrouille (1966), le plus grand succès cinématographique français de tous les temps.

Quelque peu prisonnier de son personnage comique, il s’en est écarté chaque fois qu’il le put, notamment dans son dernier film, le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville (1970).

Boyer, Charles

Charles Boyer
(1897-1978)
Acteur français

Il tourna plus de cent films américains et français. Après des études à la Sorbonne et au Conservatoire de Paris, Charles Boyer débuta au cinéma en 1920 dans les Jardins de Murcie. Parmi ses films les plus importants figurent la Belle aux cheveux roux (1932), Mayerling (1937), Casbah (1938), Hantise (1944), Arc de Triomphe (1948), Fanny (1961) et Pieds nus dans le parc (1967). Il apparut aussi dans plusieurs pièces de théâtre américaines, dont Don Juan aux enfers (1951), le Manège du ménage (The Marriage-Go-Round, 1958) et Lord Pengo (1962). Charles Boyer participa à la fondation de la «Four Star Television» en 1952, chaîne américaine pour laquelle il apparut dans de nombreuses émissions. En 1948, il fut fait chevalier de la Légion d'honneur.

Branagh, Kenneth

Kenneth Branagh
(1960- )
Comédien, metteur en scène et réalisateur britannique

Comédien, metteur en scène et réalisateur dont le nom est associé à celui de Shakespeare, auteur qu’il a brillamment mis en scène au théâtre et adapté au cinéma.

Pour son premier long-métrage, l'acteur et metteur en scène de théâtre Kenneth Branagh choisit une pièce de Shakespeare, déjà portée à l'écran par Laurence Oliver en 1944. Il y fit montre d'un talent certain, alternant scènes héroïques (la reconstitution de la bataille d'Azincourt) et portraits psychologiques. Il signa par la suite deux nouvelles adaptations du dramaturge anglais, Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing, 1993) et Hamlet (1997).

Né à Belfast (Irlande du Nord), Kenneth Branagh suit les cours de l’Académie royale d’art dramatique jusqu’en 1981. Il est récompensé par le prix du «jeune espoir» pour sa performance dans une pièce de Julian Mitchell, Another Country («Un autre pays»), au Queen’s Theatre de Londres. En 1984, il rejoint la prestigieuse Royal Shakespeare Company, au sein de laquelle il interprète Henri V et, en 1992, Hamlet de Shakespeare.

Emma Thompson et Kenneth Brannagh dans Henry V (1989) de Kenneth Brannagh.

En 1985, il monte sa première pièce, Tell me Honestly («Dis-moi franchement»), et, l’année suivante, Roméo et Juliette. Avec la Renaissance Theatre Company, qu’il fonde en 1987, il présente Public Enemy («Ennemi public») ainsi que de nombreuses oeuvres de Shakespeare, son auteur de prédilection.

Le public international le découvre en 1989 grâce à son adaptation cinématographique d’Henri V, dont il est à la fois le réalisateur et l’acteur principal. Dès lors, il tourne pour le cinéma, avec la comédienne Emma Thompson, sa femme, des adaptations de pièces de Shakespeare (notamment Beaucoup de bruit pour rien, en 1993), mais aussi des comédies graves et tendres comme Peter’s Friends (1992). Il a également réalisé en 1994 une adaptation fidèle et soignée du Frankenstein de Mary Shelley.

Brando, Marlon

Marlon Brando
(1924- )
Acteur et réalisateur américain

Né à Omaha (Nebraska), Marlon Brando suit les cours de théâtre d’Erwin Piscator à la New School, puis fréquente l'Actors Studio. Il débute à Broadway en 1944 dans I Remember Mama de John van Druten, joue dans A Flag Is Born (1946) de Ben Hecht et Kurt Weill et triomphe dans Un tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire, 1947) avant de reprendre le même rôle dans la transposition cinématographique de cette pièce, réalisée par Elia Kazan en 1951. Toujours avec Kazan, il tourne Viva Zapata (1951) et Sur les quais (On the Waterfront, 1954), qui lui vaut un oscar. Mais ses premiers pas au cinéma remontent en fait à C'étaient des hommes (The Men, 1950) de Fred Zinnemann.

Kazan, Un tramway nommé désir

Formé à l'Actor's Studio, sous la direction de Lee Strasberg, qui prône pour l'acteur l'identification intégrale avec son personnage, Brando (dans le rôle de Stanley Kowalski) incarne parfaitement dans Un tramway nommé désir l'idée moderne du personnage. Véritable bête érotique, traversée de pulsions d'amour et de haine et capable de tous les revirements, le personnage de Stanley met fin à toutes les conventions psychologiques de l'époque, par trop rigides. Quant à Vivien Leigh dans le rôle de Blanche Dubois, elle incarne magistralement ce personnage au bord de la folie.

Dès l'Équipée sauvage (The Wild One, 1952) de Lazlo Benedek, suivi de Jules César (1953) de Joseph Mankiewicz, Brando devient une véritable star. Éclectique, il incarne Napoléon dans Désir (1954) de Henry Koster, chante et danse dans Blanches Colombes et Vilains Messieurs (Guys and Dolls, 1955) de Mankiewicz, joue un Japonais dans la Petite Maison de thé (The Teahouse of the August moon, 1956) de Daniel Mann, tourne un mélodrame antiraciste, Sayonara (1957) de Joshua Logan, et interprète un Allemand antinazi dans le Bal des maudits (The Young Lions, 1957) d’Edward Dmytryk.

Marlon Brando dans Jules César (Julius Caesar, 1953) de Joseph Mankiewicz
Adapté de la pièce de William Shakespeare, le film de Mankiewicz est l'un des sommets du péplum. Marlon Brando y campe un Marc-Antoine mémorable, aux côtés de James Mason (Brutus) et de John Gielgud (Cassius)..

Dans une carrière inégale, il faut surtout retenir les Révoltés du Bounty (Mutiny on Bounty, 1962) de Lewis Milestone, la Poursuite impitoyable (The Chase, 1965) et Missouri Breaks (1976) d’Arthur Penn, la Comtesse de Hong Kong (The Countess of Hong Kong, 1976) de Charlie Chaplin, Reflets dans un Oeil d'or (Reflections In A Golden Eye, 1967) de John Huston, Queimada (1970) de Gillo Pontecorvo, le Parrain (The Godfather, 1972) - qui lui vaut encore un oscar, mais qu'il refuse cette fois - et Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola, le Dernier Tango à Paris (L'Ultimo Tango a Parigi, 1972) de Bernardo Bertolucci, Une saison blanche et sèche (A Dry White Season, 1989) d’Euzhan Palcy, Premiers pas dans la Mafia (The Freshman, 1990) d’Andrew Bergman, et The Brave (1997) de Johnny Depp.

Dans le Parrain (The Godfather) de Francis Ford Coppola, 1972

Brasseur, Claude

Claude Brasseur
(1936- )
Acteur français

Né à Paris, fils des comédiens Pierre Brasseur et Odette Joyeux, Claude Espinasse, dit Claude Brasseur, se destine au théâtre et débute sur les planches en 1954. Marcel Carné lui offre son premier rôle au cinéma dans le Pays d’où je viens (1956). Il est ensuite le partenaire de Jean Gabin dans Rue des prairies (1959) de Denys de La Patellière et apparaît dans les Yeux sans visage (1959) de Georges Franju. Il travaille aussi avec Jean Renoir pour le Caporal épinglé (1961), avec Edmond T. Gréville pour les Menteurs (1961), avec Jean-Luc Godard pour Bande à part (1964) et avec Marcel Ophuls pour Peau de banane (1965).

Dans les années soixante-dix, il tourne beaucoup de feuilletons d’aventures pour la télévision mais ne délaisse pas le cinéma et joue dans Une belle fille comme moi (1972) de François Truffaut, Bel ordure (1973) de Jean Marboeuf, Barocco (1976) d’André Téchiné et Une histoire simple (1978) de Claude Sautet.

Il participe au succès du diptyque d’Yves Robert, Un éléphant, ça trompe énormément (1976), qui lui vaut un césar du second rôle, et Nous irons tous au paradis (1977), avant d'obtenir le césar du premier rôle pour la Guerre des polices (1979) de Robin Davis. Il commence alors une fructueuse collaboration avec Francis Girod, jouant dans l'État sauvage (1978), la Banquière (1980), Descente aux enfers (1986) et Délit mineur (1994).

Son talent très complet lui permet de tourner dans les films les plus variés, la Boum (1980) et la Boum 2 (1982) de Claude Pinoteau, l'Ombre rouge (1981) de Jean-Louis Comolli, Guy de Maupassant (1982) de Michel Drach, la Crime (1983) de Philippe Labro, Souvenirs, souvenirs (1984) d’Ariel Zeitoun, Détective (1985) de Jean-Luc Godard, Dandin (1988) de Robert Planchon, Sale comme un ange (1991) de Catherine Breillat, Un, deux, trois, soleil (1993) de Bertrand Blier, le Souper (1993) d’Édouard Molinaro et l'Autre Côté de la mer (1997) de Dominique Cabrera.

Brasseur, Pierre

Pierre Brasseur
(1905-1972)
Acteur et auteur de théâtre français

Né à Paris, de son vrai nom Pierre-Albert Espinasse, fils de comédiens, il entra dans la carrière en fréquentant les cours de Harry Baur et de Fernand Ledoux, avant de participer, dans les années 1920, aux réunions du groupe surréaliste.

Il débuta au théâtre dans des comédies de boulevard, puis passa, après la Seconde Guerre mondiale, à un registre plus élevé, notamment avec la compagnie Renaud-Barrault. Il joua dans de nombreuses pièces d’auteurs de son époque, tels Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Jean Anouilh ou Paul Claudel. Il connut ses plus grands succès à la scène avec le Diable et le Bon Dieu de Jean-Paul Sartre (1951) et Kean d’Alexandre Dumas (1953). Poète à ses heures, il écrivit également quelques pièces tombées aujourd’hui dans l’oubli.

En 1924, il commença une carrière au cinéma, avec la Fille de l’eau de Jean Renoir. Il tourna près de quatre-vingts films, et connut, avec son physique imposant et son lyrisme parfois exacerbé, une carrière irrégulière. C’est dans les films de Pierre Prévert (Adieu Léonard, 1943), et surtout dans ceux de Marcel Carné (Quai des brumes, 1938 ; les Enfants du paradis, 1944) qu’il interpréta ses plus beaux rôles. Il joua également sous la direction de réalisateurs comme René Clair (Porte des Lilas, 1956), Denis de la Patellière (les Grandes Familles, 1958) et Jean-Paul Rappeneau (la Vie de château, 1965). Il mourut en Italie pendant le tournage d’un film d’Ettore Scola.

Brel, Jacques

Jacques Brel
(1929-1978
Auteur, compositeur, interprète et comédien belge d’expression française

UNE JEUNESSE CATHOLIQUE

Né à Bruxelles, dans une famille de la bourgeoisie catholique d’origine flamande (mais francophone), Jacques Brel entretiendra toujours des relations conflictuelles - c’est-à-dire passionnées - avec son pays natal et son milieu d’origine. Destiné depuis toujours à occuper un poste à responsabilités à la tête de la cartonnerie familiale, il s’ennuie mortellement et, pour tromper cet ennui, adhère à un mouvement de jeunesse animant fêtes paroissiales et foyers de personnes âgées. Il y apprend le chant et la guitare, et y rencontre Thérèse Michielsen, dite «Miche», qu’il épouse en 1950.

DES TROIS BAUDETS À L’OLYMPIA : UNE CARRIÈRE EXEMPLAIRE

Ayant commencé à se produire dans de petits cabarets bruxellois, il est invité à Paris par Jacques Canetti, qui l’engage au théâtre des Trois Baudets où il fait ses débuts en septembre 1953. Très marqué, à l’origine, par une inspiration catholique frisant le prêchi-prêcha - ce qui lui vaut le surnom d’«abbé Brel» -, et desservi par un physique peu conforme aux canons de l’époque et par une certaine gaucherie sur scène, il éprouve des difficultés à s’imposer, et essuie de nombreuses rebuffades avant de connaître enfin le succès grâce à «Quand on n’a que l’amour» (prix de l’académie Charles-Cros en 1957).

Le chef d’orchestre et arrangeur François Rauber, avec lequel Jacques Brel a pris l’habitude de travailler, lui conseille d’abandonner sa guitare; son expression scénique devient dès lors plus forte, plus convaincante. Dans le même temps, ses textes prennent progressivement une force critique et corrosive qu’il exprime avec une passion et une sincérité qui n’excluent ni la tendresse, ni la lucidité. Enfin reconnu comme l’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de son temps, Brel va mener une carrière éblouissante, dont les grandes pages s’écriront, désormais, à l’Olympia : en 1961, où il passe pour la première fois en vedette; en 1964, où la création d’ «Amsterdam» fait un triomphe; puis en 1966, quelques mois avant de faire ses adieux définitifs à la scène.

UN RÉPERTOIRE SERVI PAR UNE EXTRAORDINAIRE PRÉSENCE SCÉNIQUE

Grand pourfendeur de la lâcheté, de l’hypocrisie et du conformisme petit-bourgeois, Brel développe dans ses chansons des thèmes récurrents, tels que l’amitié («Jef», «Fernand», «Jojo», «Voir un ami pleurer»), la recherche de la beauté («Il nous faut regarder», «Mon père disait»), l’enfance («Mon enfance», «l’Enfance»), la mort («le Moribond», «À mon dernier repas»), l’incommunicabilité entre les hommes et les femmes («Madeleine», «Mathilde», «les Biches», «la Fanette», «Ne me quitte pas», «le Cheval»), le fatalisme («les Désespérés», «Vieillir»), la tendresse et l’amour («la Tendresse», «Quand on n’a que l’amour», «la Chanson des vieux amants»), l’antimilitarisme («Au suivant», «le Caporal Casse-Pompon», «l’Âge idiot»), et surtout la haine de toutes les valeurs bourgeoises («les Bourgeois», «la Dame patronnesse», «les Bigotes», «les Flamandes»). Autant de thèmes abordés sous diverses formes et appuyés par une gestuelle extrêmement expressionniste qui fait de chacun de ses récitals un moment d’une exceptionnelle intensité dramatique.

LES ADIEUX À LA SCÈNE

Mondialement connu et apprécié, traduit dans de nombreuses langues (en particulier en anglais par Mort Shuman), Jacques Brel abandonne la scène en pleine gloire, en 1967, pour ne pas donner l’impression de se répéter. Il se tourne alors vers le cinéma (les Risques du métier, Cayatte, 1967; Mon oncle Benjamin, Molinaro, 1969; l’Aventure, c’est l’aventure, Lelouch, 1972), écrit une comédie musicale, l’Homme de la Mancha, dans laquelle il joue un Don Quichotte qui lui ressemble à plus d’un égard, réalise deux films en tant que metteur en scène (Franz, 1972; le Far West, 1973) - deux échecs cuisants -, et s’embarque pour un tour du monde à la voile, qui le mène aux îles Marquises, où, malade mais apaisé, il passe les trois dernières années de sa vie.

Après avoir enregistré, en 1977, un ultime album en forme de testament, qui se vend à deux millions d’exemplaires en quelques semaines, il meurt à l’hôpital de Bobigny des suites d’un cancer du poumon. Mais ses chansons, encore aujourd’hui, lui survivent, régulièrement reprises par des chanteurs aussi nombreux et différents que David Bowie, Frank Sinatra, Isabelle Aubret, Patrick Bruel, Serge Lama, Johnny Hallyday, Klaus Hoffmann, Céline Dion, Marc Almond, Dick Annegarn, Neil Diamond, Scott Walker, Judy Collins, Andy Williams ou Julien Clerc.

Sélection discographique :

1988 - Jacques Brel-Grand Jacques (10 CD Barclay - 816 719)
1990 - L’Homme de la Mancha (Barclay - 839 586 2)
1993 - Brel Knokke (Barclay - 521 237 2)
1996 - Quand on n’a que l’amour (2 CD Barclay - 531 711 2)
1998 - Brel en scènes (Barclay - 559 231 2)

Bronson, Charles

Charles Bronson
(1920- )
Acteur américain

Né à Ehrenfeld (Pennsylvanie), issu d’une famille modeste d’origine lituanienne, Charles Buzinsky, dit Charles Bronson, doit très jeune travailler à la mine. À vingt-trois ans, il est mobilisé et prend part à la guerre du Pacifique. À sa démobilisation, il rencontre des comédiens qui l’incitent à tenter sa chance à Hollywood. Il fait alors sa première apparition dans un film parodique d’Henry Hathaway, La marine est dans le lac (You’re in The Navy Now, 1951).

Il joue alors des seconds rôles dans des films de genre où celui-ci prédomine sur l’importance des acteurs. On le voit en sinistre assistant de Vincent Price dans l’Homme au masque de cire (House of Wax, 1953) d’André De Toth, en rebelle indien sanguinaire et courageux dans l’Aigle solitaire (Drum Beat, 1954) de Delmer Daves, où il y utilise pour la première fois le pseudonyme de Charles Bronson. Il incarne aussi un mercenaire sans scrupules dans Vera Cruz (1954) de Robert Aldrich, puis un fier chef sioux dans le Jugement des flèches (Run of The Arrow, 1957) et un gangster pathétique dans Mitraillette Kelly (Machine Gun Kelly, 1958) de Roger Corman, son premier film en vedette.

Il accède à des rôles plus importants grâce à John Sturges qui en fait le partenaire de Yul Brynner dans les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven, 1960) et celui de Steve McQueen dans la Grande Évasion (The Great Escape, 1963). Vincente Minnelli lui confie un rôle de poète beatnik dans le Chevalier des sables (The Sandpiper, 1965) et Robert Aldrich en fait l’un des Douze Salopards (The Dirty Dozen, 1967).

Par la suite, son rôle aux côtés d’Alain Delon dans le film français Adieu l'ami (1968) de Jean Herman, puis son personnage de justicier à l'harmonica d’Il était une fois dans l’Ouest (C’era una volta, il West, 1968) de Sergio Leone et sa prestation dans le Passager de la pluie (1969) de René Clément, font de lui une star en Europe.

Il s'impose enfin comme vedette à part entière à Hollywood, en se spécialisant dans un personnage de tueur impavide et sûr de son bon droit dans le Flingueur (The Mechanic, 1972) et Un justicier dans la ville (Death Wish, 1974), premier d'une longue série de films prônant l’autodéfense, réalisée par Michael Winner.

De cette dernière période de sa longue carrière se détachent néanmoins quelques films plus intéressants, tels Cosa Nostra (1972) de Terence Young, l'insolite comédie en demi-teintes qu'est C'est arrivé entre midi et trois heures (From Noon Till Three, 1976) de Frank Gilroy, Mister Majestik (1974) de Richard Fleischer, le Bagarreur (The Street Fighter, 1974) de Walter Hill, Un espion de trop (Telefon, 1977) de Don Siegel, Chasse à mort (Dead Hunt, 1980) de Peter Hunt et l'étonnant Indian Runner (1991) de Sean Penn.

Broodthaers, Marcel

Jean Babilée
(De son vrai nom Jean Gutmann)
(1924-1976)
Artiste belge dont l'oeuvre inclassable, qui touche à la littérature, à la poésie, au film autant qu'aux arts plastiques proprement dits, tire un trait d'union entre le surréalisme belge et les avant-gardes des années 1960 et 1970

.Né à Bruxelles, d'abord libraire et journaliste proche des surréalistes dans les années 1940, poète (il publia son premier recueil, Mon livre d'ogre, en 1957) et cinéaste (la Clef de l'horloge, 1957), il choisit de devenir artiste en 1963. Ses oeuvres (assemblages, installations, environnements, etc.) emploient les matériaux les plus variés, mettant souvent en jeu textes et photographies. De 1968 à 1972, il développa le projet d'un musée fictif, le Département des aigles, qui critique par sa déconstruction le système muséal, ses classifications et ses hiérarchies.

Dans la lignée de Marcel Duchamp et, plus encore, de Magritte, son oeuvre s'est élaborée en majeure partie autour d'une réflexion sur la signification des mots et des images, et sur leurs écarts sémantiques. Malgré la relative brièveté de sa carrière, Marcel Broodthaers, dont l'oeuvre a déjà fait l'objet de plusieurs rétrospectives, a continué d'influencer une part importante de la création contemporaine.

Brooks, Louise

Louise Brooks
(1906-1985)
Actrice américaine

Actrice dont la figure de garçonne fut immortalisée par le personnage de Loulou dans le film de Pabst. D'abord danseuse dans la troupe de Ruth Saint Denis et de Ted Shawn, elle fut «girl» dans des spectacles comme George White's Scandals et les Ziegfeld follies à Broadway. En 1925, elle joua un petit rôle dans son premier film, The Street of Forgotten Men, de H. Brenon.

L'actrice américaine Louise Brooks dans le Journal d'une fille perdue (Das Tagebuch einer verloren), réalisé en 1929 par Georg Wilhelm Pabst.

En 1926, elle apparut dans six films, dont un rôle secondaire dans la comédie muette de W. C. Fields, It's the Old Army Game, réalisé par Eddie Sutherland, qu'elle épousa pour en divorcer en 1928. Après plusieurs autres rôles dans des films américains, dont une plongeuse de cirque dans Une fille dans chaque port (A Girl in Every Port, 1928), réalisé par Howard Hawks, elle fut invitée à tourner en Allemagne dans Loulou (Die Büchse der Pandora, 1929), de G. W. Pabst. Adaptation obsédante de Lulu, pièce de Frank Wedekind, le film retrace l'histoire d'une jeune fille que sa rage de vivre mène à la destruction. En 1929, elle tint un premier rôle, celui d'une prostituée, dans le film de Pabst le Journal d'une fille perdue (Das Tagebuch einer Verlorenen). Incarnation de la sensualité dans un monde de décadence et de violence masculines, Louise Brooks est devenue une figure phare du cinéma des années 1925-1930. Elle tourna également dans un certain nombre de films parlants, mais retourna à l'anonymat en 1938, jusqu'à ce que des critiques français la redécouvrent dans les années 1950. En 1982, elle publia un récit autobiographique, Lulu in Hollywood.

Bruel, Patrick

Patrick Bruel
(1959- )
Acteur, auteur, compositeur et interprète français

Doté d’une grande puissance scénique, il mène depuis 1978 une double carrière de comédien et de chanteur.

Patrick Bruel se produit sur la scène de l'Olympia, à Paris, le 20 février 1998, dans le cadre des 13e Victoires de la musique.

UNE DOUBLE VOCATION DE CHANTEUR ET DE COMÉDIEN

Né à Tlemcen (Algérie), Patrick Benguigui, dit Patrick Bruel, revient en France avec sa mère, institutrice, en 1962. Il grandit à Argenteuil (dans le Val-d’Oise) entre des rêves de football et des disques très divers : Brassens, Clapton, Hendrix, Brel. En 1978, bac en poche, il travaille comme animateur au Club Méditerranée. La même année, il devient Patrick Bruel en décrochant son premier rôle au cinéma dans le Coup de sirocco, d’Alexandre Arcady, auquel il restera fidèle (le Grand Carnaval, 1983; l’Union sacrée, 1989; K., 1997). En 1979, à New York, il rencontre Gérard Presgurvic, qui sera son ami et son principal auteur. En dépit de l’échec commercial de son premier 45 tours, «Vide» (1981), Bruel recommence en 1984 avec «Marre de cette nana-là» et, cette fois, c’est le succès. Il retrouve le cinéma en 1985 avec P.R.O.F.S., de Patrick Schulman, comédie réaliste où son personnage de «jeune prof» ébranle sérieusement l’édifice d'un collège.

HISTOIRE D’UN SUCCÈS

1986 est l’année de son premier album, De face, dans lequel il a le courage de ne pas inclure ses premiers «tubes». Son succès mitigé ne l’empêche pas, en 1987, de fouler pour la première fois la scène de l’Olympia. Il revient au cinéma en 1988, pour le très beau film de Georges Lautner, la Maison assassinée. En 1989, il sort son deuxième album, Alors regarde, enregistré et produit à New York : Bruel accède enfin au statut de star de la chanson (3,5 millions d’albums sont vendus). On commence à le surnommer «Pââââtriiiick !», en raison des cris hystériques de ses fans, et à le classer comme chanteur pour adolescentes. C’est passer bien vite sur de belles chansons («Place des grands hommes», «Alors, regarde»), sensibles et bien chantées. Une longue tournée suit, à partir d’octobre 1990, qui passe par le Zénith de Paris pendant douze jours, et, le 16 décembre 1990, par l’Olympia.

On commence à voir Patrick Bruel sur des scènes européennes et les ventes d’Alors, regarde dépassent les trois millions d’exemplaires. Récompensé par une Victoire de la musique (1992), Patrick Bruel est au sommet de sa popularité lorsqu’il tourne l’année suivante Profil bas, sous la direction de Claude Zidi. Son troisième album, Bruel, enregistré en 1994 - sous la direction artistique de Mick Lanaro, comme pour le précédent - est beaucoup plus rock. Mais, malgré de beaux moments comme «Combien de murs», il se vend moins bien que le précédent. En 1995, les Francofolies de La Rochelle font «la fête à Bruel» : il y chante avec Khaled et Youssou N’Dour.

Dénigré par le chef de l’extrême-droite, Jean-Marie Le Pen (qui se refuse à l’appeler autrement que «le chanteur Benguigui»), Patrick Bruel boycotte, au cours de sa tournée de l’été 1995, deux villes tenues par ce parti dans le sud de la France.

Champion du monde de poker à Las Vegas en mai 1998, il sort un nouvel album (Juste avant) en octobre 1999, avant de se produire en concert au Zénith en mai 2000.

Sélection discographique :

1989 - Alors, regarde (BMG/Ariola-PD74248)
1994 - Bruel (BMG/RCA-74321202542)
1995 - On s’était dit (enregistrement en public) (BMG/RCA-74321332682)
1999 - Juste avant (BMG/RCA-74321699712).

Brynner, Yul

Yul Brynner
(De son vrai nom Jules Brynner)
(1920-1985)
Acteur américain

Né dans l’île de Sakhaline en Sibérie orientale, Yul Brynner fils d’un citoyen suisse d’origine mongole et d’une roumaine d’origine tzigane, étudie à Paris et intègre une troupe de musiciens à l’âge de treize ans. Trapéziste, puis mime au Cirque d’Hiver, il part aux États-Unis en 1941 avec une compagnie théâtrale moscovite. À New York, il travaille à la radio en tant qu’animateur, comédien et metteur en scène. En 1945, il joue dans Lute Song à Broadway et fait ses débuts au cinéma dans un film de Lazlo Benedek, Brigade des stupéfiants (Port of New York, 1949).

Sept ans plus tard, il se rase le crâne pour interpréter sur scène et à l’écran une opérette de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein, le Roi et moi (The King and I, 1956) de Walter Lang. Grâce à ce rôle et à son charme particulier, à la fois viril, raffiné et cosmopolite, il devient une star et remporte l’oscar du meilleur acteur. Par la suite, il incarne notamment Ramsès dans les Dix Commandements (The Ten Commandments, 1956) de Cecil B. DeMille, Salomon dans Salomon et la reine de Saba (Solomon and Sheba, 1959) de King Vidor et Tarass Boulba (1962) de Jack Lee Thompson.

Yul Brynner travaille souvent avec des réalisateurs importants tels Richard Brooks pour les Frères Karamazov (Brothers Karamazov, 1959), Anatole Litvak pour Anastasia (1956) et le Voyage (The Journey, 1958), avec Stanley Donen pour Un cadeau pour le patron (The Surprise Package, 1960) et Chérie recommençons (Once more with feeling, 1960). Il apparaît également dans un film de son ami Jean Cocteau, le Testament d’Orphée (1960) et a un grand succès dans un western, les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven, 1960) de John Sturges.

Dans sa filmographie, on distingue encore un personnage de tueur dans le Mercenaire de minuit (Invitation to a Gunfigther, 1964), un western de Richard Wilson et un humanoïde dans Mondwest (Westworld, 1973) de Charles Crichton. Il joue encore dans le Roman d'un voleur de chevaux (1971) d’Abraham Polonski, le Serpent (1972) d’Henri Verneuil et dans une insolite adaptation de Jules Verne, le Phare du bout du monde (The Light at The Edge of The World, 1971) de Kevin Billington.

Sa calvitie parfaitement assumée est une des clés du succès de Brynner mais il a cependant joué deux fois avec une perruque, dans les Boucaniers (The Buccaneers, 1958) d’Anthony Quinn et le Bruit et la Fureur (The Sound and The Fury, 1959), adapté du roman éponyme de William Faulkner et réalisé par Martin Ritt.

Burton, Richard

Richard Burton
(de son vrai nom Richard Walter Jenkins)
(1925-1984)
Acteur et réalisateur britannique

Burton décida dès son plus jeune âge de faire du théâtre et monta pour la première fois sur scène à l'âge de douze ans. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, ayant interrompu ses études, il s'engagea dans la Royal Air Force. Dès 1950, il gagna les États-Unis et débuta au théâtre où il connut aussitôt le succès. Il est célèbre pour ses interprétations dans les pièces de Shakespeare à l'Old Vic Theatre de Londres : Hamlet, Twelfth Night, The Tempest et Othello (1953-1954). Il interpréta également d'autres rôles avec la compagnie Emlyn William, dont Druid's Rest (1944), The Lady's Not for Burning (1949) et The Boy with a Cart (1950). Burton mena parallèlement sa carrière cinématographique avec Ma cousine Rachel (My Cousin Rachel, 1952), de Henry Koster, les Corps sauvages (Look Back in Anger, 1959), de Tony Richardson, Becket (1964), de Peter Glenville et la Nuit de l'iguane (The Night of the Iguana, 1964), de John Huston. Il se maria cinq fois, dont deux fois avec Elizabeth Taylor (1964-1974, 1975-1976), avec qui il joua notamment dans Cléopâtre (Cleopatra, 1963), de Joseph Mankiewicz, Qui a peur de Virginia Woolf ? (Who's Afraid of Virginia Woolf?, 1966), de Mike Nichols et la Mégère apprivoisée (The Taming of the Shrew, 1967), de Franco Zeffirelli. En 1983, Burton interpréta son dernier rôle au théâtre à New York où, avec Liz Taylor, il reprit la pièce Private Lives. Il apparut pour la dernière fois au cinéma dans 1984, d'après le roman de George Orwell.

Richard Burton et Liz Taylor dans Qui a peur de Virginia Woolf ? (1966) de Mike Nichols.
Un couple, Martha et George, se dispute violemment devant leurs invités. Adapté d'une pièce à succès d'Edward Franklin Albee, le film de Mike Nichols réunit pour la seconde fois Liz Taylor et Richard Burton, dont les démêlés conjugaux ont fait hors écran le bonheur des gazettes à sensation.


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