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Balasko, Josiane Josiane Balasko |
Née à Paris, Josiane Balasko entre dans la troupe du Splendid en 1975 et commence à jouer sur la scène des cafés-théâtres, tout en participant à l’écriture de plusieurs pièces. Elle signe par la suite des scénarios pour le cinéma, Retour en force (1980) de Jean Marie Poiré, et l’Année prochaine si tout va bien (1981) de Jean Loup Hubert. À l’écran, elle apparaît chez Roman Polanski dans le Locataire (1976), chez Claude Zidi dans l'Animal (1977) et chez Claude Miller dans Dites-lui que je l’aime (1977), avant de décrocher un rôle important dans les Bronzés (1978) de Patrice Leconte. Partenaire de Coluche dans le Maître d'école (1981) de Claude Berri et dans la Vengeance du serpent à plumes (1984) de Gérard Oury, elle travaille aussi avec André Téchiné pour Hôtel des Amériques (1981) et avec Bernard Nauer pour Nuit d'ivresse (1986). Elle tourne également dans plusieurs films à succès de Jean-Marie Poiré, Les hommes préfèrent les grosses (1981) dont elle signe le scénario, Papy fait de la résistance (1982) et le triomphal Le Père Noël est une ordure (1982). Elle joue encore avec talent un personnage dramatique dans Trop belle pour toi (1989) de Bertrand Blier et donne une belle interprétation de mère de famille engagée dans Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes (1993) de Jean-Jacques Zilbermann. Josiane Balasko a aussi réalisé des films dans lesquels elle tient le rôle principal, Sac de noeud (1985), les Keufs (1987), coécrit avec le romancier Jean Bernard Pouy, Ma vie est un enfer (1991), Gazon maudit (1994), césar du meilleur scénario et grand succès commercial où elle interprète une homosexuelle venue semer la zizanie dans un couple, et Un grand cri d'amour (1998). |
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Balazs, Béla
Béla Balazs |
Herbert Bauer, qui sera plus tard Béla Balázs, est né à Szeged, en Hongrie. Après des études universitaires, il part avec le musicien Zoltán Kodály en voyage d’étude pour Berlin et Paris. Balázs est parmi les premiers à découvrir le génie du plus grand poète hongrois, Endre Ady. Il se lie avec Béla Bartók et György Lukács. Cette dernière amitié durera toute leur vie. Lukács défend Balázs dès le début de sa carrière littéraire marquée par une oeuvre théâtrale, Dr Szélpál Margit (1909). Le rôle de la conscience dans l’art est le sujet de l’essai intitulé Halálesztétika (L’Esthétique de la mort, 1908). La création poétique intéresse Balázs autant que sa théorie. En témoignent son premier recueil de poèmes, A vándor énekel (Le vagabond chante, 1911), ainsi que les livrets d’opéra A kékszakállú herceg vára (Le Château de Barbe-Bleue, 1911) et de pantomime A fából faragott királyfi (Le Prince en bois, 1916) écrits à la demande de Bartók. Pendant la république des Conseils de 1919, Balázs s’occupe des théâtres en tant que membre du Directoire des écrivains. Après la défaite, il doit émigrer à Vienne où la vie culturelle se réorganise autour des différents pôles représentés par Lukács ou par Lajos Kassák, avec des organes comme Bécsi Magyar Újság («Journal hongrois de Vienne»). Balázs y collabore notamment avec un texte critique sur Robert Musil, jugé par ce dernier d’une grande pertinence. La même année, il inaugure une nouvelle rubrique dans le journal autrichien Der Tag : celle des critiques cinématographiques. Il est le premier à proclamer la naissance du septième art dans sa théorie du cinéma, Der sichtbare Mensch (L’Homme visible, 1924). Le succès de ce livre, dont l’originalité réside dans l’approche poétique des images, surtout celles des «premiers plans», lui vaut une invitation à Berlin où il vit de 1926 à 1931. Là, il participe, aux côtés d’Erwin Piscator et de Max Reinhardt, au théâtre d’agit-prop, et écrit de nombreux scénarios, pour Alexander Korda, G. W. Pabst (L’Opéra de quat’sous), L. Riefenstahl (Lumière bleue), entre autres. En 1930 il entreprend l’élaboration d’une esthétique du cinéma parlant; celle-ci paraît sous le titre Der Geist des Films (L’Esprit du film, 1925).
L’Allemande Leni Riefenstahl joua Junta, le fille de la montagne, dans son propre film «La Lumière bleu» (1932) Balázs continue d’écrire des poèmes, des romans et des contes dont Thomas Mann remarque la beauté. En 1931 il entre au Parti communiste allemand. Invité en Union soviétique, il y demeure jusqu’en 1945, d’abord en enseignant l’art cinématographique à Moscou, puis en collaborant à la création de films à Alma-Ata. En 1945, il rentre en Hongrie. C’est l’époque d’une méfiance accrue envers les anciens communistes : on l’empêche de faire un film sur la révolution de 1848. Il peut tout de même participer au scénario de Valahol Európában (Quelque part en Europe) de Géza Radványi. Il écrit une autobiographie sous le titre de Álmodó ifjúság (Jeunesse rêveuse, 1946). En 1949 il est réhabilité et reçoit peu avant sa mort le prix Kossuth. |
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Bardem, Juan Antonio Juan Antonio Bardem |
Un des rares cinéastes espagnols, avec Berlanga , qui ait pu édifier une oeuvre sous la dictature franquiste malgré les actes de censure que n'a pas manqué de provoquer son opposition au régime. Son style s'est affirmé dans son cinquième film Mort d'un cycliste (Muerte de un ciclista, 1955), un drame proche du néo-réalisme italien. La voiture d'un universitaire madrilène et de sa maîtresse, l'épouse d'un riche industriel, renverse par accident un ouvrier sur son vélo. La mort de la victime sépare les deux amants. Influencé par le néoréalisme italien, le film de Bardem fut l'un des sommets du cinéma espagnol de l'après-guerre.
Bardem, Mort d'un cycliste Il approfondit son analyse d'une société figée et hypocrite dans Grand' Rue (Calle mayor, 1956) et participa aux efforts de renouvellement de la production espagnole : manifestes, recherche de nouveaux sujets et même appel à Luis Buñuel en 1961. Après la chute de Franco, il a réalisé principalement des films politiques. Sa dernière oeuvre est une série télévisée sur le poète Federico Garciá Lorca (1988). |
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Barma, Claude Claude Barma |
Claude Barma commence par tourner des dramatiques, dont «Cendrillon» (1953). À partir de 1955, il s'inspire de procès réels, auxquels il assiste au Palais de justice, pour produire En votre âme et conscience, série filmée dans un décor de tribunal. Pionnier de la télévision, il déclare que «la dimension première de la télévision, c'est le feuilleton». Il en réalise plusieurs, dont les plus célèbres, Belphégor, tourné avec Juliette Gréco, et le Chevalier de Maison Rouge, furent rediffusés dans les années quatre-vingt. Mais surtout, à partir de 1967, il réalise une série de téléfilms d'après l'oeuvre de Simenon. Ce sont les célèbres «Enquêtes du commissaire Maigret». Il en réalise les premiers épisodes, avant de confier la mise en scène à d'autres réalisateurs.
Belphégor |
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Barnet, Boris Boris Barnet |
Né à Moscou, Boris Vasilievitch Barnet fait des études de physique et pratique la boxe avant de devenir acteur et de suivre des cours de cinéma sous la direction de Lev Koulechov. Il coréalise d'abord Miss Mend (1926) avec Fedor Ozep, puis dirige seul la Jeune Fille au carton à chapeau (Dievotchka s korobkoj, 1927). Dès ce premier film, il trouve un ton personnel et révèle son goût pour la comédie poétique. Contraint d'accepter un documentaire militant de commande, Moscou en octobre (Moskva v Okjabre, 1927), il s'en acquitte consciencieusement, puis retourne à son propre univers avec le très satirique la Maison de la place Troubnaia (Dom na Trubnoj, 1928). Il réalise encore une oeuvre de propagande, la Débâcle (Ledolom, 1931), avant de signer son premier film parlant, l'admirable Okraina (1933). Barnet tourne ensuite son chef-d'oeuvre, Au bord de la mer bleue (U samogo sinego morja, 1936), dont l'humour et la poésie contrastent singulièrement avec la production soviétique de l'époque. Peu après, il réalise une biographie de Stakhanov, Une nuit en septembre (Noc' v sentjabre, 1939), puis, pendant la Seconde Guerre mondiale, des films militants. Après la guerre, il a tourné des oeuvres diverses, dont les plus intéressantes sont Un été prodigieux (Scedroe leto, 1951), le Lutteur et le Clown (Boirec i Klown, 1958), cosigné avec Konstantin Youdine, et Anouchka (1959). |
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Bava, Mario Mario Bava |
Opérateur de formation, Mario Bava devient ensuite directeur de la photographie. Ses qualités techniques (c’est notamment un habile créateur d’effets spéciaux) le font remarquer par de nombreux réalisateurs avec lesquels il va collaborer. Après avoir travaillé avec Jacques Tourneur pour son péplum la Bataille de Marathon (la Battaglia di Maratona, 1959), il réalise le Masque du démon (la Maschera del demonio, 1960). Librement inspiré d’une nouvelle de Gogol, le film, par le raffinement de l’image, la virtuosité des mouvements de caméra et la sensualité morbide de son atmosphère, est une réussite qui contribue à donner ses lettres de noblesse au genre du cinéma fantastique en Europe. S’il maîtrise avec brio le film d’horreur, il reste tout autant fidèle au fil de son oeuvre à ses thèmes de prédilection (la symbolique psychanalytique, l’érotisme, tout en illustrant, souvent de façon novatrice, de nombreux autres genres : le péplum mythologique avec Hercule contre les vampires (Ercole al centro della terra, 1961); le fantastique avec le Corps et le fouet (la Frusta e il corpo, 1963); le western avec la Strada per Fort Alamo (1965, sous le pseudonyme de John M. Old); ou le thriller-fantastique avec La fille qui en savait trop (La ragazza che sapeva troppo, 1962) ou Six Femmes pour l’assassin (Sei donne per l’assassino, 1964) - films qui auront une influence majeure sur Dario Argento. Son fils, Lamberto Bava (né à Rome en 1944), commence par suivre son père sur les lieux de tournage. Puis, il réalise, en collaboration avec son père, la Venere d’Ille (1979), d’après la Vénus d’Ille de Prosper Mérimée, un premier film destiné à la télévision. Après avoir travaillé avec de nombreux metteurs en scène, dont Dario Argento, il signe seul, en 1980, un film intitulé Macabro. Délaissant progressivement la veine du film d’horreur, il se consacre ensuite à des productions fantastiques pour la télévision dans des séries comme Fantaghirò (1991), Desideria (1994) et l’Anello del drago (1994). |
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Beatty, Warren
Warren Beatty |
Warren Beatty imposa, au travers de ses rôles et de sa vie privée, une image de grand séducteur et fut reconnu en tant que réalisateur, en 1981, grâce à Reds Acteur révélé par la Fièvre dans le sang (E. Kazan, 1961), sacré vedette avec Bonny and Clyde (A. Penn, 1967), séducteur impénitent, maintenant marié avec l'actrice Annette Beaning (les Arnaqueurs, Stephen Frears, 1990), Warren Beatty est notamment le réalisateur de Reds (1981), une biographie du journaliste américain John Reed, de Dick Tracy (1990), adapté de la bande dessinée éponyme, de Bugsy (1991) et de Bulworth (1998). Frère cadet de Shirley MacLaine, Warren Beatty suivit des cours de comédie auprès de Stella Adler. Après avoir travaillé à la télévision et au théâtre, il fit ses débuts à l'écran dans le film la Fièvre dans le sang (Splendor in the Grass, 1961), d'Elia Kazan. Au début de sa carrière, ses rôles d'anti héros dans des films tels que l'Ange de la violence (All Fall Down, 1962), de Frankenheimer ou Mickey One (1965), d'Arthur Penn, contribuèrent à faire reconnaître son talent. Cependant, il ne connut une réelle célébrité qu'à partir de 1967 grâce à Bonnie and Clyde, qui lui valut l'oscar du meilleur acteur pour son interprétation du rôle du gangster Clyde Barrow. Beatty devint, dès lors, une figure importante d'Hollywood. Il s'illustra par la suite dans John MacCabe (John MacCabe and Mrs Miller, 1971), de Robert Altman et À cause d'un assassinat (The Parallax View, 1974), d'Alan J. Pakula. Pour le film Shampoo, portrait à peine voilé de l'acteur, réalisé par Hal Ashby (1975), il cumula les rôles de vedette, producteur et coscénariste. Il ajouta à ces fonctions celle de coréalisateur, avec Buck Henry, pour Le ciel peut attendre (Heaven Can Wait, 1978), comédie qui eut un large succès auprès du public. Il remporta un immense succès avec le film Reds (1981), biographie passionnée et brillamment détaillée du journaliste John Reed, pour laquelle il reçut l'oscar du meilleur réalisateur. Il produisit, réalisa et fut l'interprète principal de Dick Tracy (1990), adaptation à gros budget de la bande dessinée du même nom. Suivit Bugsy (1991), de Barry Levinson, où il avait pour partenaire Annette Bening, qu'il épousa et avec laquelle il tourna par la suite dans Love Affair (1994). |
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Becker, Jacques Jacques Becker |
Né à Paris, Jacques Becker appartient à une riche famille bourgeoise et devient très tôt un des collaborateurs réguliers de Jean Renoir. Il réalise même pour lui plusieurs épisodes de la Vie est à nous (1936). Il cosigne également avec Pierre Prévert le Commissaire est bon enfant (1934) et le Gendarme est sans pitié (1934), d'après les pièces de Georges Courteline. Après un long métrage terminé et signé par Jean Stelli, l'Or du Cristobal, 1939), il devient metteur en scène à part entière avec un film policier dynamique interprété par Raymond Rouleau, Dernier Atout (1942), mais s'impose surtout avec son adaptation magistrale d'un roman de Pierre Véry, Goupi Mains rouges (1943), puis avec un drame dans le milieu de la haute couture, Falbalas (1945), toujours avec Raymond Rouleau. Après la Seconde Guerre mondiale, il tourne plusieurs comédies - Antoine et Antoinette (1947), Rendez-vous de juillet (1949), Edouard et Caroline (1951) et Rue de l'estrapade (1953) - qui le distinguent comme le cinéaste français par excellence. Son goût pour l'observation de la société d'après la Libération, son regard sur ses personnages, son talent dans la direction d'acteurs et l'équilibre parfait entre la justesse psychologique des dialogues et la minutie de sa mise en scène caractérisent cette série qui met en scène diverses classes sociales. Avec Casque d'or (1951), où Simone Signoret incarne avec génie une célèbre prostituée, il réalise une chronique rigoureuse et poétique des bas-fonds parisiens en 1900. Il signe ensuite le prototype du film noir français, Touchez pas au grisbi (1954), d'après le roman d’Albert Simonin, film qui relance la carrière de Jean Gabin. Après Ali Baba et les quarante voleurs (1954), une farce tournée pour Fernandel, et une adaptation de Maurice Leblanc, les Aventures d'Arsène Lupin (1957), avec Robert Lamoureux dans le rôle du gentleman cambrioleur, il réussit avec Montparnasse 19 (1958), un mélodrame magnifique où Gérard Philipe incarne de façon pathétique le peintre Modigliani; il meurt juste après avoir achevé le Trou (1960), dont la rigueur et la sobriété se rapprochent du style épuré de Robert Bresson.
Simone Signoret dans Casque
d'or de Becker Becker : principaux films
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Beineix, Jean-Jacques Jean-Jacques Beineix |
Né à Paris, Jean-Jacques Beineix s’orienta très jeune vers le cinéma, assistant notamment Claude Zidi sur certaines de ses productions. Son premier film, Diva (avec Richard Bohringer, 1980), variation sur un argument policier, se caractérisait par un effort de stylisation qu’on ne rencontrait en France ni dans le film d’auteur ni dans la production commerciale. Ce fut aussi le cas de la Lune dans le caniveau (avec Gérard Depardieu et Nastassja Kinski, 1983), adaptation ambitieuse d’un roman de David Goodis, qui ne rencontra pas le succès escompté. Avec 37° 2 le matin (1986), réalisé d’après un livre de Philippe Djian, il sut séduire un très large public en mêlant sensualité et tragédie, et permit à Béatrice Dalle de faire ses premiers pas d’actrice. Ses ambitions s’expriment sous des formes volontiers métaphoriques, voire symboliques : Roselyne et les Lions (1989), suivi d’I P 5 (avec Yves Montand, dont ce fut le dernier rôle, 1992), dont le titre signifie «l’île aux pachydermes» - cinquième film de l’auteur. Parfois critiqué pour son esthétique «publicitaire», Jean-Jacques Beineix fit l’unanimité avec Assigné à résidence, un reportage sur l’écrivain Jean-Dominique Bauby qui, souffrant d’une paralysie totale consécutive à un syndrome neurologique, dicta son livre le Scaphandre et le Papillon (1997) par des battements de paupière. |
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Bellocchio, Marco Marco Bellocchio |
Il a fait irruption dans la mise en scène avec un film retentissant, les Poings dans les poches (I Pugni in tasca, 1966), une vigoureuse attaque contre la famille. D'autres satires mordantes, violentes, tragiques ont pris pour cible l'Église Au nom du père (Nel nome del padre, 1971) ou l'armée Marche triomphale (Marcia triomfale, 1976). Il a travaillé plusieurs années sur le monde psychiatrique et a participé à plusieurs films collectifs orientés à gauche. Le Diable au corps (il Diavolo in corpo, 1986), qui lui a permis d'obtenir un large succès à cause de certaines audaces érotiques, fut suivi de quelques films qui ont déçu le public et la critique.
Bellocchio (Marco), les Poings
dans les poches |
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Benbarka (Souheil)
Souheil Benbarka |
Souheil Benbarka est né le 25 Décembre 1942 à Tombouctou (Ancienne AOF, aujourd'hui Mali), d'une famille originaire de Goulimine, dans le Marocv du Sud. Etudes secondaires au Maroc, puis études supérieures en Italie. Licencié en sociologie. Admis premier au concours du Centro Sperimentale (Rome), dont il sortira major de sa promotion, qui est celle de Bertolucci et Sampieri. Premier assistant de Valentino Orsini pour "Les damnés de la terre" (I dannati della terra, 1968/1969), il va travailler en Italie pendant cinq ans, avec Pasolini, notamment sur "Il Vangelo secondo Mateo" (1965), "Edipo Re" (1967). Il tourne quelques courts métrages dont trois seront couronnés par la RAI : "l'eau", "Ceux de la mousson", et "Malika". Son premier long métrage a reçu trois distinctions successives. Dès "Mille et une mains", Souheil Benbarka; se veut réaliste et se déclare préoccupé par l'injustice sociale, l'exploitation et l'oppression dans le Monde. Il s'affirmait comme cinéaste profondément marocain, imprégné d'une culture originelle vivante, irréductible à des schémas extérieurs. Filmographie
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Bennani (Hamid) Hamid Bennani |
Réalisateur, Né le 5 Novembre 1940 à Meknès. Licence de philosophie. Formation technique de 1965 à 1967 à l'IDHEC (Paris). Il a collaboré à l'éphémère revue "Cinéma 3". Il réalise quelques courts métrages pour la télévision marocaine de 1968 à 1969 et depuis, des courts métrages de commande et des spots publicitaires. Le succès de "Wechma" a été tel qu'il a été impossible à son auteur d'en produire d'autres au même niveau, avec la même originalité. Filmographie
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Bergman, Ingmar
Ingmar Bergman |
Fils d’un pasteur luthérien, il fut élevé dans une stricte religiosité appelant une vie de refoulements et de sacrifices. Le théâtre de marionnettes allait être le premier échappatoire d’une enfance qui marqua toute son oeuvre. Bergman étudia la littérature et l’histoire de l’art à l’université de Stockholm, avant de travailler comme assistant metteur en scène au Royal Opera. L’une de ses premières pièces, la Mort de Punch (1942), attira l’attention de la société de production Svensk Filmindustri (SF), qui lui proposa un emploi de scénariste en 1943. L’année suivante, le premier scénario de Bergman, Tourments, fut tourné par Alf Sjöberg. Il y met en scène un psychopathe dans une Suède neutre face au conflit mondialogue Tourments et désespoirs de toute une nation par le prisme d’un personnage particulier : l’essence de la technique bergmanienne était en germe. Élevé dans un milieu familial austère, entre la sévérité d'un père pasteur luthérien et la froideur d'une mère détachée, le jeune Ingmar Bergman découvre la « lanterne magique» du cinéma au sein du foyer de sa grand-mère. Metteur en scène de théâtre (qu'il découvre à l'université) très vite applaudi, scénariste pour la Svensk Filmindustri, il fait ses premiers pas de cinéaste avec Crise (1945) et Il pleut sur notre amour(1946) mais n'affirme pleinement son talent et sa maîtrise du langage cinématographique qu'avec la Prison (1948) et la Soif (1949). Avec Jeux d'été (1951), Monika (1952) et Sourires d'une nuit d'été (1955), son génie cinématographie éclate de film en film et accède à la reconnaissance internationale. Silence de Dieu, enfer de la vie conjuguale, peinture de la décadence bourgeoise, hantise du mal et absence du bien, amour de la musique et de la lumière d'été, l'oeuvre de Bergman, en grande partie autobiographique et profondément ancrée dans les traumatismes de l'enfance, n'a cessé d'entrelacer ou d'alterner ses inspirations avec une richesse stylistique inépuisable. De 1944 à 1952, Bergman fut directeur artistique du théâtre de Hälsingborg. Il y monta de nombreuses pièces (Ibsen, Strindberg, Molière, etc.) sous l’approbation de la critique internationale. Durant cette période, il réalisa également Crise (Kris, 1946), pour la société de production SF, dont le protagoniste est le portrait d’un Bergman anxieux, aux prises avec l’autorité tutélaire. La Prison (Fängelse, 1949), fut le premier film écrit et réalisé par Bergman. Empreint de préoccupations existentielles, il y affirma ce goût de la narration qui lui valut une reconnaissance internationale. La fin de la décennie a amené le thème du couple en rupture, dans la tradition de l’univers de Strindberg : la Soif / la Fontaine d’Aréthuse (Törst) et Vers la joie (Till glädje, 1950). Les films suivants allaient être la synthèse thématique de cet univers, en un traitement toujours satirique : une réflexion sur la toute-puissance d’un Dieu vengeur face à des couples qui se débattent pour donner un sens à leur vie. La Nuit des forains (Gycklarnas afton, 1953) fut mal accueilli dans son pays natal tant la critique sociale fut cinglante. En revanche, le Septième Sceau (Det sjunde inseglet, 1956), immense allégorie sur la vie et la mort, Dieu face à l’holocauste, connut un succès international. Il réalisa à la suite quatre films importants : les Fraises sauvages (Smultronstället, 1957), Au seuil de la vie (Nära livet, 1958), le Visage (Ansiktet, 1958) et la Source (Jungfrukällan, 1960). Le film Persona (1966), avec son prologue incohérent, ses symétries construites, ses prises de vues rapprochées et la quasi-inexistence du son et de la musique, résume l’inspiration austère et psychanalytique des années 1960. Dans les années 1970, le cinéma de Bergman acquit une dimension internationale, avec des films tels que : Cris et Chuchotements (Viskningar och rop, 1973) ; la Flûte enchantée (Trollfljöten, 1975) ; Sonate d’automne (The Autumn Sonata, 1978) ; Scènes de la vie conjugale (Scener ur ett äktenskap, 1973) ; Face-à-Face (Ansikte mot ansikte, 1976) ; mais aussi ses mises en scène pour le théâtre : le Canard sauvage (1972) ou le Misanthrope (1973). Bergman travailla également pour la télévision en adaptant par exemple les Scènes de la vie conjugale. Au cours des années 1980, Bergman réalisa plusieurs films et continua également à faire de la mise en scène pour le théâtre suédois. Fanny et Alexandre (Fanny or Alexander, 1982) propose, au travers des yeux d’un enfant, l’itinéraire biographique et artistique du cinéaste. Plus récemment, Bergman publia des récits autobiographiques : Lanterna magica, en 1987 et Images, en 1990, ainsi que deux scénarios dont les Meilleures Intentions (réalisé par Bille August), en 1993.
Les Fraises sauvages Ingmar Bergman reçut également plusieurs récompenses dont l’Ours d’or au festival de Berlin, en 1958 ; la Plaque d’or de la Swedish Academy, en 1958 ; l’oscar du meilleur film étranger, en 1961 et en 1962 ; prix Erasmus, aux Pays-Bas, en 1965. Il fut également nommé Docteur honoris causa en philosophie à l’université de Stockholm, en 1975. |
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Berkeley, Busby Busby Berkeley |
Né à Los Angeles dans une famille de professionnels du spectacle, William Berkeley Enos, dit Busby Berkeley, intègre à douze ans l'Académie militaire de Mohegan lake, d’où il sort diplômé en 1914. Après la Première Guerre mondiale, il commence une carrière de comédien, puis s'oriente vers la mise en scène de spectacles musicaux à Broadway, où il se taille en une vingtaine de spectacles une excellente réputation de chorégraphe. Berkeley arrive à Hollywood en 1929, et dirige les ballets de Whoopee (1930), réalisé par Thorton Freeland avec le chanteur fantaisiste Eddie Cantor en vedette. Il chorégraphie ensuite d’autres films avec Cantor, tels Palmy Days (1931) d’Edward Sutherland, le Kid d'Espagne (Kid from Spain, 1932) de Leo McCarey, et Roman Scandals (1933) de Frank Tuttle. Il collabore également à la série des Gold Diggers (les Chercheuses d'or), assurant même la réalisation de Gold Diggers of 1935. Il signe aussi les chorégraphies de l'Oiseau de paradis (Bird of Paradise, 1932) de King Vidor, de 42e Rue (42nd Street, 1933), Prologues (Footlight Parade, 1933), Wonder Bar (1934), À Caliente (In Caliente, 1935), Call me Mister (1951) tous réalisés par Lloyd Bacon, de Dames (1934) et The Singing Marine (1937) tournés par Ray Enright, ainsi que de la Première Sirène (Million Dollar Mermaid, 1952) - avec la nageuse Esther Williams - et de Rose Marie (1954), réalisés par Mervyn LeRoy.
Busby Berkeley écrivit des
comédies musicales pour Hollywood Il a essentiellement travaillé pour deux firmes, la Warner Bros et, à partir de 1939, la Metro-Goldwyn-Mayer où il est resté jusqu’en 1954. Le style «géométrique» de Berkeley, grand créateur de formes et maître incontesté de la comédie musicale, est remarquable pour son utilisation des «girls» comme éléments d’une architecture vivante dont les figures se forment et se déforment au fil de stupéfiants mouvements de caméra. Ce style n’a d’ailleurs jamais changé; Berkeley se contentant de mettre au point des effets toujours plus époustouflants. Ses préparations soigneusement détaillées lui ont permis de tourner des plans-séquences particulièrement longs, spectaculaires et élaborés. |
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Berlanga, Luis García Luis García Berlanga |
Berlanga est né à Valence dans une famille appartenant à la classe moyenne; son père, homme politique républicain, devint l'adversaire de Franco. Après avoir passé quelque temps dans l'armée, Berlanga retourna en Espagne et suivit des études de cinéma à Madrid. Comédie à succès, son deuxième film, Bienvenue, Mr Marshall (Bienvenido Mr Marshall, 1952), dépeint un village pauvre espagnol se transformant en une caricature de l'Espagne, avec force joueurs de guitare, danseurs de flamenco et combats de taureaux, dans le dessein d'attirer les capitaux du plan Marshall. À la fois tendre et caustique, cette réalisation présente une structure caractéristique de l'oeuvre de Berlanga : calme au début, le film prend une tournure effrénée par la suite pour s'achever dans une quiétude toute relative. Placido (1961) est une satire mordante sur l'hypocrisie sociale; le Bourreau (el Verdugo, 1963), histoire d'un bourreau terrifié par la violence, porte un regard ironique sur la condition humaine. Ce film remporta le prix de la critique au Festival de Venise et fut désigné en 1976 meilleur film espagnol de tous les temps. Le plus gros succès de Berlanga fut La Carabine nationale (La Escopeta nacional, 1977), film se déroulant en 1962 et dans lequel une partie de chasse organisée par un homme d'affaires ambitieux tourne mal. Le film fut suivi de deux autres épisodes qui eurent également du succès : Patrimoine national (Patrimonio nacional, 1980) et Nacional III (1982). L'année 1984 vit la sortie en salle de La Vaquilla : réalisée en 1960, Franco avait interdit cette fable sur la guerre civile relatant les aventures de cinq soldats républicains essayant de voler une vache. Depuis 1975, Berlanga dirige la Filmoteca nacional. |
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Berri, Claude Claude Berri |
De son vrai nom Claude Langman, Claude Berri est né à Paris. Il débuta comme acteur, mais c’est la mise en scène cinématographique qui lui apporta la consécration. Après le Poulet (1963), un court-métrage distingué à Venise et récompensé par un oscar à Hollywood, il signa avec le Vieil Homme et l’Enfant (1967) son premier long-métrage, offrant à Michel Simon l’un de ses meilleurs rôles. Le film fut un double succès, commercial et critique. Dans cette même ligne, partiellement autobiographique, il tourna ensuite Mazel Tov ou le Mariage (1968) et le Pistonné (1970). Quelques comédies de moeurs de qualité plus discutable suivirent alors (le Mâle du siècle, 1975; Un moment d’égarement, 1977; Je vous aime, 1980), puis un film d’ambiance à thème policier, Tchao Pantin (1983), avec Coluche dans un rôle dramatique nouveau pour lui.
Berri (Claude), Germinal Ouvrier socialiste, Étienne Lantier découvre dans le Nord la misère des mineurs exploités. Il organise une grève générale, qui dégénère et s'achève dans la violence. Troisième adaptation (après celles d'Albert Capellani en 1913 et d'Yves Allégret en 1962) du roman d'Émile Zola paru en 1885, le film de Claude Berri permit au chanteur Renaud de faire ses premiers pas de comédien, entouré d'acteurs confirmés comme Gérard Depardieu, Miou-Miou et Jean Carmet. Claude Berri se lança au milieu des années 1980 dans une série de films adaptés d’oeuvres littéraires célèbres, telles Jean de Florette et Manon des sources (avec Gérard Depardieu et Yves Montand, 1986), d’après , Uranus (avec Philippe Noiret, 1991), d’après Marcel Aymé et Germinal (avec le chanteur Renaud, 1993), d’après Émile Zola. En 1996, il signa Lucie Aubrac, fresque ambitieuse, inspirée de la vie de deux héros de la Résistance, qui ne rencontra pas le succès escompté. Rarement disponible comme acteur, il fut néanmoins Stan the Flasher sous la direction de Serge Gainsbourg en 1990. Sa société, Renn Production, a produit des comédies et quelques films à la fois prestigieux et commerciaux comme l’Ours (1988) et l’Amant (1992), de Jean-Jacques Annaud et la Reine Margot (1994), de Patrice Chéreau, avant d’être reprise par le groupe Pathé/Chargeurs Réunis. Son fils, Thomas Langman, est également acteur. |
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Berry, John John Berry |
Né dans le Bronx (New York), John Berry connaît une enfance défavorisée. Très jeune, il devient comédien et fait du music-hall, puis entre dans la troupe du Shakespeare Fellowship. Il travaille ensuite avec Orson Welles comme acteur et assistant au Mercury Theater, puis s'oriente vers la mise en scène de théâtre. Il réalise parallèlement un documentaire sur les élections présidentielles, Tuesday in November (1942). Il se fixe ensuite à Hollywood, où John Houseman lui permet de faire ses premiers films, Miss Susie Slagle’s (1946) avec Veronika Lake et Cross my Heart (1946) avec Betty Hutton. Dans From This Day Forward (1946), il commence à mettre au jour ses préoccupations sociales et ses affinités esthétiques avec le courant néoréaliste. Il tourne ensuite une version musicale de Pépé le Moko, Casbah (1948), puis signe deux films noirs, Tension (1949) et Menaces dans la nuit (He Ran All The Way, 1951), dans lequel John Garfield apparaît pour la dernière fois à l’écran. Politiquement très engagé, il réalise - à la demande de son ami Edward Dmytryk - The Hollywood Ten (1950), un documentaire en faveur des victimes de la Commission des activités anti-américaines menée par le sénateur McCarthy et l'avocat Richard Nixon, avant d’être dénoncé comme communiste par le même Dmytryk. Inscrit sur la liste noire d’Hollywood et contraint à l'exil, il vit d'expédients en Angleterre, puis en France, avant de diriger Eddie Constantine dans Ça va barder (1955) et Je suis un sentimental (1955), qui obtiennent un grand succès populaire. Berry s’installe ensuite en France, et met en scène Fernandel dans Don Juan (1956), Curd Jurgens et Jean Servais dans Tamango (1958), puis Dario Moreno dans le délirant O Qué Mambo (1958). Après avoir signé Maya (1966), il réalise une comédie burlesque intitulée À tout casser (1969), avec Eddie Constantine et Johnny Hallyday; mais le film ayant été entièrement remanié au montage par le producteur, Berry, indigné, fait retirer son nom du générique. Il vit pendant plusieurs années de ses cachets de comédien spécialisé dans la post-synchronisation, puis rentre aux États-Unis pour tourner un film entièrement interprété par des comédiens noirs, Claudine (1974), qui témoigne de la persévérance de son engagement en faveur de la communauté afro-américaine. Berry réalise ensuite Thieves (1978) et The Bad New Bears Go To Japan (1978), puis revient en France où il signe Voyage à Paimpol (1985), interprété par Myriam Boyer et Michel Boujenah, avant de tourner un nouveau film noir : Il y a maldonne (1988). Il repart ensuite à Hollywood pour le tournage d’A Captive in the Land (1990) et fait, dès lors, de fréquents allers et retours entre Paris et son pays d’origine. Berry a également monté de nombreuses pièces de théâtre. Juste avant sa mort, ce cinéaste atypique et passionné a réalisé un dernier film, Boesman et Lena (1999). |
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Bertolucci, Bernardo Bernardo Bertolucci |
Né à Parme, fils du poète Attilio Bertolucci et poète lui-même, Bernardo Bertolucci fait ses études à l'université de Rome, puis devient l'assistant-réalisateur de Pier Paolo Pasolini, avec lequel il écrit la Commare secca (1962), dont il assure la mise en scène. Il tourne son deuxième film, Prima della rivoluzione (1964), inspiré de la Chartreuse de Parme de Stendhal, et impose ainsi son goût pour l'adaptation des classiques de la littérature. On y trouve déjà l'évocation de l'ambivalence politique et de l'ambiguïté sexuelle, dans un style de mise en scène caractérisé par un rythme proche de la chorégraphie, servi par des mouvements de caméra sophistiqués et des effets de montage qui feront de ses oeuvres à venir de véritables opéras filmés.
Bertolucci, le Dernier Empereur Retraçant la vie du dernier empereur de Chine, Pu Yi, le film de Bertolucci, vaste fresque de près de trois heures, reçut un accueil critique et populaire triomphal. Après deux documentaires, la Via del petrolio (1966) et il Canale (1966), il dirige Pierre Clémenti dans un film d'avant-garde provocateur et surréaliste (Partner, 1968), travaille avec Julian Beck et le Living Theatre pour Agonia, son sketch dans le film collectif la Contestation (Amore e rabbia, 1969), et tourne pour la télévision la Stratégie de l'araignée (la Strategia del ragno, 1970), d'après Jorge Luis Borges. Il obtient son premier succès international avec une adaptation du roman d'Alberto Moravia, le Conformiste (il Conformista, 1971), qui raconte la trajectoire d'un homme tranquille qui épouse les théories du fascisme et y trouve un exutoire à ses pulsions. Le film est nominé pour les oscars dans la catégorie meilleur film étranger et permet à Jean-Louis Trintignant de se distinguer dans une composition impressionnante de vérité dramatique. Après un bref retour au documentaire (la Salute è malata et I poveri muoiono prima, 1971), il dirige Marlon Brando et Maria Schneider dans le Dernier Tango à Paris (Ultimo Tango a Parigi, 1972), film d'amour fou et de passion, aux lumières diffuses, qui vaut à Bertolucci des démêlés avec la justice de son pays. Le succès de scandale du film contribue pour beaucoup à la notoriété mondiale de son auteur et lui permet surtout de réaliser 1900 (Novecento, 1976), une fresque à très gros budget sur la montée du fascisme, avec une distribution éclatante (Robert De Niro, Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Burt Lancaster, Sterling Hayden, Laura Betti, Dominique Sanda). Mais le film est un terrible échec commercial. Il revient à un cinéma plus intime avec la Luna (1979), renouant ainsi avec le climat étrange, trouble, pathétique et poétique de ses premières oeuvres, puis dirige Ugo Tognazzi dans une fable pessimiste et grave, la Tragédie d'un homme ridicule (la Tragedia di un uomo ridicolo, 1981). Il s’essaie à nouveau au film historique, avec le très ambitieux et spectaculaire Dernier Empereur (The Last Emperor, l'Ultimo Imperatore, 1987), récompensé par neuf oscars à Hollywood, dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur coscénariste. Après cette superproduction, il reste à Hollywood et adapte le roman de Paul Bowles Un thé au Sahara (The Sheltering Sky, 1990), puis tourne à nouveau une fresque historique et philosophique avec Little Buddha (1993, filmé en partie à Bhaktapur, au Népal), avant de rentrer en Italie afin de réaliser Beauté volée (Stealing Beauty, 1996), puis le bouleversant Shanduraï (1998). Bertolucci a également été coscénariste d’Il était une fois dans l'Ouest (C'era una volta il west, 1968) de Sergio Leone. |
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Besson, Luc Luc Besson |
Né à Paris, Luc Besson débute comme stagiaire en France et à Hollywood, puis travaille comme assistant régisseur du réalisateur français Claude Faraldo. Alors qu’il n’a que 24 ans, il rencontre l'acteur Pierre Jolivet, avec qui il écrit, produit et réalise son premier long métrage : le Dernier Combat (1983), un film de science-fiction rigoureux et lyrique, tourné en CinémaScope et en noir et blanc. Deux hommes s'affrontent lors de championnats de plongée en apnée : l'Italien Enzo Molinari, un colosse barbu et dominateur, et le Français Jacques Mayol, un jeune homme rêveur et secret, qui ne vit que pour l'amour de la mer et l'amitié des dauphins. La qualité de la photographie et de la musique, et la poésie du scénario ont fait du troisième long-métrage de Luc Besson, présenté au festival de Cannes en 1988, l'un des plus grands succès du cinéma français de ces dix dernières années. Malgré les réticences de la critique, le cinéaste sut séduire et fidéliser une génération entière de spectateurs, comme en témoigne l'accueil extraordinaire réservé au Cinquième Élément en 1997. Dès son deuxième film, Subway (1985), la Gaumont lui attribue un budget confortable, ce qui lui permet de réunir de grandes vedettes françaises, notamment Isabelle Adjani, Christophe Lambert, Jean-Hugues Anglade, Richard Bohringer et Michel Galabru. L’action du film se déroule dans le métro parisien - qu’il décrit avec un onirisme savant -, dans des décors conçus par Alexandre Trauner; un soin extrême est apporté à la mise en scène et au «look» de ces personnages marginaux. Ce film, rythmé par une musique - à l’image de son réalisateur -, séduit surtout un public jeune, qui le sacralise trois années plus tard pour le Grand Bleu (1988), un film sur la magie des profondeurs marines, construit sur la base d’un concours de plongée en apnée entre deux amis d’enfance, avec en toile de fond une histoire d’amour. Besson signe deux montages de durées différentes qui remportent tous deux un succès immédiat. Le Grand Bleu révèle au public Jean Reno, acteur français fétiche de Besson qui l’accompagne depuis le Dernier Combat, et Jean-Marc Barr, dans un premier rôle. Le Grand Bleu, dont la bande originale est signée, comme à l’accoutumée dans les films de Besson, par Éric Serra, devient une oeuvre-culte pour toute une génération, malgré les sévères critiques de la profession. Besson tente de prolonger l'effet de mode du Grand Bleu en réalisant un documentaire subaquatique et musical, Atlantis (1991), qui n’obtient pas le succès escompté. Mais, entre-temps, Besson, dont la principale qualité est de flairer l’air du temps et de pressentir les modes, s'oriente vers un cinéma policier d'une grande violence avec Nikita (1990), un film qui réunit Anne Parillaud, Tcheky Karyo, Jean-Hugues Anglade et Jean Reno, autour d’un scénario peu crédible mais bien ficelé : au cours du cambriolage d’une pharmacie, une jeune fille droguée de 20 ans et ses amis se font surprendre par la police; il s’ensuit une fusillade sanglante au cours de laquelle la jeune fille abat un policier; condamnée à perpétuité, elle est placée dans un département particulier du gouvernement où un marché lui est proposé : la liberté, si elle accepte en contrepartie de devenir un agent secret chargé d’éliminer certaines personnes gênantes pour le gouvernement. À la suite du succès remporté par ce film, Besson signe un deuxième film du même genre, Léon (1994). Cette oeuvre, tournée à New York, oppose Jean Reno - dans le rôle d’un tueur à gages au coeur tendre, pris soudainement d’un sentiment paternaliste à l’égard d’une fillette (interprétée par Nathalie Portman) dont les parents ont été assassinés - à la star hollywoodienne Gary Oldman, un flic «ripoux». Ce film, assez violent, mais bien dans l’air du temps, l'impose comme un réalisateur de première importance dans le monde entier.
Jean-Marc Barr et Jean Réno dans le Grand Bleu (1988) de Luc Besson Il filme ensuite une superproduction sur un sujet de science-fiction : le Cinquième Élément (1997), avec Bruce Willis, Gary Oldman, Ian Holm et Milla Jovovich (un mannequin très en vogue) en vedettes. La bande originale est, comme à l’accoutumée, signée par Éric Serra, les décors sont inspirés des bandes dessinées de Moebius, et les costumes portent la griffe de Jean-Paul Gaultier. Sur la base d’un scénario très classique de fin du monde, que le héros parviendra in extremis à éviter, le film, truffé d’effets spéciaux, de romantisme et d’humour, exploite toutes les ficelles d’un bon film du genre. C’est un parfait succès commercial et international. Puis vient son dernier film, sorti en 1999, d’un tout autre genre : Jeanne d’Arc, avec l’ex-mannequin Milla Jovovich, John Malkovich et Faye Dunaway dans les rôles principaux. Besson a aussi été le producteur de Kamikaze (1986) de Didier Grousset, et de Taxi (1998) de Gérard Pirès. |
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Bilal, Enki Enki Bilal |
.Né à Belgrade, Bilal arrive très tôt en France, où il devient rapidement célèbre. Entré à vingt ans au journal Pilote, après des études de dessin, il rencontre, en 1975, le scénariste Pierre Christin, avec qui il compose plusieurs albums, qui mêlent fantastique et politique-fiction : la Croisière des oubliés (1975), le Vaisseau de Pierre (1976), la Ville qui n’existait pas (1977), les Phalanges de l’ordre noir (1979), Partie de chasse (1983). Reconnu comme l’un des meilleurs dessinateurs réalistes contemporains, il collabore au journal Métal hurlant, puis publie plusieurs albums qu’il écrit seul : la Femme piège (1986), Froid Équateur (1992), le Sommeil du monstre (1998), ou en collaboration : Un siècle d’amour (avec Dan Franck, 1999). Artiste polyvalent, Bilal exerce son talent sur d’autres supports : le cinéma - il participe, avec Alain Resnais, au film La vie est un roman (1982) et réalise seul le long métrage Bunker Palace Hôtel (1989) -, mais aussi la photo et l’illustration.
Pierre Christin et Enki Bilal,
Partie de chasse, 1983 |
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Blain, Gérard Gérard Blain |
Né à Paris, Gérard Blain obtient ses premiers rôles au cinéma dans les Fruits sauvages (1953) de Hervé Bromberger, Avant le déluge (1954) d’André Cayatte, Voici le temps des assassins (1956) de Julien Duvivier, Crime et Châtiment (1956) de Georges Lampin et les Jeunes Maris (Giovani Mariti, 1957) de Mauro Bolognini. François Truffaut le dirige ensuite dans son premier film, les Mistons (1958), et Claude Chabrol en fait une vedette, aux côtés de Jean-Claude Brialy, dans le Beau Serge (1958), film phare de la Nouvelle Vague, et dans les Cousins (1958). En Italie, Carlo Lizzani lui donne les premiers rôles dans le Bossu de Rome (Il Gobbo, 1960) et de Traqués par la Gestapo (l’Oro di Roma, 1961). Il joue également dans la Rue des amours faciles (Via Margutta, 1960) de Mario Camerini, et dans les Dauphins (i Delfini, 1960) de Francesco Maselli. Faisant un bref passage à Hollywood, il apparaît également dans Hatari ! (1962) de Howard Hawks. Il tourne encore dans Un homme de trop (1966) de Costa-Gavras, Joe Caligula (1967) de José Bénazéraf, l’Ami américain (Der Amerikanische Freunde, 1976) de Wim Wenders, la Machine (1977) de Paul Vecchiali et la Flambeuse (1980) de Rachel Weinberg. Parallèlement à sa carrière d’acteur, il passe à la réalisation avec les Amis (1971) - léopard d’or au Festival de Locarno -, qui présente tous les thèmes que son cinéma ne cessera d’aborder : l’enfance, la famille, l’argent, l’arrivisme et la marginalité. Réalisés avec une grande économie de moyens, ses films se détournent du spectacle ou de la psychologie pour porter un regard plus direct sur le monde. Cette recherche intransigeante anime le Pélican (1974), fable pessimiste sur l’amour d’un homme pour son fils, et Un enfant dans la foule (1976), film en grande partie autobiographique sur le trajet chaotique d’un enfant pendant l’Occupation. Après Un second souffle (1978) et le Rebelle (1980), Blain réalise un portrait télévisé de Michel Tournier en 1983. Il travaille encore pour la télévision en adaptant la Fortune de Gaspard (1992), d’après un récit de la comtesse de Ségur. Décrivant l’idylle dramatique d’un adolescent français et d’une jeune Maghrébine, Gérard Blain s’attire avec Pierre et Djemila (1987) les foudres de certains critiques, qui le taxent de racisme. Par la suite, Jusqu’au bout de la nuit (1995), sur le thème de la vengeance, exalte la marginalité et le refus du capitalisme. Comme le démontre la vive polémique provoquée au festival de Locarno par son récent Ainsi soit-il (1999), le temps ne semble pas avoir estompé les refus désespérés qui animent l’oeuvre de Gérard Blain. |
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Blasetti, Alessandro Alessandro Blasetti |
Alessandro Blasetti est né à Rome. D’abord critique, il passa à la réalisation en 1928 avec Sole, qui obtint un vrai succès public et lui ouvrit les portes de la puissante société Cines. Sa carrière se poursuivit sous le régime fasciste, dont il fut, avec Mario Camerini, le meilleur cinéaste. À la différence du nazisme, le fascisme italien n’a pas tenté de faire du cinéma de fiction un instrument de propagande, ce qui n’a pas préservé Blasetti de faire avec Vecchia guardia (1935) l’un des rares films consacrés à la prise de pouvoir par Mussolini. Après Sole, il réalisa jusqu’en 1942 une dizaine de films, dont Terra madre (1930), 1860 (1933), qui relate l’épopée de Garibaldi en Sicile, Retroscena (1939) et la Couronne de fer (la Corona di ferro, 1941). Quatre pas dans les nuages (Quattro passi fra le nuvole, 1942) le fit connaître à l’étranger et inaugura la deuxième partie de sa carrière, qui le situe en mineur dans le courant néoréaliste naissant. Après Un jour dans la vie (Un giorno nella vita, 1946), il tourna une série de films à sketches à succès, notamment Heureuse époque (Altri tempi, 1952) et Quelques pas dans la vie (Tempi nostri, 1954) et lança le couple Sophia Loren-Marcello Mastroianni, appelé à devenir célèbre, avec Dommage que tu sois une canaille (Peccato che sia una canaglia, 1955) et avec la Chance d’être femme (la Fortuna di essere donna, 1955). Il réalisa en 1966 un film autobiographique, Moi, moi, moi ... et les autres (Io, io, io ... e gli altri), bilan distancié d’une carrière déjà longue, et manière d’en apprécier l’unité. Durant ses dernières années, il se consacra exclusivement à la télévision. |
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Blier, Bertrand Bertrand Blier |
Né à Boulogne-Billancourt, fils du comédien Bernard Blier, Bertrand Blier débute comme assistant-réalisateur de Christian-Jaque. Son premier long métrage, Hitler, connais pas! (1962), film-enquête sur la jeunesse française, à l’esprit délibérément provocateur, est suivi cinq ans plus tard d’un échec dans le film de fiction : Si j’étais un espion (1967). Il se consacre alors à l’écriture, ne revenant à la réalisation qu’en 1974, avec les Valseuses, adapté de son propre roman paru deux ans plus tôt. Joyeux, insolite et iconoclaste, le film marque un tournant dans la production cinématographique française. Volontiers subversif, parfois cynique - voire misogyne -, Bertrand Blier pratique également l’humour noir avec talent (Buffet froid, 1979).
Blier, les Valseuses Moraliste attaché à la fonction des dialogues et de l’interprétation, mais peu soucieux de naturalisme, il abandonne peu à peu le ton de la comédie qui caractérise ses premières réalisations (Préparez vos mouchoirs, avec Carole Laure, 1978; la Femme de mon pote, avec Coluche, 1983) pour un ton plus grave (Beau-Père, 1981; Merci la vie, 1991; Un deux trois soleil, 1993), souvent grinçant (Notre histoire, avec Alain Delon, 1984; Tenue de soirée, 1986; Trop belle pour toi, 1988) et de plus en plus désabusé (Mon homme, 1996). |
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Bogdanovich, Peter Peter Bogdanovich |
Né à Kingston (État de New York), il suit des cours de théâtre, se fait reconnaître dans les milieux du théâtre «off Broadway», avant de devenir critique cinématographique au magazine Esquire. Ayant acquis un véritable savoir encyclopédique sur l’histoire du cinéma, il consacre plusieurs monographies à des réalisateurs comme Howard Hawks, John Ford (il signera en 1971 un documentaire intitulé Directed by John Ford) ou Fritz Lang.
Timothy Bottons et Cybill
Shepherd dans la Dernière Séance (The Last Picture Show, 1971) de
Peter Bogdanovich. En 1966, Bogdanovich assistera anonymement (son nom n’apparaît pas au générique) Roger Corman pour le film les Anges sauvages (Wild Angels, 1966, avec Peter Fonda et Nancy Sinatra). Son premier film, la Cible (Targets, 1968), est une analyse brillante du culte américain de la violence, qui offre à un Boris Karloff vieillissant son dernier grand rôle. Ces débuts prometteurs trouvent leur aboutissement avec la Dernière Séance (The Last Picture Show, 1971, film récompensé par deux oscars), célébration élégiaque d’une petite ville du Texas dans les années cinquante. On s’fait la valise, Docteur? (What’s Up Doc?, 1972) parodie les conventions de la comédie loufoque des années trente, tandis que la Barbe à papa (Paper Moon, 1973) est une comédie sentimentale sur fond de récession économique. Daisy Miller, une adaptation de Henry James (1974), et un pastiche de comédie musicale, Enfin l’amour (At Long Last Love, 1975) sont des échecs commerciaux qui entraveront durablement la carrière du cinéaste. Celui-ci ne tournera plus qu’épisodiquement : Jack le Magnifique (Saint Jack, 1979), Texasville (1990), suite décevante de la Dernière Séance, ou encore Noises Off (1992). |
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Boisset, Yves Yves Boisset |
Né à Paris, Yves Boisset est diplômé de l’Idhec (actuelle Femis). Admirateur des films noirs hollywoodiens, assistant de René Clément, de Robert Hossein, d’Yves Ciampi et de Claude Sautet, il se signala dans le paysage cinématographique français par une double filiation avouée; on peut en effet dire de la quasi-totalité de ses films ce qu’il écrivait lui-même à propos d’Un condé, qu’il tourna en 1970 : «Il s’agit d’un film américain imbriqué dans la réalité française.» Son style nerveux et efficace, qu’il doit en partie à la fréquentation assidue du cinéma américain de grande tradition, convient bien à ses intrigues policières, de même qu’à son approche quelque peu manichéenne du politique et du social. Il fut cependant l’un des rares cinéastes français à avoir abordé de front quelques événements de l’actualité française généralement escamotés à l’écran : l’affaire Ben Barka (l’Attentat, avec Jean-Louis Trintignant, 1972); la guerre d’Algérie (R.A.S., avec Jacques Spiesser, 1973); le racisme ordinaire (Dupont-Lajoie, avec Jean Carmet, 1975); l’indépendance de la magistrature (le Juge Fayard, dit «le Shérif», avec Patrick Dewaere, 1977); le monde enseignant (la Clé sur la porte, avec Annie Girardot, 1978); la police (la Femme flic, avec Miou-Miou, 1980); les écoles d’enfants de troupe (Allons z’enfants, avec Lucas Belvaux, 1981). Sans abandonner le terrain de l’actualité, il travaille régulièrement pour la télévision (l’Affaire Dreyfus, 1995) et se consacre depuis Folle à tuer (d’après le roman de Jean-Patrick Manchette, 1975) à des intrigues bien ficelées, convenant à ses talents de conteur qui privilégie le comportement sur l’analyse (Un taxi mauve, d’après Michel Déon, 1977; Enquête réservée, 1995). |
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Bolognini, Mauro Mauro Bolognini |
Né à Pistoia, en Toscane, Mauro Bolognini entreprit des études d’architecture avant de se diriger vers le cinéma. Assistant de Luigio Zampa, puis de Jean Delannoy, il dirigea la jeune Sophia Loren dans son premier rôle important, Ci troviamo in galleria (1953), qui est aussi sa première réalisation. Ses films les plus connus sont les Jeunes Maris (Giovani mariti, 1958), les Garçons (la Notte brava, 1959), le Bel Antonio (il Bell’ Antonio, avec Marcello Mastroianni et Claudia Cardinale, 1960), Mademoiselle de Maupin (Madamigella di Maupin, 1966). Il participa à de nombreux films à sketches, spécialité italienne des années 1960 (les Poupées / Le bambole, 1965 ; les Ogresses / Le fate, 1966 ; Capriccio all’italiana, 1968) et sut s’attacher les services du grand directeur de la photographie Ennio Guarnieri, notamment pour Arabella (1967), pour Metello (1970), pour Vertiges (Per le antiche scale, 1975), pour l’Héritage (L’eredita Ferramonti, avec Dominique Sanda et Anthony Quinn, 1976) ou pour la Dame aux camélias (1980, tourné en France avec Isabelle Huppert et Gian-Maria Volontè). |
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Bondartchouk, Sergueï Fedorovitch Serge Bondartchouk |
Né en Ukraine, spécialiste des interprétations dramatiques et, en tant que réalisateur, de grandes fresques historiques dont la plus importante est Guerre et paix (Vojna i mir, en quatre épisodes, 1966-1967). C'est en incarnant des personnages historiques et des rôles du répertoire qu'il s'est rendu célèbre : Tarass Chevtchenko, de Savcenko (1951) ou Othello, de Youtkevitch (1956). Il passa à la réalisation en 1959 en adaptant un roman de Cholokhov et devint une sorte d'artiste officiel. Son classicisme parfois tempéré d'un certain lyrisme plastique s'est illustré sur le tard dans Boris Godounov (1985). Dans l'intervalle, il alterna la réalisation de films et l'interprétation de nombreux rôles à l'écran, notamment dans Oncle Vania, de Mikhalkov-Kontchalovski (Djadja Vanja, 1971), sans doute son interprétation la plus nuancée. Acteur et réalisateur soviétique, Serge Bondartchouk fut l’élève de Maximov à l’école de théâtre de Rostov, où il fut initié au système de Stanislavski; il poursuivit ses études à Moscou, où il fut l’élève de Guerassimov. Il débute comme acteur dans le rôle de Valko de La Jeune Garde (Molodaïa Gvardiïa, 1948, de S. Guerassimov), puis il joue dans Le Chevalier à l’étoile d’or (Kavaler zolotoï zvezdï, 1951, de Y. Raizman), mais c’est surtout le rôle titulaire de Tarass Chevtchenko (d’Igor Savtchenko, 1951) qui le fera connaître dans son pays. La direction de Savtchenko l’initie à la mise en scène. Mais l’Occident commence à le connaître comme acteur, en 1956, dans Le Roman inachevé (Neokontchennaïa povest, 1955, de F. Ermler), dans le rôle de Dymov de La Cigale (Poprygounia, 1955, de Samsonov), d’après Tchekhov. Il est ensuite l’excellent Othello (1956, de S. Youtkevitch), avec Irana Skobtseva, sa future femme, en Desdémone. En 1959, il passe de l’autre côté de la caméra tout en restant interprète. C’est Le Destin d’un homme (Sudba Tcheloveka), d’après un récit de Mikhaïl Cholokhov, bouleversant (peut-être trop), qui narre les épreuves atroces d’un prisonnier soviétique de la dernière guerre et son retour au pays où il ne trouve plus que ruines et vide. Il réapparaît comme acteur dans le rôle du nouveau père de Serioja (de Daniela et I. Talankine, 1960), et dans celui du prisonnier russe dans Les Évadés de la nuit (Era notte a Roma, 1960, de Rossellini). Hanté par le thème de l’homme et la guerre, et admirateur passionné de Tolstoï, il s’attache maintenant à l’épopée napoléonienne : deux ans de préparation, quatre années de tournage pour Guerre et Paix (Voïna i Mir) en deux longs épisodes (1963 et 1967), où il joue lui-même le rôle de Pierre Bezoukhov. Puis, séduit par l’idée de suivre jusqu’au bout le destin de Napoléon, il réalise pour Dino De Laurentiis un monumental Waterloo (1970) avec Rod Steiger en Napoléon (coproduction italo-soviétique avec apports américains !). Il dirige, en 1975, Ils ont combattu pour la patrie, film assez conformiste inspiré de Cholokhov, et, en 1982-1983, un diptyque : Les Cloches rouges, d’après John Reed. Il est entre temps revenu à l’interprétation, notamment dans Oncle Vania (Diadia Vania, 1972, d’Andreï Mikhalkov-Kontchalovski). Jusqu’à ce jour, Bondartchouk a surtout brillé comme comédien bien que ce soit son oeuvre entière, et surtout le monumental Guerre et Paix, qui lui ait valu d’être nommé chevalier de l’ordre des Arts et de la Littérature d’U.R.S.S., Artiste du peuple, prix Lénine, etc. Il n’est donc pas surprenant qu’il prenne comme point de départ de ses réalisations l’art du comédien, à qui il incombe de créer un caractère humain. «La genèse du personnage doit s’accomplir aussi naturellement que le développement de la plante à partir de la graine». Quant à son thème fondamental en tant qu’auteur, «l’ordre de relations entre le destin de l’homme et celui du peuple, le comportement des individus vu à travers le prisme d’immenses événements historiques», il apparaît dans tous ses films, mais dans les grandes fresques napoléoniennes, l’immensité des moyens, le raffinement de la mise en scène, le classicisme du langage (son académisme peut-être) dissimulent un peu l’inspiration généreuse. |
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Boorman, John John Boorman |
Cas unique parmi les réalisateurs britanniques, Boorman a été capable de passer sans difficulté de films d'action construits avec précision comme le Point de non-retour (Point Blank, 1967) et Délivrance (Deliverance, 1972) à des drames psychologiques comme la Guerre à sept ans (Hope and Glory, 1987), reconstitution romantique de son enfance durant la Seconde Guerre mondiale. Technicien de talent, Boorman suggère, plutôt qu'il ne montre, que le passé avait des qualités qu'il faudrait préserver, et que les êtres humains sont liés par un ensemble de valeurs fondamentales qu'il est indispensable de reconnaître. Son oeuvre, souvent allégorique, effleure les mondes magiques du passé pleins de leçons pour le présent. Les débuts de Boorman, notamment comme responsable de l'unité de cinéma documentaire de la BBC à Bristol, lui apportèrent sa première opportunité de long métrage, Sauve qui peut (Catch Us if you Can, 1965), qui mettait en scène le Dave Clark Five, un groupe de musique pop. Comme dans beaucoup de ses films, il montre qu'il est impossible d'éviter la commercialisation des valeurs humaines; lorsque le héros et l'héroïne s'échappent vers une île au large de la côte anglaise, ils s'aperçoivent qu'elle n'est isolée de la terre ferme qu'à marée haute. Toutes les victoires humaines des films de Boorman sont provisoires, et le système gagne inévitablement. Duel dans le Pacifique (Hell in the Pacific, 1968), dans lequel un pilote américain (Lee Marvin) et un officier de marine japonais (Mifune Toshiro) se retrouvent seuls face à face sur une île du Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale, met en scène deux «ennemis» découvrant qu'ils ont les mêmes valeurs humaines; Zardoz (1974) explore avec anxiété un futur potentiel dans lequel les êtres humains ont perdu la faculté d'orienter la technologie vers des fins humaines; Excalibur (1981), tourné en Irlande, est une envoûtante adaptation de la légende du roi Arthur, qui joue avec des mystères situés par-delà le langage et l'imagination; la Forêt d'émeraude (The Emerald Forest, 1985), située autour du Xingu, au Brésil, parmi le «peuple invisible», suggère que ses tribus indiennes font preuve d'une maturité et d'une sensibilité spirituelles que la civilisation capitaliste occidentale a abandonnées en faveur des fausses idoles du «progrès». Le livre de Boorman, Money Into Light : The Emerald Forest a Diary (1985), constitue un témoignage révélateur de la façon dont il négocie la route semée d'embûches d'un réalisateur engagé, dans une industrie aux valeurs essentiellement commerciales. Ses cinq nominations aux oscars (deux pour Deliverance et trois pour Hope and Glory), ainsi que les cinq distinctions techniques qui ont récompensé ses films, montrent bien le conflit entre argent et conscience, toujours un problème de fond pour Hollywood. Tout pour réussir (Where the Heart Is, 1990), retour aux préoccupations de Leo le dernier (Leo the Last, 1970), montre Boorman toujours préoccupé de ses conceptions premières, mais plus irrésistible encore par l'étendue de ses dons de narrateur. |
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Borowczyk, Walerian Walerian Borowczyk |
Né à Kwilcz, Walerian Borowczyk fait ses études à l'école des beaux-arts de Cracovie et se spécialise dans la lithographie. Il reçoit à ce titre le prix national de Pologne en 1953. Il crée ensuite des affiches pour le cinéma et réalise avec Jan Lenica des films d'animation très originaux, Il était une fois (Byl sobie, 1957), les Sentiments récompensés (Nagrodzone Uczucie, 1957) et Une maison (Dom, 1958). Mais la carrière de Borowczyk se déroule désormais en Europe occidentale. A Kwilcz, il étudie la peinture à l’Académie des beaux-arts de Cracovie (1946-1951) et pratique quelque temps cet art dont il reconnaît l’influence sur son activité ultérieure. Après avoir réalisé l'École (Szkola, 1959), il s'installe en France pour réaliser les Astronautes (1959), le Dernier Voyage de Gulliver (1960), des films publicitaires et éducatifs, puis Renaissance (1964), le Jeu des anges (1964) et le Théâtre de Monsieur et Madame Kabal (1967). Quittant l'animation, il réalise alors Goto, l'île d'amour (1969), une métaphore surréaliste influencée par Frank Kafka et Blanche (1972), puis deux oeuvres où l'érotisme et l'insolite sont servis par une esthétique très élaborée, les Contes immoraux (1974) et la Bête (1975). Il revient brièvement en Pologne pour réaliser Histoire d'un péché (Dzieje grzech, 1975), regagne la France où il signe la Marge (1976, d’après André Pieyre de Mandiargues), avec Sylvia Krystel en vedette, part tourner en Italie Intérieur d'un couvent (Interno di un convento, 1978) et signe les Héroïnes du mal et le sketch l'Armoire (d'après Guy de Maupassant) dans Collections privées (1979). Il adapte ensuite Franz Wedekind avec Lulu (1980) et plonge enfin dans le fantastique avec le Docteur Jekyll et les femmes (1981). Il a également réalisé l'Art d'aimer (1983), Emmanuelle 5 (1986) et Cérémonie d'amour (1988). Dès 1947, Borowczyk réalise des dessins animés de très courte durée (de quinze secondes à deux minutes), activité qu’il poursuivra jusque vers 1965. Il tourne aussi des courts métrages à personnages réels ainsi que des dessins animés de longueur normale (de six à seize minutes) dont beaucoup empruntent aux pratiques surréalisantes du collage, de l’introduction de photographies dans le dessin ou du mouvement fragmenté (Les Astronautes, 1959) : la collaboration à ces films de Jan Lenica pose des problèmes d’attribution non résolus. Après son installation en France, «Boro» (comme on l’appelle familièrement) signe le meilleur peut-être de ses films, le plus saisissant en tout cas : Les Jeux des anges (1964). Il réalise en outre des films publicitaires où son goût de l’objet précisément situé et des rapprochements incongrus trouve encore à s’exercer. Enfin, il crée les silhouettes satiriques de M. Kabal et de sa redoutable épouse à tête de vautour, images d’une humanité réduite à de grinçants réflexes. Il leur consacrera un long métrage où l’écran, d’abord voué à la seule linéarité du noir sur blanc, est peu à peu envahi par les divers procédés d’assemblage et de métamorphose chers au cinéaste : Théâtre de M. et Mme Kabal (1967). Entre-temps, «Boro» dévoile ses capacités dramatiques dans une brève adaptation de Guy de Maupassant, Rosalie (1966), où la minutie objective et la rareté savante des mouvements d’appareil servent le talent de Ligia Branice. L’attention quasi fétichiste que le cinéaste porte aux ustensiles, machines et boîtes (dans un climat anachronique) se retrouve dans Goto, l’île d’amour (1968), allégorie de l’amour fou dans un univers concentrationnaire irréel (mais dont tous les détails sont d’origine réaliste). Les aléas même de la réalisation ont offert au metteur en scène l’occasion d’un travail rigoureux, qui met en valeur de brusques flambées de lyrisme. Les mêmes qualités se retrouvent dans Blanche (1973), fable médiévale, mais l’ensemble est plus hésitant. La carrière de Borowczyk oblique alors vers le cinéma érotique avec plusieurs adaptations, de Mandiargues notamment, extrêmement soignées, mais quelque peu impersonnelles (Contes immoraux, 1974; La Bête, 1975; La Marge, 1977). Il y a plus de verdeur et un certain retour à la description «matérialiste», quasi obsessionnelle, du cadre de vie, dans Intérieur d’un couvent (1978), qui doit peu à son prétexte littéraire (Stendhal) et beaucoup à son tournage en Italie. Mais le choix exclusif du registre érotico-esthétique fait bientôt sombrer «Boro» dans la plus consternante facilité (Lulu, 1980; Cérémonie d’amour, 1988). |
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Borzage, Frank Frank Borzage |
Né à Salt Lake City, dans l'Utah, Frank Borzage se tourna vers le théâtre avant d'aborder la réalisation cinématographique. Il débuta comme acteur en Californie dès 1912 et réalisa ses premiers westerns à partir de 1916 (The Code of Honor, 1916). Son premier film important, Humoresque (1920), fut remarqué par la finesse de son analyse psychologique. Bien que tenté par le mélodrame, il manifesta un grand souci des références sociales, ses intrigues se déroulant généralement dans les milieux marginaux et déshérités : l'Heure suprême (Seventh Heaven, 1927), l'Ange de la rue (Street Angel, 1928), la Femme au corbeau (The River, 1929), Liliom (1930), Ceux de la zone (Man's Castle, 1933). La plupart des films de la première partie de sa carrière mêle aux aspects idéalisés de leurs personnages une étrange et très personnelle religiosité qui rencontrera un cadre de plus en plus réaliste. Malgré un relatif déclin à partir de 1935, il réalisa encore d'étonnants mélodrames comme l'Ensorceleuse (The Shining Hour, 1938), des comédies sophistiquées comme Désir, avec Marlène Dietrich (Desire, 1936) et, après une certaine éclipse, un film noir réputé intitulé le Fils du pendu (Moonrise, 1948). |
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Branagh, Kenneth Kenneth Branagh |
Né à Belfast (Irlande du Nord), Kenneth Branagh suit les cours de l’Académie royale d’art dramatique jusqu’en 1981. Il est récompensé par le prix du «jeune espoir» pour sa performance dans une pièce de Julian Mitchell, Another Country («Un autre pays»), au Queen’s Theatre de Londres. En 1984, il rejoint la prestigieuse Royal Shakespeare Company, au sein de laquelle il interprète Henri V et, en 1992, Hamlet de Shakespeare. Pour son premier long-métrage, l'acteur et metteur en scène de théâtre Kenneth Branagh choisit une pièce de Shakespeare, déjà portée à l'écran par Laurence Oliver en 1944. Il y fit montre d'un talent certain, alternant scènes héroïques (la reconstitution de la bataille d'Azincourt) et portraits psychologiques. Il signa par la suite deux nouvelles adaptations du dramaturge anglais, Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing, 1993) et Hamlet (1997).
Brannagh, Henry V En 1985, il monte sa première pièce, Tell me Honestly («Dis-moi franchement»), et, l’année suivante, Roméo et Juliette. Avec la Renaissance Theatre Company, qu’il fonde en 1987, il présente Public Enemy («Ennemi public») ainsi que de nombreuses oeuvres de Shakespeare, son auteur de prédilection. Le public international le découvre en 1989 grâce à son adaptation cinématographique d’Henri V, dont il est à la fois le réalisateur et l’acteur principal. Dès lors, il tourne pour le cinéma, avec la comédienne Emma Thompson, sa femme, des adaptations de pièces de Shakespeare (notamment Beaucoup de bruit pour rien, en 1993), mais aussi des comédies graves et tendres comme Peter’s Friends (1992). Il a également réalisé en 1994 une adaptation fidèle et soignée du Frankenstein de Mary Shelley. |
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Brault, Michel Michel Brault |
Reconnu pour sa maîtrise de la prise de vue et de la photographie, il se fait remarquer comme un des maîtres du cinéma direct. Après quelques années de collaboration avec le cinéaste français Jean Rouch, il s’associe à Pierre Perrault pour réaliser trois longs métrages : Pour la suite du monde (1963), Un pays sans bon sens (1970) et l’Acadie... l’Acadie (1971). Il tourne aussi plusieurs films personnels dont les plus connus sont Entre la mer et l’eau douce (1967) et les Ordres (1974), film qui remporte le prix de la mise en scène du festival du film de Cannes en 1975. De 1976 à 1980, il réalise avec André Gladu la série le Son des Français d’Amérique. Extrêmement polyvalent, il collabore à divers titres avec plusieurs cinéastes québécois dont Claude Jutra, Anne-Claire Poirier et Francis Mankiewicz. Un |