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Wajda, Andrzej
Andrzej Wajda |
Wajda est né à SuwaLski. En 1942, il prend part à la Résistance, dans l’organisation dirigée par le gouvernement provisoire de Londres. Il poursuit ses études à la Libération et sort, en 1952, de l’école de cinéma de lódz. Il réalise en 1954 son premier long-métrage, Une fille a parlé; si ce film est déjà remarqué par la critique pour la violence et la beauté de ses images, qui évoquent Buñuel (Wajda le reconnaît explicitement comme un de ses maîtres), c’est en 1957, avec Canal, qu’il conquiert vraiment une audience internationale. Après avoir exercé divers petits métiers, Andrzej Wajda s’engagea dès l’âge de seize ans dans la Résistance et combattit contre les nazis qui occupaient la Pologne. Il étudia ensuite la peinture à l’Académie des beaux-arts de Cracovie et le cinéma à l’école de Lodz. Son oeuvre, depuis lors, s’est poursuivie jusqu’à la consécration actuelle. Il y a, chez lui, une volonté farouche de rester enraciné dans sa terre, dans sa patrie. De fait, ses meilleurs films sont ceux qui traitent la réalité concrète de l’histoire de la Pologne. Non que certains films réalisés pour la télévision, comme Le Bois de bouleaux, drame très tchékhovien (1970), ou La Ligne d’ombre, tourné hors de Pologne, d’après Conrad (1975), soient indifférents. Mais l’oeuvre de Wajda, c’est avant tout la Pologne : d’abord, l’histoire de la prise de conscience d’un jeune ouvrier, qui découvre à la fois l’amour, la Résistance, le communisme, le patriotisme (Une fille a parlé); puis, successivement, la tragique odyssée de la révolte de Varsovie (l’armée soviétique, par sa passivité, laissa alors la Wehrmacht écraser la révolte) dans Canal; les conflits, après la chute du nazisme, entre le nouveau régime communiste et ce qui restait de guérilleros désespérés, les résistants naguère commandés de Londres, aussi anticommunistes qu’antinazis, prêts à tous les sabotages, tous les attentats (Cendres et Diamants, 1958); la guerre antiallemande de 1939, absurde et magnifique, avec ses charges à cheval (Lotna, 1959). Il faut ici ouvrir une parenthèse : la vie polonaise fut alors marquée, sur le plan culturel, par la présence d’un acteur étonnant, qui eut la même aura que Gérard Philipe en France : Zbigniew Cybulski. Inoubliable au théâtre comme au cinéma, Cybulski composa notamment, dans Cendres et Diamants, le personnage du rebelle; la séquence finale de sa mort inspira largement la scène analogue de la mort de Belmondo dans Pierrot le Fou, de Jean-Luc Godard. Après la mort brutale et accidentelle de Cybulski, Wajda lui consacra un film déchirant en 1968 : Tout est à vendre. Paysage après la bataille (1970) se déroule au moment où s’ouvrent les camps de concentration allemands. Les Noces (1972) met en scène un classique du théâtre polonais, une folle nuit de révolte nationale à une époque où la Pologne n’existait plus géographiquement, à mi-chemin entre le panache gratuit et le rêve total. La Terre de la grande promesse (1974) dépeint les luttes sans merci que se livrent les capitalistes, au début de l’industrialisation. L’Homme de marbre (1976) attendit deux ans pour sortir : il s’agissait en effet du sujet le plus brûlant possible de l’histoire de la Pologne. Cet «homme de marbre» est un stakhanoviste, un travailleur de choc, magnifié en 1950, dans la plus pure tradition stalinienne. En 1976, une étudiante veut réaliser son «film de diplôme» de l’École de cinéma et choisit la biographie de cet homme. Elle est amenée, dans ses recherches, à remuer les cendres d’une époque que bien des Polonais préfèrent alors occulter. L’énorme succès du film en Pologne, le fait que le film ait eu les autorisations nécessaires pour être tourné, puis projeté, même avec des réticences, représentèrent des éléments profondément positifs pour l’évolution de la vie intellectuelle et artistique en Pologne. Depuis Les Noces, le style d’Andrzej Wajda a pris un tournant marqué. Le cinéaste adopte de plus en plus systématiquement les objectifs à courte focale; il s’agit d’objectifs qui embrassent un champ plus large que la vision normale de l’oeil humain. L’usage de cet objectif, lorsque la caméra effectue des mouvements rapides, amène parfois des distorsions désagréables, dans La Terre de la grande promesse notamment; la maîtrise du procédé, par contre, est éclatante dans L’Homme de marbre. Depuis L’Homme de marbre - et mis à part Les Demoiselles de Wilko (1978), film dans lequel il retrouve le ton intimiste du Bois de bouleaux -, Wajda a réalisé d’autres films sur la Pologne d’aujourd’hui : Sans anesthésie (1977), Le Chef d’orchestre (1979) et, surtout, L’Homme de fer (palme d’or à Cannes en 1981). À travers l’histoire du fils du héros de L’Homme de marbre, Wajda montre la Pologne de 1980, les émeutes de Gdansk de 1970 à 1980 et la naissance du syndicat Solidarité. Lech WaLesa y interprète son propre rôle. Si le film intéresse par son aspect documentaire, il est moins satisfaisant du point de vue artistique, l’amalgame se faisant mal entre les scènes narratives et les bandes d’actualité que Wajda a intégrées au montage. Son Danton, tourné en France en 1982, n’échappe pas, lui non plus, à une certaine lourdeur théâtrale. Un amour en Allemagne (1983) et Chroniques des événements amoureux (1986) poursuivent l’évocation de la mémoire polonaise. Wajda a également réalisé Les Possédés, d’après Dostoïevski (1987). L'oeuvre du cinéaste polonais le plus connu en dehors de son pays est toute entière vouée à l'histoire de la Pologne, parcourue à toutes ses époques. Dès son premier long métrage, Génération (1955), qui marque un tournant dans le cinéma polonais d'après-guerre, il prend le titre de chef de file de « l'école polonaise». Au carrefour d'une conception traditionnelle et d'une inspiration romantique et existentielle, Wajda a été de tous les combats : de Cendres et Diamants (1958) jusqu'à l'Homme de marbre (1977), il n'a cessé de critiquer les dogmes du réalisme-socialiste, les mécanismes du pouvoir stalinien ou les démêlés du peuple polonais avec l'antisémitisme. Le premier film de Wajda s’intitulait Une fille a parlé (Pokolenie, 1955) ; il fut suivi de Ils aimaient la vie (Kanal, 1957) et de Cendres et Diamants (Popiol i Diament, 1958). Cette trilogie décrivait les espoirs et les tensions régnant au sein de la Pologne après la Seconde Guerre mondiale. Dans Cendres et Diamants, Zbigniew Cybulski, jeune acteur fétiche de Wajda, incarnait les passions d’une nouvelle génération partagée entre ses propres rêves et le culte nationaliste de l’héroïsme. Dans la Dernière Charge (Lotna, 1959) et Paysage après la bataille (Krajobraz po bitwie, 1970), Wajda, qui dans la plupart de ses oeuvres posa les problèmes d’ordre moral soulevés par le conflit entre le choix individuel et l’action politique, revint aux thèmes de la guerre et du mythe absurde de l’héroïsme. Tout est à vendre (Everything for Sale, 1968) rendit quant à lui hommage au jeune Cybulski, qui se tua dans un accident en 1967. Considéré comme le plus grand réalisateur polonais de sa génération, Wajda fut nommé en 1972 président de l’Union des cinéastes polonais. En 1975, il réalisa une de ses oeuvres maîtresses : la Terre de la grande promesse (Ziema Obiecana). Au cours des années soixante-dix et quatre-vingt, l’Homme de marbre (Czlowiek z Marmur, 1977) dénonça les méthodes employées durant la période stalinienne, tandis que l’Homme de fer (Cziowiek z Zelaza, 1981) traitait de l’agitation politique qui devenait de plus en plus importante en Pologne ainsi que de la montée du mouvement Solidarité. Wajda réalisa également des films à l’étranger, notamment Danton en 1982. |
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Walsh, Raoul Raoul Walsh |
Né à New York, Raoul Walsh est d'origine irlandaise. Après une jeunesse aventureuse passée en Europe, il devient comédien de théâtre, puis travaille pour David W. Griffith qui l'envoie au Mexique tourner des séquences documentaires pour The Life of General Villa (1914), cosigné avec Christy Cabanne, sur les exploits du révolutionnaire Pancho Villa. Pour Griffith encore, il interprète le rôle de l'assassin d’Abraham Lincoln dans Naissance d'une nation (Birth of a Nation, 1915). À L’ÉPOQUE DU MUET Walsh a réalisé une cinquantaine de films muets entre 1914 et 1929. Également scénariste ou acteur de plusieurs d'entre eux, il fait preuve d’un sens artistique très sûr et contribue à la fondation du film noir avec The Regeneration (1915). Son féerique Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad, 1924) avec Douglas Fairbanks remporte un immense succès et compte parmi les grands classiques du cinéma muet. Désormais influent et respecté à Hollywood, il dirige les stars de l'époque, Pola Negri dans East of Suez (1925), Lionel Barrymore dans The Lucky Lady (1926) et Gloria Swanson dans Faiblesse humaine (Sadie Thompson, 1928), d'après Rain, une oeuvre de Somerset Maugham. Il obtient également un grand succès avec Au service de la gloire (What Price Glory, 1926).
Walsh, le Voleur de Bagdad LES ANNÉES TRENTE Walsh s’adapte sans difficulté au film parlant. Amoureux de Shakespeare et boulimique de travail, il tourne jusqu'à cinq films par an, passant avec aisance d'un genre à l'autre et donnant à chaque fois une touche personnelle aux oeuvres les plus diverses. De 1929 à 1939, il réalise vingt-quatre films :
LES ANNÉES QUARANTE Walsh retrouve d'abord John Wayne pour un western, l'Escadron noir (The Dark Command, 1940), puis participe à la construction du «mythe» Humphrey Bogart avec Une femme dangereuse (They Drive by Night, 1940) et la Grande Évasion (High Sierra, 1941). Il tourne ensuite une comédie romantique avec Olivia de Havilland et James Cagney, Strawberry Blonde (1941), considéré comme un de ses chefs-d’oeuvre, où il décrit la vie sentimentale de personnages ordinaires avec une grande finesse. Il réalise également un mélodrame avec Marlène Dietrich l'Entraîneuse fatale (1941) et un film d'espionnage avec George Raft, Intrigue en Orient (Background To Danger, 1943), d'après un roman d’Eric Ambler. Dans la même période, il réalise six films avec Errol Flynn : un western, la Charge fantastique (They Died With Their Boots On, 1941), une comédie, Gentleman Jim (1942) et quatre films qui participent de l’effort de guerre, Sabotage à Berlin (Desperate Journey, 1942), Du sang sur la neige (Nothern Pursuit, 1943), Saboteur sans gloire (Uncertain Glory, 1944) et Aventures en Birmanie (Objective, Burma!, 1945). LE ROI DES GENRES Après la guerre, il dirige Alan Ladd dans une comédie dramatique, Sa dernière course (Salty' O Rourke, 1945) et Jack Benny dans une fantasmagorie, The Horn Blows at Midnight (1945), puis navigue avec bonheur dans tous les genres :
Il signe également de grands westerns : la Vallée de la peur (Pursued, 1947), Cheyenne (1947), la Rivière d'argent (Silver River, 1948), la Fille du désert (Colorado Territory, 1949), Une corde pour te pendre (Along The Great Divide, 1951), les Aventures du capitaine Wyatt (Distant Drums, 1951), Victime du destin (The Lawless Breed, 1952), Bataille sans merci (Gun Fury, 1953), la Brigade héroïque (Saskatchewan, 1954), Un roi et quatre reines (A King And Four Queens, 1956), la Blonde et le Shérif (The Sheriff of Fractured Jaw, 1958) et la Charge de la huitième brigade (A Distant Trumpet, 1964). Walsh, dont l’abondante filmographie compte d’admirables chefs-d’oeuvre, est considéré comme un auteur majeur du cinéma américain et apprécié pour son style lyrique, picaresque, coloré, et sa mise en scène percutante et dynamique. Ce personnage haut en couleur s’est notamment distingué par la sensibilité et la dignité de ses portraits de femmes. Il est l'auteur d'une autobiographie intitulée Un demi-siècle à Hollywood (Each Man in His Time, 1974) et d'un roman, la Colère des justes (1972). |
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Wayne, John
John Wayne |
Né à Winterset (Iowa), John Wayne est d’abord figurant dans des films de John Ford. Il devient plus tard vedette de la Piste des géants (The Big Trail, 1930) de Raoul Walsh, puis végète quelques temps dans la série B et devient enfin une vedette de premier plan avec la Chevauchée fantastique (Stagecoach, 1939) de John Ford et l'Escadron noir (The Dark Command, 1940) de Raoul Walsh. Il interprète d'excellents westerns, comme l'Amazone aux yeux verts (Tall In The Saddle, 1944) de Edward L. Marin, Hondo, l'Homme du désert (Hondo, 1953) de John Farrow, la Rivière rouge (Red River, 1948), Rio Bravo (1958), El Dorado (1966) et Rio Lobo (1970) de Howard Hawks, les Quatre Fils de Katie Elder (The Sons of Katie Elder, 1965) et 100 dollars pour un shérif (True Grit, 1969) de Henry Hathaway, Une bible et un fusil (Rooster Cogburn, 1975) de Stuart Miller, qui lui vaut un oscar, et le Dernier des Géants (The Shootist, 1976) de Don Siegel, son dernier film. Toujours dans le genre du western, il est l’acteur fétiche de John Ford et joue dans le Massacre de Fort Apache (Fort Apache, 1948), le Fils du désert (Three Godfathers, 1948), la Charge héroïque (She Wore A Yellow Ribbon, 1949), Rio Grande (1950), la Prisonnière du désert (The Searchers, 1955), l'Homme qui tua Liberty Valance (The Man Who Shot Liberty Valance, 1961), les Cavaliers (The Horse Soldiers, 1959) et la Conquête de l'Ouest (Conquest Of The West, 1963). Il apparaît aussi dans des films de guerre, dont Iwo Jima (1949) d’Allan Dwan, les Diables de Guadalcanal (The Flying Leathernecks, 1951) de Nicholas Ray, le Jour le plus long (The Longest Day, 1961) d’Andrew Marton et Première victoire (In Harm's Way, 1964) d’Otto Preminger. Dans son impressionnante filmographie, citons encore le Réveil de la sorcière rouge (Wake Of the Red Witch, 1948) d’Edward Ludwig, l'Homme tranquille (The Quiet Man, 1952), l'Aigle vole au soleil (Wings Of the Eagles, 1956) et la Taverne de l'Irlandais (Donovan's Reef, 1963) de John Ford, l'Allée sanglante (Blood Alley, 1955) de William Wellman, le Barbare et la Geisha (The Barbarian and the Geisha, 1958) de John Huston et Hatari (1960) de Howard Hawks. John Wayne a réalisé lui-même Alamo (1960) et les Bérets verts (The Green Berets, 1968), film fortement teinté d’anticommunisme. |
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Welles, Orson
Orson Welles |
Né à Kenosha dans le Wisconsin, Orson Welles est un enfant prodige aux dons multiples. Il perd ses parents à l’âge de treize ans et voyage avec son tuteur en Europe, où il s'initie à la magie, au théâtre, à la tauromachie et au dessin. L'acteur et réalisateur américain Orson Welles fait partie des personnalités les plus riches de l'histoire du cinéma. Chez les critiques, son premier film en tant que réalisateur, Citizen Kane (1941), a toujours figuré au palmarès des dix meilleurs films de tous les temps. Parmi les plus célèbres des films qu'il a interprétés figure le Troisième Homme (1949) de Carol Reed, dans lequel il incarne un mystérieux trafiquant dans la Vienne de l'après-guerre. Cette photo le montre dans une taverne viennoise. De retour aux États-Unis, il publie des nouvelles, devient acteur et metteur en scène de théâtre, crée le Mercury Theatre (1937) et y monte de nombreux spectacles aux mises en scène originales. Parallèlement, il tourne deux courts métrages, The Hearts of Age (1934) et Too Much Johnson (1938), et produit, écrit et joue des centaines de pièces pour la radio entre 1936 et 1942. À la suite du mouvement de panique nationale déclenchée par l'une d'elles, la Guerre des mondes, d’après H. G. Wells, il est engagé à Hollywood.
La Dame de Shanghai Son premier long métrage, Citizen Kane (1941), révolutionne l'écriture cinématographique et le révèle d’emblée comme un génie du septième art. Mais son film suivant, la Splendeur des Amberson (The Magnificent Ambersons, 1942), est malheureusement défiguré au montage par la production, alors que Welles tourne au Brésil un ambitieux documentaire, It's All True (1942). C’est le premier d’une longue série de conflits et de difficultés avec les producteurs, qui marquera toute la carrière de Welles.
Citizen Kane Il produit et interprète encore Voyage au pays de la peur (Journey Into Fear, 1943) de Norman Foster, réalise le Criminel (The Stranger, 1946), et la Dame de Shanghai (The Lady From Shanghai, 1948), dans lequel il dirige son épouse Rita Hayworth et se livre à des recherches formelles stupéfiantes, puis tourne Macbeth (1948), filmé à la hâte sur la scène du théâtre où la pièce vient d'être représentée. Malgré son succès en tant qu’acteur dans le Troisième Homme (The Third Man, 1949) de Carol Reed, il commence une vie d'errance à travers le monde, interprétant près de cent rôles pour financer ses propres réalisations. Il gagne la palme d'or au festival de Cannes avec Othello (1952), présenté comme un film marocain, puis signe Dossier secret (Mister Arkadin/Confidential Report, 1955) et revient à Hollywood grâce au soutien de l'acteur Charlton Heston qui lui permet de réaliser la Soif du mal (Touch of Evil, 1957).
Orson Welles dans le Troisième
Homme (The Third Man), 1949, de Carol
Reed. Il reprend ensuite ses vagabondages, adapte le Procès (The Trial, 1962) de Kafka en France, tourne Falstaff (Chimes at Midnight, 1966) en Espagne, signe Une histoire immortelle (The Immortal Story, 1968) pour la télévision française, réalise encore Vérités et mensonges (F for Fake, 1975) et Filming Othello (1978), mais laisse inachevés Don Quichotte, The Deep, The Merchant of Venice, The Magic Show, The Other Side of The Wind et The Dreamers. |
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Wellman, William William Wellman |
Né à Brookline (Massachusetts), William Wellman est un élève médiocre mais sportif qui pratique le hockey dans l’équipe de Boston. En 1915, il s’engage dans l’armée pour combattre en France et devient pilote de la légendaire escadrille Lafayette. Après l’armistice, Douglas Fairbanks lui obtient un contrat de comédien à Hollywood. Il tourne entre autres dans Evangeline (1919) de Raoul Walsh, mais il ne se sent guère attiré par le métier d’acteur et préfère se diriger vers la réalisation. Il débute avec un western, The Man who Won (1923), tourne des mélodrames à la Fox et à la Columbia, puis, après un court passage à la MGM où il signe The Boob (1926), entre à la Paramount. C’est là qu’il réalise ses premiers chefs-d’oeuvre : les Ailes (Wings, 1927), une tragédie de guerre qui dépeint l’amitié et la rivalité de deux pilotes américains et qui obtient le premier oscar du meilleur film, suivi des Mendiants de la vie (Beggars of Life, 1928), un film réaliste sur les marginaux interprété par Louise Brooks. Son premier film parlant, les Nuits de Chinatown (Chinatown Nights, 1929), est un remarquable mélodrame policier. En 1930, il signe un contrat avec la Warner et tourne entre autres l’Ennemi public (The Public Enemy, 1931), un âpre film de gangsters qui révèle James Cagney et l’Ange blanc (Night Nurse, 1931), drame sordide avec Barbara Stanwyck qui deviendra une de ses interprètes favorites. Au cours des années trente, il aborde tous les genres : la critique sociale avec Héros à vendre (Heroes for Sale, 1933), Wild Boys on the Road (1933), le mélodrame avec Mon Grand (So Big, 1932), Jenny Frisco (Frisco Jenny, 1933), Rose de minuit (Midnight Mary, 1933), Une étoile est née (A Star is Born, 1937). Puis le film d’aventures avec Dangerous Paradise (1930), l’Appel de la forêt (Call of the Wild, 1935) et Beau Geste (1939). Son intérêt se porte ensuite sur la comédie avec la Joyeuse Suicidée (Nothing Sacred, 1938) et le western avec les Conquérants (The Conquerors, 1932). Il réalise et produit lui-même les Hommes volants (Men with Wings, 1939), un drame sur les pionniers de l’aviation, puis connaît un grand succès avec l’adaptation du roman de Rudyard Kipling la Lumière qui s’éteint (The Light that Failed, 1940) interprété par Ronald Colman et Ida Lupino. Par la suite, il crée des westerns d’un ton nouveau comme l’Étrange Incident (Ox Bow Incident, 1943), une dénonciation du lynchage, Buffalo Bill (1944) qui démystifie le personnage du célèbre tueur de bisons, la Ville abandonnée (Yellow Sky, 1948), Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri, 1951), film antiraciste, puis Convoi de femmes (Westward the Women, 1951). Sa vision de l’Amérique se caractérise par un patriotisme non dénué de sens critique comme le prouvent ses films de guerre, les Forçats de la gloire (The Story of GI Joe, 1945) et Bastogne (Battleground, 1949), ses pamphlets sociaux Magic Town (1947) et la Voix que vous allez entendre (The Next Voice You Hear, 1950), ainsi que sa biographie imaginaire d’un homme politique l’Inspiratrice (The Great Man’s Lady, 1942) et l’anticommuniste Rideau de fer (Iron Curtain, 1948). Proche de John Wayne, il réalise cinq films produits par l’acteur, qui interprète trois d’entre eux : Aventure dans le Grand Nord (Island in the Sky, 1953), Écrit dans le ciel (The High and the Mighty, 1953) et l’Allée sanglante (Blood Alley, 1953). Quant aux deux autres, l’un est un western atypique interprété par Robert Mitchum, Track of the Cat (1953) et l’autre un émouvant mélodrame pour adolescent, Goodbye my Lady (1956). Il termine sa carrière avec Les commandos passent à l’attaque (Derby’s Rangers, 1957) et Lafayette Escadrille (1958). Cinéaste rigoureux refusant toute fioriture de style, il incarne une idée de l’Amérique à la fois libérale et réactionnaire. Sa direction d’acteurs est marquée par une certaine distanciation et il a souvent évité d’avoir recours à la musique pour renforcer l’impact d’une scène, préférant faire naître l’émotion par des moyens purement cinématographiques. La personnalité et le savoir-faire de Wellman l’ont élevé au rang des grands metteurs en scène américains. |
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Wenders, Wim
Wim Wenders |
Né à Düsseldorf, Wim Wenders commence des études de médecine puis de philosophie avant d’entrer à l’école supérieure de cinéma de Munich. Il en suit les cours de 1967 à 1970, tout en publiant des critiques de films et des articles sur la musique rock. Il signe son premier long-métrage, Summer in the City, en 1970. Son premier film distribué commercialement, l’Angoisse du gardien de but au moment du penalty (Die Angst des Tormanns beim Elfmeter, 1971), est réalisé d’après un ouvrage de Peter Handke, avec lequel Wenders entame alors une longue et féconde collaboration. En compagnie de son interprète radieuse, Nastassja Kinski, Wim Wenders reçoit la palme d'or du festival de Cannes 1984 pour Paris, Texas, le second «film américain» (après l'échec de Hammet en 1982) du réalisateur allemand et une réussite majeure de l'auteur des Ailes du désir (1987). À l'image de Paris, Texas, Wim Wenders a montré avec constance une prédilection pour les personnages en crise, qu'une quête d'identité condamne à l'errance (Faux Mouvement,1975 ; Au fil du temps, 1976), comme beaucoup de figures surgies d'entre les pages de son ami et collaborateur, l'écrivain Peter Handke. Hanté par le passé du cinéma, et spécialement par celui des «pères américains» que sont Lang, Ford ou Hitchcock, Wenders continue d'interroger au fil de ses oeuvres, le sens et le devenir de l'image et du cinéma.
L’ami américain, film de Wim Wenders Le profond intérêt de Wim Wenders pour la culture américaine apparaît dans la plupart de ses films, tels Alice dans les villes (1973), dans lequel une jeune Allemande recherche sa grand-mère aux États-Unis, l’Ami américain (1977), un thriller réunissant les réalisateurs américains Dennis Hopper, Samuel Fuller et Nicholas Ray, Hammet (1982) une biographie romancée du célèbre auteur de romans policiers, l’État des choses (1982), un road-movie noir, ou encore, plus récemment, Paris, Texas (1984), dans lequel un Américain interprété par Harry Dean Stanton recherche la femme dont il est séparé, interprétée par Nastassja Kinski. Ce film magnifique obtient la palme d’or au festival de Cannes et rencontre un très grand succès public.
Wenders, Paris-Texas Dans les années quatre-vingt, Wenders s’est également intéressé à l’Allemagne contemporaine, particulièrement dans les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin), réalisé en 1987 d’après un scénario qu’il cosigne avec Peter Handke. Il propose dans ce film — dont les personnages principaux sont des anges capables de lire les pensées humaines — une vision émouvante et dérangeante d’un Berlin alors divisé. Ce film émouvant, aux splendides images signées Henri Alekan, remporte également un immense succès. Après l’échec commercial et critique de Jusqu’au bout du monde (1991), film d’anticipation se déroulant dans plusieurs pays, Si loin, si proche permet de retrouver en 1993 les «anges» de Berlin après la réunification allemande. Plus récemment, Wenders a cosigné avec Michelangelo Antonioni Par-delà les nuages (1995) avant de réaliser The End of Violence (1997), interprété par Andie MacDowell et Gabriel Byrne, une méditation sur le pouvoir des images et sur la violence privée et publique dans la société contemporaine. En 1998, il a tourné avec une simple caméra numérique Buena Vista Social Club, un documentaire sur un groupe de musiciens cubains, dont la bande originale a remporté un immense succès. |
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Wilder, Billy
Billy Wilder |
Il dans ses films la satire sociale en faisant preuve d’humour ou parfois de cynisme. Scénariste des Hommes le dimanche (R. Siodmak, 1929) en Allemagne, Billy Wilder arrive aux États-Unis en 1934 et écrit, en compagnie de Charles Brackett, des scénarios pour Ernst Lubitsch, Mitchell Leisen et Howard Hawks. Uniformes et Jupon court (1942), son premier film américain, vaut à Billy Wilder un contrat de réalisateur à la Paramount. Sa vision noire et satirique de la société et de l'humanité (mue par les seules passions du sexe et de l'argent) s'épanche dans Assurance sur la mort (1944), Boulevard du crépuscule (1950), le Gouffre chimère (1951). Mais l'on se souvient plus facilement de lui comme le réalisateur de comédies, l'homme aux innombrables traits d'esprit et l'un des grands metteurs en scène de la femme, comme le prouvent la Scandaleuse de Berlin (1948), Sabrina (1954), Sept Ans de réflexion (1955), la Garconnière (1960) et Certains l'aiment chaud (1959).
Tony Curtis, Jack Lemon et Marilyn Monroe dans le film de Billy Wilder, Certains l'aiment chaud (1959) De son vrai nom Samuel Wilder, Billy Wilder naquit à Vienne puis résida à Berlin où il fut journaliste. Il devint scénariste et travailla sur plusieurs films importants, dont Émile et les détectives (Emil und die Detektive, 1931) de Gerhard Lamprecht. Après avoir exercé ses talents à Paris, où il réalisa Mauvaise Graine en collaboration avec Alexandre Esway (1934), Wilder émigra aux États-Unis en 1934. Il débuta à Hollywood en écrivant des scénarii à succès (Ninotchka d’Ernst Lubitsch, 1939) et prit le chemin de la réalisation; il collabora avec le producteur et scénariste Charles Brackett jusqu’en 1950. Ses films le Poison (The Lost Weekend, 1945) qui traite de l’alcoolisme et la Garçonnière (The Apartment, 1960), remportèrent les oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. Parmi les autres réalisations importantes de Wilder figurent le film noir Assurance sur la mort (Double Indemnity, 1944), la Scandaleuse de Berlin (A Foreign Affair, 1948) avec Marlène Dietrich, Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard, 1950), Stalag 17 (1953), Certains l’aiment chaud (Some Like It Hot, 1959), la Grande Combine (The Fortune Cookie, 1966), et la Vie privée de Sherlock Holmes (The Private Life of Sherlock Holmes, 1970). Wilder produisit également certains de ses films. Des créations telles que Avanti! (1972), Fedora (1978) et Buddy Buddy (1981) continuent d’illustrer des problèmes contemporains. Wilder offrit aux travers de ses créations une vision critique de la société dont il dénonça les travers en cédant parfois à certaines facilités. |
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Wise, Robert Robert Wise |
Né à Winchester (Indiana), Robert Wise est contraint par la crise de 1929 d’arrêter ses études et part chercher du travail en Californie. Son frère, comptable à la RKO, le présente au chef du département de montage du studio où il devient coursier, puis monteur du son. Avec des chutes de pellicules, il réalise un court métrage qui lui vaut de devenir monteur à part entière. Il collaborera ainsi à treize films, dont Quasimodo (The Hunchback of Notre-Dame, 1939) de William Dieterle et Nid d’espion (The Fallen Sparrow, 1943) de Richard Wallace. Cette période est surtout marquée par son travail avec Orson Welles pour Citizen Kane (1941) et la Splendeur des Amberson (The Magnificent Ambersons, 1942). Les producteurs obligeront d’ailleurs Wise à remonter ce film, contre la volonté du réalisateur. Il accède à la mise en scène en remplaçant Gunther von Fritsch sur le tournage d’un film fantastique produit par Val Lewton, la Malédiction des hommes chats (Curse of the Cat people, 1944), réalise Mademoiselle Fifi (1944), le Récupérateur de cadavres (The Body Snatcher, 1945), où il dirige Boris Karloff et Bela Lugosi, puis met en scène plusieurs séries B. Grâce à l’influence du producteur Dore Schary, il peut mettre en scène un western avec Robert Mitchum, Ciel rouge (Blood on the Moon, 1948) et un film noir sur le monde de la boxe : Nous avons gagné ce soir (The Set Up, 1949), son dernier travail pour la RKO. Après un bref passage à la Warner Bros, il signe un contrat à la 20 th Century Fox pour laquelle il réalise, en pleine guerre froide, un film de science-fiction au message pacifiste, le Jour où la terre s’arrêta (The Day the Earth Stood Still, 1951) suivi de la Tour des ambitieux (Executive Suite, 1954) avec William Holden, Barbara Stanwyck et June Allyson. Helène de Troie (Helen of Troy, 1955) est sa seule incursion dans le film historique à grand spectacle. Il revient ensuite au monde de la boxe avec Marqué par la haine (Somebody Up There Likes Me, 1956), qui fait de l’acteur Paul Newman une star. La précision mécanique de sa mise en scène ressort de Je veux vivre (I Want to Live, 1958), drame d’une femme condamnée à la chaise électrique et du Coup de l’escalier (Odds against Tomorrow, 1959), un film sombre sur le racisme. En 1961, il réalise West Side Story, dont le succès est immense, et qui lui vaut l’oscar du meilleur réalisateur. Puis il revient au film fantastique avec la Maison du diable (The Haunting, 1963) et termine sa carrière sur des productions à gros budget : la Mélodie du bonheur (The Sound of Music, 1965), la Canonnière du Yang Tsé (The Sand Pebbles, 1966), Star (1968), le Mystère Andromède (The Andromeda Strain, 1970) et la première adaptation cinématographique de la série télévisée (Star Trek, 1978). Après un silence de dix ans, il a tourné Rooftops (1989), resté inédit en France. |
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Wong Kar-wai Wong Kar-wai |
Né à Shanghai d’où sa famille émigre dès 1963 pour s’installer à Hong Kong, Wong Kar-wai sort diplômé de l’École polytechnique en 1980. À partir de 1982, il devient scénariste et participe, jusqu’en 1987, à l’écriture d’une dizaine de films, dont la Dernière Victoire (1987) du cinéaste Patrick Tam, qui l’encourage à passer à la réalisation. Révélant les deux futures vedettes que sont devenues Jacky Cheung et Maggy Cheung, son premier film, As Tears Go By (Wangjiao Kamen, 1988), est présenté à la Semaine de la critique au festival de Cannes en 1989, où il reçoit un bon accueil. Depuis, Wong a mis en scène cinq autres films, Nos années sauvages (Days of Being Wild, A Fei zhengzhuan, 1990), Chungking Express (1994), les Cendres du temps (Ashes of Time, 1994), les Anges déchus (Fallen Angels, 1995) et Happy Together (1997), récompensé à Cannes par le prix de la mise en scène. Alors que As Tears Go By devait encore beaucoup au film policier et Nos années sauvages au mélodrame, et qu’ils pouvaient tous deux être encore considérés comme autant d’ébauches de son oeuvre à venir, Wong Kar-wai déploie toute la maturité de son style avec Chungking Express, très remarqué au moment de sa sortie en France au printemps 1995, et s’épanouit complètement avec les Cendres du temps, les Anges déchus et Happy Together. L’extrême modernité du cinéma de Wong (modernité qu’atteste son style fondamentalement visuel) fait peut-être de lui le cinéaste qui sait aujourd’hui le mieux saisir - avec le Taiwanais Tsai Ming-Liang - l’essence des années quatre-vingt-dix. De l’omniprésence de la télévision dans nos sociétés modernes, il a essentiellement retenu l’habitude de porter la caméra à l’épaule et de filmer «au jugé» : il affirme filmer l’instant décisif où l’événement survient. Sur ces bases, Wong Kar-wai a composé un art personnel dont l’influence sur les cinéastes du monde entier est déterminante. Usant fréquemment d’un commentaire en voix off pour accompagner le récit, mais aussi de ralentis et de faux-raccords, d’accélérés et de filtres de couleurs, Wong Kar-wai bâtit une oeuvre toute en fulgurances, en phase avec la frénésie des grandes métropoles contemporaines. Malgré une primauté accordée au visuel et la relative diversité des contenus narratifs, le cinéma de Won Kar-wai approfondit pourtant de film en film un même thème : l’échec de l’amour. Si Wong Kar-wai filme la vitesse (celle des flux d’énergie, de la lumière ou du désir), jamais il ne fait corps avec elle tant il est vrai que son cinéma est habité par la mélancolie et la sensation du temps disparu. Dans le Hong Kong qu’il met en scène, tout a déjà eu lieu : les personnages qu’on y croise se ressemblent tous et les rues ne sont peuplées que de doubles, chaque nouvelle rencontre distillant un parfum insistant de souvenir (réel ou imaginaire). La voix off est là pour dire cette terrible impression de déjà-vu, et aussi la recherche désespérée de la rencontre vraie où la première fois n’aurait pas d’emblée le goût amer de la précédente. Qu’ils soient policier ou serveuse de café, tueur à gages ou manieur de sabres, les personnages se croisent à vive allure sans jamais vraiment se regarder; ils échouent à s’aimer ou alors n’y parviennent que sur le mode nostalgique de la remémoration. Condamnés à l’éphémère, ils rêvent pourtant d’un monde au temps suspendu où ils pourraient jouir de l’immuable. Cette impossible jouissance et l’impossibilité qu’ont les créatures du cinéaste d’y renoncer totalement traversent de part en part le cinéma de Wong Kar-wai. |
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Woo, John John Woo |
Né à Canton, John Woo est élevé à Hong-Kong. Il songe à entrer dans les ordres quand il découvre le théâtre au lycée et à l'université. Il envisage alors de devenir comédien, avant de réaliser des courts métrages en 8 mm et de s'orienter vers la mise en scène. Les frères Shaw et Tsui Hark le font débuter dans la florissante industrie cinématographique de l'époque. Il signe d'abord des films d'arts martiaux : The Young Dragons (1973), The Dragon Tamers (1974), Countdown to Kung Fu (1975), Princess Chang Ping (1975), des comédies : Mr Boo, détective privé (Private Eyes, 1976) et des films de guerre : Heroes Shed No Tears (1983). Après une quinzaine de films de ce genre, il inaugure une série de films noirs d’un style nouveau, à la fois violent et émotionnel, où se font sentir les influences de Jean-Pierre Melville et de Sergio Leone, mais aussi de Jacques Demy dans les chorégraphies de combat et le traitement de la couleur. Ce sont le Syndicat du crime (A Better Tomorrow, 1986), le Syndicat du crime 2 (A Better Tomorrow 2, 1986) et The Killer (1989). Il tourne ensuite un film policier qui déborde sur la fresque historique, Une balle dans la tête (A Bullet in The Head, 1990), puis une comédie policière, Once A Thief (1991) et achève sa série de films noirs avec À toute épreuve (Hard Boiled, 1992). Appelé à Hollywood, il réalise d'abord un film de commande pour Jean-Claude Van Damme, Chasse à l'homme (Hard Target, 1993), puis un triller politique : Broken Arrow (1995), avant de tourner une oeuvre insolite et originale, Volte-face (Face/Off, 1997). |
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Wyler, William William Wyler |
Né à Mulhouse de parents suisses, William Wyler fut élève du Conservatoire de Paris avant d’émigrer vers les États-Unis en 1922. Après avoir étudié deux ans la réalisation, Wyler débuta en 1925 en tournant plusieurs westerns, dont le Grand Avocat (Counsellor at Law, 1933). Ses premiers films parlants révélèrent son talent hors du commun pour l’adaptation à l’écran de pièces de théâtre et d’oeuvres littéraires; parmi les plus fameux figurent Ils étaient trois (These Three, 1936) d’après une pièce de Lilian Hellman, les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights, 1939) tiré du roman d’Emily Brontë et l’Héritière (The Heiress, 1949) d’après l’oeuvre de Henry James. Entre 1936 et 1946, Wyler collabora de manière fructueuse avec l’opérateur Gregg Toland et fut l’un des réalisateurs les plus en vue de la MGM. Il créa sa propre compagnie de production en 1946 avec Frank Capra et fut récompensé lors de la cérémonie des oscars pour Madame Miniver (Mrs. Miniver, 1942), les Plus Belles Années de notre vie (The Best Years of Our Lives, 1946) et Ben Hur (1959).
Charlton Heston dans Ben
Hur (1959) de William Wyler. Wyler est aussi le réalisateur de la Rumeur (The Children’s Hour, 1962) et de Funny Girl, avec la comédienne et chanteuse Barbra Streisand.
Audrey Hepburn et Shirley
MacLaine dans la Rumeur (The Children's Hour, 1962) de William Wyler. |
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