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Zanussi, Krzysztof

Krzysztof Zanussi
(1937- )
Réalisateur polonais

Krzysztof Zanussi est né à Varsovie. Avec Andrzej Wajda, il est un des plus célèbres cinéaste polonais. Par opposition toutefois à l’auteur de L’Homme de fer, il s’intéresse moins à l’histoire nationale de son pays qu’à une réflexion aiguë sur la nature et le destin de l’homme. Une triple formation de scientifique (études supérieures de physique à l’université de Varsovie entre 1956 et 1958), de philosophe (études de philosophie à Cracovie en 1959-1962) et de cinéaste (école de cinéma de lodz, de 1960 à 1966) ont développé en lui la volonté d’appréhender et de transposer à l’écran toutes les composantes, biologiques, sociales, éthiques, de l’immersion de l’individu dans la société polonaise contemporaine.

Sa première originalité est de traiter des liens entre science et cinéma. Le générique de Camouflage (1977) présente des planches zoologiques. Augustin (L’Impératif, 1982) est assistant de mathématiques, de même que les protagonistes de La Structure de cristal (1969) ou de Vie de famille (1977) appartenaient aux milieux scientifiques. Un terme de mathématiques, désignant une quantité indépendante de variables, donne son titre à l’un de ses films les plus significatifs, La Constante (1980). Dans Illumination (1973), Franciszek s’interroge sur le sens, la finalité et les limites de la science. La puissance de suggestion du film naît de l’alliance presque permanente de la fiction et des documents, qui suggère à la fois l’union de l’esprit et de la matière et l’insertion du chercheur dans les multiples replis de son «environnement» scientifique.

Rigueur d’un esprit scientifique ou superbe exigence éthique - peu importe, Zanussi est surtout le cinéaste du refus des compromissions. Dans Le Contrat (1980), la satire d’une attitude en société nourrie d’hypocrisie s’allie au portrait d’une intransigeance, celle de Lilka qui, au cours de sa messe de mariage, dit «non» et s’enfuit. Plutôt que d’accepter la manipulation dont il est l’objet, le héros de Spirale (1978) choisit le suicide. Celui de La Constante, Witold, entend faire face à l’évolution des moeurs, aux compromissions qui l’entourent, afin de demeurer fidèle à lui-même, au risque de ne plus pouvoir suivre sa vraie vocation (celle d’un chercheur en mathématiques) et de perdre sa qualification professionnelle.

Comment tenter de transformer le monde sans changer soi-même en profondeur, au point de se renier ? Telle est sans doute la question fondamentale que pose le cinéaste dans son oeuvre. Son refus passionné des compromissions est, en réalité, un appel muet à une transcendance, que suggère, au finale du Contrat, cet admirable plan du cerf, surgi brusquement au détour d’un sentier de la forêt. L’élan vers la pureté, vers l’absolu se discerne dans le choix des décors de montagne, le leitmotiv plastique de la neige (Spirale, La Constante, L’Impératif) et même l’absence de couleurs, le jeu sur le noir et blanc. Il constitue la matière même de L’Impératif, dont le titre renvoie à l’évidence à «l’impératif catégorique» kantien. L’univers du sacré est ici suggéré, affirmé, éprouvé par la quête même d’Augustin. L’interrogation s’ouvre sur le sacrilège - profanation d’une chapelle orthodoxe, vol d’une icône - conçu comme un appel à un signe susceptible de manifester la présence de Dieu; elle conduit à accepter de passer par l’épreuve de l’internement psychiatrique. Avec ce film, Zanussi a gagné un impossible pari : prendre la problématique de l’existence de Dieu pour sujet central d’un film et suggérer que la foi authentique doit nécessairement s’allier à un doute purificateur. L’Année du soleil calme (1984) et Le Pouvoir du mal (1985) poursuivent cette quête.

Zeffirelli, Franco

Franco Zeffirelli
(1923- )
Cinéaste et décorateur italien

Célèbre pour ses adaptations d'opéras au cinéma. Zeffirelli, natif de Venise, obtint un diplôme en architecture à l'université de Florence. Il débuta comme acteur au théâtre et à la radio, puis devint le décorateur et l'assistant des films de Luchino Visconti (Senso, 1954). Il s'orienta vers la mise en scène au début des années 1950. Il réalisa Camping en 1957 avec Nino Manfredi puis, dix ans plus tard, la Mégère apprivoisée avec Richard Burton et Elizabeth Taylor. Sa version de Roméo et Juliette en 1968, d'après la pièce qu'il avait montée à l'Old Vic Theatre de Londres, en 1960, fut l'une de ses plus grandes réussites.

Le succès de Jésus de Nazareth (Jesus of Nazareth) en 1978 fut suivi de deux opéras filmés (la Traviata en 1983 et Otello en 1986) puis, en 1990, d'une nouvelle adaptation d'Hamlet. Ses films suivants, notamment Sparrow (1993), ne rencontrèrent pas toujours l'adhésion du public.

Zidi, Claude

Claude Zidi
(1934-)
Cinéaste français

Né à Paris, Claude Zidi est d’abord cameraman pour les films de Claude Chabrol, directeur de la photo et gagman pour ceux de Philippe Clairet. Il débute comme réalisateur en utilisant un groupe de chanteurs fantaisistes, les Charlots : les Bidasses en folie (1971), les Fous du stade (1972), le Grand Bazar (1973), Les bidasses s’en vont en guerre (1974); puis il tourne deux films avec Pierre Richard en vedette : La moutarde me monte au nez (1974) et la Course à l’échalote (1975).

Son sens du burlesque et sa volonté délibérée de faire un cinéma populaire lui valent de gros succès commerciaux. Il réalise deux films conçus pour Louis de Funès : l’Aile ou la Cuisse (1976), avec également Coluche, et la Zizanie (1978). Après Bête mais discipliné (1979) et les Sous-doués (1980), il dirige à nouveau Coluche dans l’Inspecteur Labavure (1981) aux côtés de Gérard Depardieu, puis dans Banzaï (1983). Il est consacré par le césar du meilleur film avec les Ripoux (1984) et réalise par la suite les Rois du gag (1985), Association de malfaiteurs (1987), Deux (1989), film dramatique, la Totale (1991), Profil bas (1993) et Astérix et Obélix contre César (1998).

Zinnemann, Fred

Fred Zinnemann
(1907-1997)
Cinéaste américain d’origine autrichienne

Né à Vienne, Fred Zinnemann obtient un diplôme de droit avant d’étudier le métier d’opérateur à Paris et à Berlin, puis de s’établir à Hollywood en 1929. Son premier film en tant que réalisateur, les Révoltés d’Alvarado (Los Redes, 1937), est un drame semi-documentaire de 60 minutes tourné dans le golfe de Veracruz, au Mexique, et dont le thème est similaire à celui de La terre tremble (La terra trema, 1948) de Luchino Visconti, et à celui du Sel de la terre (Salt of the Earth, 1954) d’Herbert Biberman.

Zinnemann mêle fréquemment acteurs professionnels et amateurs. Les silhouettes sont souvent isolées dans des cadrages étroits, et Zinnemann emploie de façon dramatique les ombres naturelles pour prolonger les moments de tension, qualités particulièrement visibles dans Le train sifflera trois fois (High Noon, 1952), où le scénario se déroule en temps réel. L’habileté à utiliser la tension dramatique comme composante thématique du film caractérise également Chacal (The Day of the Jackal, 1973).

Zinnemann, Le train sifflera trois fois
Gary Cooper remporta l'oscar du meilleur acteur pour son rôle de shérif dans Le train sifflera trois fois (High Noon), réalisé en 1952 par Fred Zinnemann.

La Septième Croix (The Seventh Cross, 1944), filmé pendant la Seconde Guerre mondiale et tiré d’un roman à succès d’Anna Seghers, montre comment les populations civiles de certaines régions d’Europe se sont accommodées du nazisme et de ses valeurs, allant même parfois jusqu’à l’accueillir. Les Anges marqués (The Search/Die Gezeichneten, 1948), C’étaient des hommes (The Men, 1950), Le train sifflera trois fois, The Member of the Wedding («l’Invité au mariage») et Tant qu’il y aura des hommes (From Here to Eternity) : tous deux de 1953, Au risque de se perdre (The Nun’s Story, 1959), Un homme pour l’éternité (A Man for All Seasons, 1966) et Julia (1977) évoquent un débat moral sur deux thèmes chers à tous ses meilleurs films : les thèmes de la conviction et de la responsabilité. Même des productions apparemment plus légères, telles que Oklahoma! (1955) et les Horizons sans frontières (The Sundowners, 1960), sont étroitement liées au problème des familles de migrants qui, contraints de s’établir dans de nouveaux territoires, essaient d’y reconstruire leur vie.

Les films de Fred Zinnemann se veulent le reflet de la dignité humaine et, en cela, sont au centre de l’image qu’Hollywood a d’elle-même. Ils y ont remporté bon nombre d’oscars, non seulement pour leurs qualités exceptionnelles, mais encore grâce au brio d’acteurs tels que Montgomery Clift, Marlon Brando, Gary Cooper, Deborah Kerr, Frank Sinatra, ou encore Burt Lancaster.

Zurlini, Valerio

Valerio Zurlini
(1926-1982)
Réalisateur italien

Né à Bologne, Valerio Zurlini, tout en poursuivant des études de droit et d’histoire de l’art, collabore à des pièces de théâtre universitaire. Après avoir achevé ses études, il aborde le cinéma en réalisant une quinzaine de courts métrages entre 1948 et 1954, année où il tourne son premier long métrage de fiction les Jeunes Filles de San Frediano (le Ragazze di San Frediano, adapté du roman de Vasco Pratolini), qui le révèle d’emblée comme un analyste subtil des méandres du sentiment amoureux. Son deuxième film, Un été violent (Estate violenta, 1959, avec Jean-Louis Trintignant), est la chronique poignante d’une éducation sentimentale ayant pour toile de fond les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale.

Auteur intimiste, Zurlini est néanmoins très attentif à la mise en place du contexte historique qui sous-tend ses mises en scène, corrélées harmonieusement à la psychologie, souvent tourmentée, de ses personnages. Après la Fille à la valise (la Ragazza con la valigia, 1961, avec Claudia Cardinale), Zurlini tourne Journal intime (Cronaca familiare, avec Marcello Mastroianni et Jacques Perrin), film adapté une fois encore d’un roman de Pratolini qui obtient le lion d’or à Venise en 1962 : c’est un drame émouvant traité toutefois avec un certain maniérisme. On doit également à Zurlini le Désert des Tartares (il Deserto dei Tartari, 1976), adaptation académique de l’oeuvre de Dino Buzzati. Valerio Zurlini n’a signé que huit longs métrages en vingt ans de carrière, rareté due en partie aux rapports souvent conflictuels de ce cinéaste exigeant avec ses producteurs.


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