Le Centre Cinématographique Marocain (CCM)

Présentation Générale

Fonctions et attributions

Créé en 1944 et réorganisé en 1977, le Centre Cinématographique Marocain (CCM) a pour rôle principal la promotion de l’industrie cinématographique. Il veille à l’application de la législation et de la réglementation concernant tous les métiers du secteurs. En résumé, ses attributions sont les suivantes :

  • Contrôle de la production, de la distribution de l’exploitation, de l’importation et de l’exportation des films cinéma et vidéo;
  • Création ou participation à la création de toute entreprise susceptible de favoriser le développement de l’industrie cinématographique;
  • Diffusion de la culture par le cinéma, notamment par un soutien aux ciné-clubs et à diverses manifestations cinématographiques;
  • Production, coproduction, distribution et exploitation des films cinématographiques et production d’un journal filmé appelé «actualités marocaines» qui paraît mensuellement, se rapportant aux principales activités royales et gouvernementales;
  • Contribution à la formation professionnelle des techniciens du film;

Par ailleurs, il délivre :

  • Les autorisations d’exercice aux producteurs, aux distributeurs et aux exploitants de salles de cinéma, ainsi que les autorisations de tournage de films;
  • La carte d’identité professionnelle aux cinéastes;
  • Les visas d’exploitation des films et ce après avis de la commission nationale de contrôle de films;

En plus de ces attributions, le CCM veille sur :

  • L'organisation des rencontres et des festivals de films;
  • L'enregistrement et la publication des actes et des conventions relatifs à la production, la coproduction et la distribution de films;
  • La proposition aux gouvernement des mesures d’ordre législatif et réglementaire intéressant le secteur, en concentration avec les professionnels de ce secteur.

En outre, il convient de signaler que des mesures d’encouragement sont prises en faveur des producteurs de films et des salles de cinéma. Grâce à l’institution du Fond d’Aide à la Production Cinématographique en 1988, le CCM soutient le développement de la production, en accordant des aides financières (par le biais de la Commission Nationale d’Aide) aux projets de films.

Quant aux salles de cinéma, elles bénéficient de l’exonération de taxes: pendant 10 ans pour les salles nouvellement créées et pendant 5 ans pour les salles complètement rénovées.

Les organes liés au CCM

Le CCM supervise les organes suivants :

Le laboratoire et l’auditorium

Le CCM est doté d’un laboratoire et d’un auditorium. Le laboratoire assure les travaux de :

  • Développement négatif et positif (16/35 mm);
  • Banc-titre pour la réalisation de génériques et trucages;
  • Montages positifs et négatifs.

L’auditorium

Il assure les travaux suivants :

  • Repiquage,
  • Bruitage;
  • Montage sonore et optique;
  • Doublage et mixage.

Le laboratoire et l’auditorium sont équipés d’un matériel moderne, qui répond aux normes internationales de l’industrie cinématographique.

Le service de prestations

Ce service assure pour le compte aussi bien du CCM et que des producteurs nationaux et étrangers les opérations d’import et d’export de tout matériel nécessaire au tournage et au traitement des films.

Le service assure également la gestion d’un matériel de tournage performant, pouvant répondre aux besoins de trois ou quatre productions en même temps :

  • Caméras et accessoires de prises de vues en 35 et 16 mm;
  • Magnétophone et accessoires de prises de son;
  • Matériel d’éclairage (HMI, Lumière artificielle, arcs, câbleries, etc...);
  • Matériel de machinerie (Dolly Elemack, Chariots travelling, rails, praticables, etc...)

Il met également à la disposition des producteurs une équipe de techniciens confirmés (Cameramen, Assistants, électriciens, machinistes, etc...); et aide aussi ces producteurs à obtenir, auprès des départements concernés, les autorisations nécessaires à leur tournages.

Les archives

Le service des archives dispose de documents filmés datant de 1905 jusqu’à nos jours, soit 1.332.068 mètres ( en format 16 et 35 mm). Ces documents comprennent des actualités, des films de court métrage et des films de long métrage produits ou co-produits par le CCM.

Ce service assure également la conservation des négatifs des films produits par les sociétés privés.

Le CCM est membre de l’INNA-NEWS (Association Internationale de la Presses Filmée) depuis 1961, il compte adhérer au projet PAXOS, entreprise commerciale, issue de l’association qui vise l’exploitation internationale des fonds d’archives.

Afin de faciliter les recherches et la circulation des archives à travers le monde, un projet commun d'information pour la création d'une banque de données est en cours, dans le cadre du PAXOS.

La Cinémathèque Marocaine

Créée en 1992, la cinémathèque marocaine est une institution culturelle pourrait devenir plus qu’un annexe du Centre Cinématographique Marocain (CCM) en jouant son rôle capital dans la conservation de la mémoire du cinéma, la diffusion d’une culture cinématographique surtout auprès des jeunes et l’animation culturelle.

La Cinémathèque Marocaine a principalement pour objet de conserver le patrimoine cinématographique national et international, et de promouvoir la diffusion de la culture cinématographique. A cet effet, elle est chargée notamment :

  • D’acquérir, à titre onéreux ou gratuit, des films cinématographique et de veiller, le cas échéant, à la restauration et au traitement des copies de films détenues par elle;
  • D’assurer des projections publiques de films dans ses propres salles ou autres;
  • De réunir tout document visuel ou sonore, tout document écrit, ouvrage, affiche ou objet ayant un rapport avec le cinéma, en vue de la constitution d’une bibliothèque, d’une sonothèque et d’un musée de cinéma;
  • D’organiser des expositions, conférences ou autres manifestations ayant trait à l’histoire, l’art, la technique du cinéma;
  • D’entretenir des relations de coopération avec les cinémathèques étrangères ou des organismes similaires.

Si la cinémathèque a pu conserver la plupart des productions du CCM constitués en grande partie par les bulletins hebdomadaires des actualités, cette cinémathèque qui n'a jamais fonctionné en tant que telle, n'a malheureusement pas pu acquérir les copies des autres films tournés au Maroc, ce qui aurait constitué un acquis inestimable surtout lorsqu'on sait que quelques uns ont été réalisés par des metteurs en scènes prestigieux tels que A. Hitchcock, O. Welles, G. W. Pabst, A. Zowobada, J.-L. Godard, J. Renoir, J. Duvivier, J. Feyder, M. Curtis...etc., elle a fonctionné pendant quatre saisons sans assise juridique, ni, moyens financiers conséquents. Pour résumer, il s’agit d’une question de statut qui définit, depuis 1992, la gestion et le financement de la Cinémathèque qui a démarré ses activités avec un budget spécial du Ministère de la Communication.

Voir les cinémathèques en général

Le fonds d’Aide à la production cinématographique

Si l’histoire des arts de 20ème siècle avait été forgé sous cette terrible loi de rentabilité immédiate, Lonesco et Beckett auraient été aussitôt jetés aux oubliettes (...). Du free-cinéma anglais au cinéma suisse en passant par la nouvelle vague française et d’un tas d’autres expérience de ce type, l’expression cinématographique a eu à s’affirmer sur le base de données matérielles et financières extrêmement modestes (...). Le sort de la promotion quantitative du cinéma national dépend principalement du fonds de soutien et du cinéaste-producteur (...)

Parmi les mesures d’encouragement mises en place afin de promouvoir la production nationale, la plus importante reste la création en 1980 du Fonds de Soutien à la Production cinématographique.

Création d’un fonds de soutien

Le dahir 1977 a fait aboutir à partir de janvier 1980 la création d'un fond de soutien à la production et à l'exploitation cinématographique, ce qui a permis le démarrage de la production nationale qui est passée de 1 à 2 films par an depuis 1956 à une dizaine de long-métrages et autant de court-métrages chaque année.

Le Fonds d'Aide à la production et à l'exportation est réparti ainsi :

  • 7% pour les frais de gestion, les jetons de présence octroyés aux membres de la Commission d'Aide à la Production ainsi que pour la contribution à l'organisation au Maroc par le CCM d'un Festival National ou International du Film;
  • 46,5% pour l'aide à la Production;
  • 46,5% à l'Exploitation.

(...) Peuvent bénéficier des primes octroyées à la promotion de la production cinématographique, les films remplissant les conditions suivantes :

  • être produits par des personnes physiques marocaines ou des sociétés dont le siège est établi au Maroc et dont le capital est détenu, en majorité par des personnes physiques ou morales marocaines;
  • être réalisés par des réalisateurs marocains avec le concours d'une équipe technique marocaine;
  • être tournés en majeure partie au Maroc avec l'utilisation de l'infrastructure technique nationale. Toutefois des dérogations peuvent être accordées par la commission d'attribution des primes à la production.

(...) Les films réalisés dans le cadre d'accords de coproduction passés entre l’Etat marocain et d'autres Etats peuvent également bénéficier de primes au prorata des seuls investissements marocains.

Le Programme d'Emploi du Fonds d'Aide à l'Exploitation et à la Production Cinématographique stipule que :

L'aide n'est attribuée aux salles qu'après constatation des travaux par les agents verbalisateurs du CCM et d'un représentant de l'autorité locale. Ladite constatation donne lieu à un procès-verbal signé par les intéressés. Les montants correspondants aux travaux ne seront pas pris en considération dans les cas suivants :

  • si les travaux réalisés ne sont pas conformes au programme prioritaire;
  • si les travaux sont déclarés et non réalisés;
  • si le montant des travaux réalisés est surestimé; dans ce cas, seule l'évaluation des agents verbalisateurs est prise en considération;
  • Le montant de l'aide est fixé suivant les constatations des agents verbalisateurs d'une part, et dans la limite des sommes revenant à la salle concernée dans le Fonds d'Aide d'autre part;
  • Les sommes revenant à chaque salle sont constituées par les versements effectués par elle au Fonds d'Aide, déduction faite des parts revenant espectivement à la production et à la gestion;
  • Les décisions d'aide à l'exploitation sont établies au nom de la salle bénéficiaire;
  • Au terme de chaque session, le Directeur du CCM décide le déblocage des aides compte tenu des conditions et modalités ci-dessus;
  • Le produit revenant à chaque salle et non utilisé lors d'une session est cumulé avec le produit de la session suivante soit au cours du même exercice, soit au cours des exercices suivants. (...)

Ce fonds a permis un progrès notable dans la production de films nationaux entre 1980 et 1986; c’est ainsi que 35 films de long métrage et 30 films de court métrage ont été produits, et ce avec des aides d’un montant de 12.224.500 Dhs. Cette expérience a montré certaines limites au vue des objectifs visés lors de sa mise en place.

En effet, pour la production, la réforme intervenue en 1985 a diminué les ressources du fonds de près de 75%. A cela s’ajoutait le mode d’attribution des primes, qui était automatique et après production des films. Par ailleurs, le soutien financier variait entre 200.000 et 500.000 Dhs et les producteurs étaient obligés de chercher d’importantes sources de financement., notamment par des prêts bancaires. Outres les nombreuses contraintes imposées aux producteurs, ce système ne favorisait pas la coproduction avec d’autres pays.

Pour permettre à ce fond de mieux jouer son rôle dans le développement de la production cinématographique, le CCM, en accord avec la Chambre des Producteurs de Films a proposé en 1987 une réforme pour que ce fonds puisse disposer de ressources nouvelles.

C’est ainsi qu’en 1988, les crédits du Fonds d’Aide sont passés de 1.800.000 Dhs en 1985 à 12.000.000 Dhs. Un nouveau programme d’emploi a été adopté, qui a instauré l’aide sélective, soit avant soit après production, selon les cas. Cette aide varie de 500.000 Dhs à 2.500.000 Dhs pour les longs métrages, et de 100.000 Dhs à 450.000 Dhs pour les courts métrages.

Le Fonds d’Aide ainsi institué, a permis à la Cinémathèque Nationale de s’enrichir de 1988 à juin 1995 de 30 films de long métrages, et de 20 films de court métrage pour une aide globale de 40.857.500 Dhs.

De 1988 à 1995, il a été constaté que les ressources du Fonds d’Aide ont diminué régulièrement, et ce pour des raisons multiples, dont la plus importante est la baisse des recettes des salles de cinéma. Ainsi, la montant annuel revenant à la production est passé de 6.000.000 Dhs en 1988 à 4.000.000 Dhs en 1994, ce qui a contraint la Commission d’octroi de l’aide à n’accorder un soutien qu’à deux (2) ou trois (3) projets de longs métrage par un, sur environ une vingtaine de projets soumis à son appréciation, et autant de courts métrages. Cela étant, le Ministère de la Communication, répondant aux doléances exprimées par la Chambre Marocaine des Producteurs de Films, et pour aider et participer à la relance de la production nationale, a accordé une subvention au Fonds d’Aide au titre de l’exercice 1994 d’un montant de 5.000.000 Dhs.

  • D'abord, le décret du 31 décembre 1979 fixant les conditions et les modalités d'octroi des primes pour la promotion de la production et de l'exploitation cinématographique; ainsi que l'article 9 de la loi de finances pour l'année 1980.
  • Ensuite, l'Arrêté du Ministre des Finances du 7 Janvier 1980 fixant les modalités de délivrance par le Centre Cinématographique Marocain aux exploitants des salles de spectacles cinématographiques des tickets donnant accès aux dites salles;
  • Enfin, les Décrets du 30 Décembre 1987, instituant, au profit du Centre Cinématographique Marocain et au profit de l'entraide sociale de l'autre, une taxe parafiscale sur les spectacles cinématographiques.

Parmi les résultats immédiats depuis cette année, on peut rappeler :

  • Un premier allégement fiscal adopté dans la loi de finance pour l'année 1980;
  • Instauration d'un Fonds de Soutien à la production et à l'exploitation instituée par la loi de finance 1980;
  • Extension du code des investissements aux industries cinématographiques;
  • Réalisation d'un complexe cinématographique à Rabat;
  • Application du régime économique en douane pour l'importation des pellicules;

C'est ainsi que de 1 à 2 films par an produits entre 1958 et 1978, comme on vient de voir, la production nationale de films passa à une moyenne annuelle de 10 films de longs métrage et autant de courts métrages, notamment, entre 1979 et 1983. C'est la période d'or pour le cinéma national.

Par ailleurs, cette expérience a montré également les insuffisances quant aux mécanismes d’octroi de l’aide à la production.

Compte tenu de ce qui précède, des amendements ont été apportés au décrets instituant une taxe parafiscale sur les spectacles cinématographiques, et ce à partir du 16 juin 1994. Ces amendements ont permis au Fonds d’Aide d’avoir une assise juridique plus adéquate.

Un arrêté du Ministère de la Communication fixe l’utilisation du Fonds, redéfinit la composition et le fonctionnement de la Commission d’octroi de l’aide à la production, les conditions d’admission à cette aide et arrête les critères de l’aide. c’est ainsi que les projets de films sont sélectionnés compte tenu de leur faisabilité et de la compétence professionnelle de leurs réalisateurs.

Les modalités de répartition de l’aide ont fait l’objet d’un protocole d’accord entre le CCM et la Chambres Marocaines des Producteurs de Films.

Evoquant la restructuration du Fonds d’Aide, telle qu’énoncé dans les dispositions de l’arrêté des Ministère de la Finance et de la Communication relatif au Fonds d’Aide (6 août 1997), M. Driss Alaoui M'daghri, alors Ministre de la Communication a mis l’accent sur les différents avantages offerts par ce texte, notamment au niveau de la composition et des mécanismes de travail de la commission d’aide. Ses principales actions ont pour objectif de:

Promouvoir le film national : Au titre de la promotion du film national, le ministère de la Communication envisage aussi les dispositions concernant l’achat à un tarif préférentiel par les télévisions nationales des films marocains et la diffusion obligatoire par les chaînes cryptées commercialisées dans le Royaume de films marocains.

 

Année
Montant
en DH

Montants versés par le Fonds d’Aide au Cinéma depuis sa création

Source CCM

Nombre de
scénarios examinés

1980
2290000

11

1981
2838000

11

1982
404000

5

1983
340000

4

1984
2530000

14

1985
930000

4

1986
1890000

8

1987
1002500

8

1988
3025000

25

1989
1462500

23

1990
4950000

22

1991
4375000

14

1992
7700000

23

1993
5370000

23

1994
5920000

24

1995
7325000

34

1996
12981875

35

1997
8025000

12

1998
16014250

26

1999
16480000

34

Total
105853125

360

Montants versés par le Fonds d’Aide au Cinéma depuis sa création

Source CCM

Voir l'aide au cinéma dans d'autres pays

L’autorité de tutelle compte ainsi mettre à la contribution la filiale de 2M, «SOREAD France», ainsi qu’une présence marocaine plus accrue dans les différents manifestations professionnelles internationales. A cet égard, le Ministre a annoncé qu’un stand cinéma -TV du Maroc sera mis en place dans cinq manifestations importantes: Les Festivals de Cannes, de Carthage et de Ouagadougou, au MIPCOM à Cannes ainsi qu’au MIFED à Milan.

Le diamant compétitif du CCM


Source de base : Hamid Nahla, Les structures du cinéma marocain, DEA en Audiovisuel-cinéma, Université de Nancy II, 1989


Voir aussi
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