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Le Trésor Infernal
de Mohamed Osfour
16 mm, Noir et blanc, 70 minutes
Production : Mohamed Osfour - Scénario, dialogue et réalisation : Mohamed OUSFOUR - Montage image : Ahmed BOUANANI
Interprétation : Hadj FENNANE et Jamila AI AYOUBI


Il s'agit de la recherche d'un trésor convoité.
Un laboureur trouve un trésor dans son champs, des pillards le lui vole. Son fils Fares se lance à leur poursuite ...
Les événements tournent dans une époque indéterminée, tout ce que l'on sait, à travers la présence des chevaux et des chameaux et le genre de costumes que l'histoire ne relève pas du 20ème siècle. Les séquences sont tournées à la fôret de "Dissa" (Sindibad, actuellement), un beau lieu sur la côte Atlantique du côté de Hay Hassani, le célèbre quartier casablancais.
Avec un nombre important de figurant, Osfour Mohamed Osfour exprime, par ce film, une véritable fascination vis-à-vis des super-productions hollywoodiennes.


Wechma
de Hamid Bennani
16 mm - Noir et blanc - 100 minutes
Production : Sigma 3 - Scénario et réalisation : Hamid BENNANI - Dialogues  : Hamid BENNANI et Mohamed TIMOUD - Image : Mohamed Abderrahman TAZI - Décor : Naïma SAOUDI - Musique : Kamal Dominique HELLEBOIS - Mixage : Hans KLEIN - Montage : Ahmed BOUANANI
Interprétation : Mohamed EL KAGHAT, Khadija MOUJAHID, Abdelkader MOUTAA et Tawfik DADDA


Ce film retrace la sourde rébellion intérieure du jeune Messaoud opprimé à la fois par son milieu familial et par une société sclérosée.
L'histoire concerne, dans sa première partie un homme, Mekki, interprété par Abdelkader Motaâ (actuellement une star dans les spots publicitaires), qui ne pouvant avoir des enfants avec son épouse légitime, adopte Messaoud, jeune orphelin de 8 ans. Mekki fait solennellement le serment de l'éduquer et d'en faire un homme suivant les rigoureux principes de la tradition. Malgré sa bonne volonté, cet homme montre trop d'empressement et de rudesse à s'occuper de l'instruction de Messaoud. Ne pouvant s'adapter facilement à son nouveau milieu, Messaoud supporte mal les exigences de son père adoptif, commet des actes répréhensibles, et attire sur lui la colère de Mekki. De ce conflit l'enfant sort marqué.
La deuxième partie traite de l'âge adulte. Messaoud cette fois-ci adolescent, interprété par Mohamed Khemlichi (actuellement un auteur de théâtre), fréquente une bande de délinquants, et commet quelques délits mineurs. Il la quitte souvent pour aller travailler; car il ne veut pas de cette vie marginale. Il veut acquérir et avoir à lui un bien qui puise justifier son existence. Il refuse de se contenter de n'importe quoi, il veut être traité avec équité. Mais il est pris dans un engrenage tel qu'il n'arrive jamais à ses fins et qu'il provoque sa propre perte. Il tuera un vieil usurier pour lequel il travaillait comme berger et qui l'exploitait.
La production de ce film est particulièrement intéressante dans la mesure où il constitue marque une date et constitue une expérience exceptionnelle. Dans une réalité cinématographique caractérisée par une situation de production très difficile, et sous l'appellation de "Sigma 3", Hamid Bennani, Mohamed Tazi et le chef opérateur Mohamed Sekkat constituèrent une sorte de collectif dont le petit budget ne couvrait que les frais matériels et techniques de la réalisation. C'est dans ce cadre que "Wechma" fut réalisé, ce qui a, par ailleurs, crée des querelles personnelles sur l'exacte paternité du film que Bennani se serait trop exclusivement appropriée. "Wechma" est un film qui a fait beaucoup parler de lui à l'époque, et reçut un accueil critique positif dans divers festivals; notamment à Pesaro, Berlin, Carthage, et plusieurs récompenses lui furent discernées. Mais jugé politiquement suspect, économiquement étranglé par les distributeurs qui le refusèrent systématiquement. Il est sans doute supérieur aux autres et présente une véritable évolution de l'expression cinématographique au Maroc, malgré les moyens limités du tournage. Hamid Bennani à travers une construction intelligente des événements, infère un style nouveau dans le cinéma marocain. C'est un film qui offre plusieurs niveaux de lecture. reliés par des passages culturels. Il ouvre un champ inouï, orienté vers les problèmes socio-politiques marocains qui sont admirablement filmés. Ces images spécifiques traduisent bien ce qu'est la condition humaines. Le film s'implique aussi dans un voyage à travers la structure de famille arabe, fondée sur la seule autorité du père. Le thème du film se trouve ainsi intégré dans un réseau de voies qui partent du psychique au sociologique, du politique au culturel.
La production de ce film est particulièrement intéressante dans la mesure où il constitue marque une date et constitue une expérience exceptionnelle. Dans une réalité cinématographique caractérisée par une situation de production très difficile, et sous l'appellation de "Sigma 3", Hamid Bennani, Mohamed Tazi et le chef opérateur Mohamed Sekkat constituèrent une sorte de collectif dont le petit budget ne couvrait que les frais matériels et techniques de la réalisation. C'est dans ce cadre que "Wechma" fut réalisé, ce qui a, par ailleurs, crée des querelles personnelles sur l'exacte paternité du film que Bennani se serait trop exclusivement appropriée. "Wechma" est un film qui a fait beaucoup parler de lui à l'époque, et reçut un accueil critique positif dans divers festivals; notamment à Pesaro, Berlin, Carthage, et plusieurs récompenses lui furent discernées. Mais jugé politiquement suspect, économiquement étranglé par les distributeurs qui le refusèrent systématiquement. Il est sans doute supérieur aux autres et présente une véritable évolution de l'expression cinématographique au Maroc, malgré les moyens limités du tournage. Hamid Bennani à travers une construction intelligente des événements, infère un style nouveau dans le cinéma marocain. C'est un film qui offre plusieurs niveaux de lecture. reliés par des passages culturels. Il ouvre un champ inouï, orienté vers les problèmes socio-politiques marocains qui sont admirablement filmés. Ces images spécifiques traduisent bien ce qu'est la condition humaines. Le film s'implique aussi dans un voyage à travers la structure de famille arabe, fondée sur la seule autorité du père. Le thème du film se trouve ainsi intégré dans un réseau de voies qui partent du psychique au sociologique, du politique au culturel.
Mais, réalisateur de talent qui a beaucoup à dire. Il a réussi admirablement dans ce film à s'attaquer à des interdits et à des tabous pour choquer et s'attirer les foudres des censeurs de toutes sortes». Cette authenticité qui, d'après C.M. Cluny, de tout formalisme didactique. Enfant adopté par un paysan aisé, Mekki, homme bon mais maladroit et dont les pratiques traditionalistes du fétichisme et de l'autorité conduisent au drame, Messaoud ne parviendra pas à s'intégrer à une société qui lui reste étrangère : il est différent de son "père", de ses copains, de tous. Peut-être parce que tout doit être changé... La mort du père brise la cellule familiale, échec d'une antique société à protéger des fils qui ne la reconnaissent plus. L'errance de la jeunesse à l'abandon dans cet espace qui est sien mais qu'elle déchiffre mal et dont on ne lui donne pas les clés, dévoile les divorces profonds de la société arabe : dépossession d'une génération et faillite du patriarcat, incapable de (se) rendre la vie à partir de ses racines. On décèle, dans "Wechma", une tentative pour écrire - fût-ce dans l'échec même - les traces d'une identité qu'il soit non seulement possible mais essentiel d'assumer. Tissé dans un contexte dont la nombreuse symbolique ne se sépare jamais du vécu (...) le film prenait une distance singulière par rapport à l'immobilisme religieux, condamné comme tel, mais au nom de son principe moral le plus fort : in fine, celui qui se lamente au nom du ciel est foudroyé par lui, rayé du nombre d'hommes qui luttent. La confusion du fétichisme au sacré n'est jamais proposée, et le premier se dissocie selon qu'il a trait à des pratiques d'aliénation populaire, sacrificielles, aberrantes (le fer rouge, la charlatanerie de celui qui, justement, sera jugé par la foudre), ou selon qu'il révèle les composantes d'une conscience (le "trésor" su jeune Messaoud fait d'objets volés). Sans inféodation à la fantasmatique bunuélienne (c'est une oeuvre dépourvue de surréalisme), une violence court constamment sous le tracé du récit et jaillit chaque fois avec un cri différent. "Wechma" témoignait enfin d'une sensibilité particulière, d'une qualité de regard magnifiquement sertie par l'image, d'une attention aux choses, aux gestes, à la sexualité, à la réalité de l'espace»
Pour Noureddine Saïl, le film «a une évocation métaphysique, voire religieuse du destin. Bennani serait une sorte de Bresson musulman.»
Pour F. Boughedir, l'écriture est souvent jugée comme hermétique, mais le récit se distingue par une uis);» Enfin, pour le réalisateur du film, H. Bennani, son film emple d'"antiphrase" dans "Traces" : le drapeau marocain qui ouvre le film, ou le discours final sur la tombe de Messaoud. Le prénom même de celui-ci constitue une antiphrase puisqu'il est malheureux alors que Messaoud signifie en arabe "le bienheureux". Ou encore la "main de fatma" (Khamsa) à la dernière image : symbole du destin chez les Arabes, je la tourne en dérision. La pratique du "palimpseste" consiste à reprendre, ou à feindre de reprendre, une certaine tradition en lui conférant un autre sens (la Cène dans Viridiana). Quant à la pratique dite du "mannequin", elle consiste à provoquer dans le cours du récit la reproduction d'une série d'allusions, de symboles, de comportements qui ont un lien entre eux et qui, ainsi rattachés, donnent un sens au film. Exemple de mannequin dans "Wechma" : le complexe d'Oedipe qu'on retrouve d'un bout à l'autre du film»


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