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La Guerre du Pétrole n'aura pas lieu
de Souheil Ben Barka
35 mm - couleur - 90 minutes
Production : Euro-Maghreb Film et Cinétéléma
Montage et réalisation : Souheil BEN BARKA
Scénario et dialogue : Michel CONSTANTIN et Souheil BEN BARKA - Image : Girolamo LAROSA - Musique : George ZEMFIR
Interprétation : Claude GIRAUD, Hassan GHANOUNI, Giorgio ARDISSON, Claudio GORA, Philippe LEOTARD, Sacha PITOEFF et Jean-Louis BORY.

"Harb Al Bitrole lane taqaâ" (La Guerre du Pétrole n'aura pas lieu) est le deuxième long métrage de Souheil Benbarka.
Toumer, jeune technocrate qui accède à de lourdes responsabilités, dénonce la domination de l'économie de son pays par des trusts multinationaux, la corruption systématique, le complot permanent érigé en système et la fuite des capitaux et leurs investissements ailleurs. Sa volonté de mettre fin à ces scandales déclenche une série d'événements aboutissant à une situation explosive.
Ce film met en scène un ministre d'un pays arabe qui s'oppose aux compagnies pétrolières multinationales qui exploitent les ressources d'or noir de son pays avec la complicité du gouvernement et au détriment du peuple qui reste toujours exploité puisque les profits sont réinvestis en Europe.
Dans ce film, Souheil Benbarka perd l'originalité formelle des "Mille et une mains". D'un rythme long et d'un enchaînement dichotomique, on a l'impression d'être devant une imitation maladroite du style des films policiers "engagés" italiens. Les dialogues sont en Français.
Pour Jean-Louis Bory, ldrslt}}ce à lui, à intéresser le public à un problème de l'actualité politique en le divertissant sans l'en détourner. Toute la difficulté est là. (...) Dans "Les Mille et une Mains", Ben Barka montrait la misère matérielle et morale du petit peuple des teinturiers de Marrakech. Et l'on se rappelle que l'élément romanesque, pas toujours heureusement raccordé à l'admirable documentaire romancé, nuisait au film. "La Guerre du Pétrole n'aura pas lieu" semble beaucoup plus homogène. Le "roman" se voit réduit à si peu que rien. Aucune intrigue amoureuse, par exemple. Les vies privées sont rejetées dans les coulisses. Seul compte l'affrontement des forces politiques qu'incarnent les personnages. (...) Une seule inquiétude. (...) Ben Barka se trouve à la croisée des chemins. Francesco Rosi oui, Costa-Gavras non.»
Quant à C.M. Cluny, il trouve dans les oeuvres de Souheil Benbarka une faculté néfaste d'attendre le destin, de l'accepter par avance selon une extraordinaire vocation fataliste que le cinéaste fixera dans "La Guerre du Pétrole n'aura pas lieu" les ouvriers et leurs familles, les uns dans l'usine, les autres accrochés aux clôtures métalliques, assisteront passivement à la mise en place du dispositif de répression, ils ont l'habitude et le "droit" de les détourner de leur sens. Le brûlant discours du ministre libéral (qui devrait être lu dans toutes écoles et universités du Tiers Monde et qui reprend un discours de l'ex-ministre tunisien Ben Sâlah' (Ministre de l'économie connu pour ses réformes radicales dans les années soixante) va être deux fois détourné de son sens : 1. Les actes ne seront pas ceux que les mots laissaient présager; 2. ils vont alimenter un procès truqué. Le ministre (cela arrive) se retrouve, comme les ouvriers qu'il n'a pas soutenus, avec lesquels il n'est pas lié par une communauté de classe, pris au piège d'une Histoire qui se joue ailleurs. Le spectacle cinématographique, parfois très fortement dramatique, reste au moins dans la seconde moitié du film au service d'une crédibilité nécessaire. Tout un pan du cinéma italien contemporain est fondé sur une conception analogue, qui renverse les données du néo-réalisme et abandonne l'approche sentimentale et humaniste des problèmes. La facture est effectivement très italienne (celle de "Enquête sur un citoyen..." d'Elio Petri par exemple), et on peut sans doute supposer, de la part de Souhayl Ben Barka, une volonté un peu périlleuse et spectaculaire d'aller vite dans la démonstration, de jeter sans plus attendre le cinéma arabe dans la bataille de l'information et du refus. Mais qui recevra ce cinéma mobilisateur ? Les affiches étaient à peine sèches sur les murs de Rabat (et à Casablanca) que les autorités faisaient connaître l'interdit dont le film était frappé (Octobre 1975)... En dernier lieu, les Marocains sans doute»
Les raisons de l'interdiction de ce film, d'après le réalisateur, revient au fait que le film était compris dans le sens qu'il touche à l'image d'un pays ami du Maroc, l'Arabie Séoudite, en l'occurrence; et-ce malgré que les autorités marocaines lui ont octroyé tous les grands moyens pour la réalisation des certaines séquences de film, dont une partie de l'armée, les locaux de la société pétrolière marocaine SAMIR à Mohammedia...etc.

De quelques événements sans signification
de Mustapha Derkaoui
35 mm - couleur - 74 minutes
Production : Basma Production
Scénario, dialogue, montage et réalisation : Mustapha DERKAOUI
Image : Abdelkrim DERKAOUI - Prise de son : Noureddine GOUNAJJAR - Musique : A. NAHORNY
Interprétation : Abbas FASSI FEHRI et Aïcha SAADOUN.

"Ahdath bidouni dalalah" (De Quelques Evénements Sans Signification) raconte l'histoire de jeunes réalisant une enquête sur le cinéma auprès des gens de la rue.
Il s'agit en fait d'une équipe de cinéastes à la recherche d'un thème à traiter.. D'une interview à une autre, l'équipe découvre un cas particulier à filmer : un crime au port de Casablanca...

Silence : Sens Interdit
de Abdallah Mesbahi
35 mm, Couleur, 90 minutes
Scénario, dialogue, réalisation et production : Abdellah MESBAHI - Image : Abdellah ZEROUALI - Montage : Hamid BENCHRIF
Interprétation : Abdelhadi Belkhayat, AÏcha Sajid, Mohamed El Khalfi, Abdelkader Al Badaoui, Larbi Doghmi, Mohamed El Khalfi, Naïma Ilyass Fatima Hannaoui, Mustapah Zaâri et Mustapha Dassoukine


Une des histoires qui illustre le conflit des générations... Le drame d'un jeune qui refuse de mener une vie à l'image de ses parents.
L'histoire est celle d'un pauvre qui va devenir une grande star de la chanson.
Le film est une reconstitution du mélodrame égyptien dans sa plus profonde dimension commerciale. On assiste à toutes sortes de séquences n'ayant pour objectif que de séduire le grand public.
La projection de ce film a duré plusieurs semaines dans une grande salle de Casablanca (Vox, unique salles avec trois balcons, actuellement détruite au profit d'une petite gare de bus et d'un grand hôtel, "Hyatt Regency"). Mais ce n'est que les gags dus à la présence d'une pléiade de grands acteurs marocains et une belle voix d'un chanteur fort apprécié au Maroc, Abdelhadi Belkhayat, qui ont attiré la grande foule, déjà habituée à une forte consommation des mélodrames égyptiens et hindous.
C'est le premier long métrage qui marque l'orientation de Mustpaha Derkaoui vers la recherche d'un cinéma qui ne veut pas encore se confirmer. C'est une sorte de film d'auteur qui se refuse de toute concession au grand public. Il y adopte une forme avant-gardiste assez hermétique dans le sens du cinéma dans le cinéma, qui, est, par ailleurs, l'une des caractéristiques des oeuvres de ce grand cinéaste marocain, comme on le verra à travers ses autres films
Ce film, jusqu'ici interdit de projection au Maroc, est réalisé avec des moyens de fortune, la prise de vue était assurée par son frère Abdelkrim Derkaoui, un des meilleurs techniciens marocains. Certains rôles ont été joués par des cinéastes amis, comme Mohamed Reggab dans le rôle du journaliste...etc.


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