Abdelkader, jeune "khamas" à la campagne est fasciné par la ville
de Casablanca. Il rêve d'y aller. En ville, la réalité de la vie qu'il
rencontre est toute autre.
Des jeunes de la campagne viennent à la recherche d'u travail et d'une
stabilité à la ville. Ils trouvent dans leur exode vers Casablanca
une solution miracle à leur problèmes. A la fin, ils s'aperçoivent
de leur échec et de leur égarement, surtout face à une classe sociale
de bourgeoisie non accueillante.
La structure narrative dans "Rmad Zriba" (Les Cendres du
Clos) repose ici, comme d'ailleurs pour la majorité des films marocains,
sur des personnages villageois, qui viennent de la campagne, la périphérie,
à la recherche des mille et une merveilles dans la condition du migrant
soit vers Casablanca, la périphérie du grand centre, soit vers l'Europe,
le centre. Ce paradis rêvé de l'émigration est très souvent représenté
comme une fuite perpétuelle pour une situation alternative qui assure
la richesse, la quiétude, le plein emploi, les femmes...etc. Mais,
pour le cas de ce film, l'émigrant se trouve dans un véritable cendre
de clos. Un rejet systématique quoiqu'il fasse, aussi bien vis-à-vis
de la famille qui l'a accueillie, et qui est aussi une ancienne émigrante,
que chez les employeurs qui s'adonnent à toutes les formes d'exploitation
pure et dure.
Ce film réalisé par une élite de cinéastes casablancais est l'expression
d'un cri étouffé, d'une sorte de refoulement profondément mue. On
ne badine pas avec les séquences, tout y est expression, douleur,
souffrance, même lorsqu'il s'agit des gags, des ironies tragi-comiques,
à la casablancaise. On y trouve un mélange de styles, mais sans que
l'on perde le fil direct, et même linéaire et simple, qui constitue
une narration uniforme et sans concession, et-ce contrairement aux
précédentes co-réalisations des années 60.
Pour une fois, une oeuvre authentiquement marocaine. Un film sans
recours aux larmes ni aux formes bêtement mercantiles habituelles
de la locomotive d'une ou de plusieurs stars, et malgré quelques problèmes
techniques au niveau du son et de l'étalonnage, seuls la réputation
des noms de réalisateurs et de certains acteurs, tous amateurs ou
issus du théâtre pauvre, ont suffi pour qu'il soit sanctionné par
un succès extraordinaire auprès du public, qu'il l'a revendiqué pour
plusieurs semaines dans des salles...commerciales.
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