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Noces de Sang
de Souheil Banbarka
35 mm - Couleur - 80 minutes
Production : Euro-Maghreb Film et C.C.M.
Scénario , montage et réalisation : Souheil BEN BARKA - Dialogue : Tayeb SADDIKI - Image : Girolamo LAROSA
Décor : Allal SAHBI - Musique : Groupe Babel, George ZEMFIR
Interprétation : Irène PAPAS, Laurent TERZIEFF, Jamila, M. HABACHI, L. DOGHMI, Muni, Souad JALIL, N. LAMCHARKI, Mohamed EL BAZ et Izza GENNINI


Dans un petit village du sud marocain, Amrouch le fellah passe pour être iconoclaste. Il ne pourra, du fait de sa situation sociale, épouser la fille d'un riche paysan du village voisin...
Un amour impossible entre deux jeunes gens du Sud du Maroc, parce qu'ils appartiennent à deux clans ennemis. Amrouche enlève sa bien aimée la nuit de ses noces avec un autre homme. C'est alors que s'organise une chasse à l'homme qui finit par la mort des deux amants.
"O'rs ad-dam" (Noces de sang) est un film adapté de l’oeuvre du poète espagnol Fedirico Garcia Lorca. Comme cette oeuvre, il montre la condition de la femme dans le sud, pas espagnol, mais cette fois-ci, marocain, où son rôle ne consiste qu'à enfanter et servir son seigneur et maître, l'homme. Elle est considérée comme un objet dépourvu de tous sentiments humains. Pour Souheil Benbarka, et dans un entretien avec l'auteur de ce mémoire en 1981, il a considéré qu'es années 30, décrite dans les pièces de Lorca.».
Menés par un professionnel, les personnages de ce film, tous d'un valeur incontestable, nous donnent l'impression qu'ils ne font pas l'histoire mais il la subissent.
Si Souheil Benbarka est pratiquement le seul cinéaste professionnel au sens matériel et moral du terme, la critique s'attendait à ce que ce film dépasse "Les Mille et une Mains" quant à l'aspect purement artistique de l'oeuvre. S. Benbarka, disposant tout de même de grandes capacités créatrices n'a pas réussi à faire s'épanouir celles-ci pleinement. On a ressenti comme un certain relâchement au milieu du film, une sorte de lassitude indéfendable du essentiellement à un montage qui, par bien des côtés, reste plus ou moins, approximatif, et-ce malgré la beauté des images, et des sites, l'extraordinaire fonctionnalité des chants et des couleurs, et surtout la richesse incontestable de l’oeuvre de Lorca.


Les Cendres de Clos
de Mohamed Reggab, Abdelkader Laktaâ, Saâd Chraïbi et de Mustapha Derkaoui
35 mm - couleur - 105 mn
Production  : Basma et C.C.M.
Réalisation : Lâarbi BELAKAF, Saâd CHRAIBI, Abdelkrim DERKAOUI, Mustapha DERKAOUI, Noureddine GOUNAJJAR, Abdelkader LAGTAA et Mohamed REGGAB
Interprétation : Ahmed Naji et Mohamed Habachi, Abdellatif Hilal...


Abdelkader, jeune "khamas" à la campagne est fasciné par la ville de Casablanca. Il rêve d'y aller. En ville, la réalité de la vie qu'il rencontre est toute autre.
Des jeunes de la campagne viennent à la recherche d'u travail et d'une stabilité à la ville. Ils trouvent dans leur exode vers Casablanca une solution miracle à leur problèmes. A la fin, ils s'aperçoivent de leur échec et de leur égarement, surtout face à une classe sociale de bourgeoisie non accueillante.
La structure narrative dans "Rmad Zriba" (Les Cendres du Clos) repose ici, comme d'ailleurs pour la majorité des films marocains, sur des personnages villageois, qui viennent de la campagne, la périphérie, à la recherche des mille et une merveilles dans la condition du migrant soit vers Casablanca, la périphérie du grand centre, soit vers l'Europe, le centre. Ce paradis rêvé de l'émigration est très souvent représenté comme une fuite perpétuelle pour une situation alternative qui assure la richesse, la quiétude, le plein emploi, les femmes...etc. Mais, pour le cas de ce film, l'émigrant se trouve dans un véritable cendre de clos. Un rejet systématique quoiqu'il fasse, aussi bien vis-à-vis de la famille qui l'a accueillie, et qui est aussi une ancienne émigrante, que chez les employeurs qui s'adonnent à toutes les formes d'exploitation pure et dure.
Ce film réalisé par une élite de cinéastes casablancais est l'expression d'un cri étouffé, d'une sorte de refoulement profondément mue. On ne badine pas avec les séquences, tout y est expression, douleur, souffrance, même lorsqu'il s'agit des gags, des ironies tragi-comiques, à la casablancaise. On y trouve un mélange de styles, mais sans que l'on perde le fil direct, et même linéaire et simple, qui constitue une narration uniforme et sans concession, et-ce contrairement aux précédentes co-réalisations des années 60.
Pour une fois, une oeuvre authentiquement marocaine. Un film sans recours aux larmes ni aux formes bêtement mercantiles habituelles de la locomotive d'une ou de plusieurs stars, et malgré quelques problèmes techniques au niveau du son et de l'étalonnage, seuls la réputation des noms de réalisateurs et de certains acteurs, tous amateurs ou issus du théâtre pauvre, ont suffi pour qu'il soit sanctionné par un succès extraordinaire auprès du public, qu'il l'a revendiqué pour plusieurs semaines dans des salles...commerciales.


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