1
9
7
8

Une Brèche dans le Mur
de Jilali Farhati
16 mm - Couleur - 80 minutes
Production : Kamar Films et C.C.M.
Scénario, dialogue et réalisation : Jilali FERHATI - Image : Ahmed EL MAANOUNI - Musique : "Jil Jilala" et Ivi MERCIAL - Montage : Emile CAPORAL
Interprétation : Jilali FERHATI, Ahmed FERHATI, Bachir SKIREDJ, Ghita BEN ABDESSALAM, Larbi YACOUBI, Aïcha THAMI, Olga ABRICO et El Hassan RIFI.


A Tanger, un sourd-muet regarde vivre le monde des marginaux... Un jeune qui, n'a apparemment aucun statut social défini, veut gagner sa vie par tous les moyens que lui permettent une ville aussi mystérieuse que Tanger.
"Jorha fi l'haï't" (Une Brèche dans le mur) est le premier long métrage de Jilali Farhati. Par ce film, on découvre l'arrivée d'un cinéaste marocain de talent fort prometteur. Le film est une sorte de récit d'un jeune d'une ville où l'on peut être tout et rien. Un fils de cette ville, interprété avec succès par Ahmed Farhati, le frère du réalisateur, renié par les commérages des rouages quotidiens s'adonne aux actes les plus banaux pour arracher sa reconnaissance. Errant d'une ruelle à l'autre, de grandes maisons aux bidonvilles, comme s'il tente de déceler les voies d'une labyrinthe.
Tanger, ville natale et de résidence du réalisateur, restera l'axe de ses thèmes de ses autres films, qu'on examinera par la suite.


Al Yam Al Yam (ô Les Jours !)
de Ahmed Maânouni
35 mm - Couleur - 80 minutes
Production : Rabii Film
Scénario, image et réalisation : Ahmed Maânouni - Musique : "Nass El Ghiwane" - Son : Ricard Castro, Montage : Martine Chicot.
Interprétation : Ben Brahim et les habitants du village "Toualâa" à Ouled Ziane, près de Casablanca


Abdelwahed, jeune fellah, rêve d'opulence et se heurte à la tradition. Halima, sa mère, personnage d'une force exemplaire, redoute malgré tout de voir partir son fils aîné qui est le chef de famille depuis la mort de son père...
Abdelouahed rêve d'émigrer, de partir de son village natal pour échapper à ses conditions. Pour faire comme ses camarades qui, sous la contrainte de la misère, ont émigré en Europe et qui reviennent aujourd'hui avec des voitures, parfois même des filles blondes, il essaie de convaincre sa mère de vendre une vache pour "acheter" un contrat de travail à l'étranger et payer le billet de son voyage. La mère et le grand-père tentent de le convaincre de rester, exploiter la terre de ses ancêtres, seule véritable richesse, mais... en vain.
"Al Yam Al Yam !" (ô les jours !) Un beau titre pour un beau film sur la condition paysanne et ses corollaires devenues incontournables : l'exode ou l'émigration. Abdelouahed termine, après une tentative de sympathiser avec un commerçant ambulant de pastèque, rejeté dans les ruelles de la grande foire internationale de Casablanca. Un nouveau marginal, un autre parmi les milliers, peut-être les millions, que rejette déjà la grande cité ouvrière et des affaires, sans pitié, sans cesse.
Sans vedettes ni grandes théories de représentations, la réussite de ce film tient autant à la participation des habitants du village de Toualâa. Le tournage a duré six mois, dans un lieu où l'on est pas habitué aux caméras et aux projecteurs. C'est, comme l'exprime le réalisateur, avec qui nous le faisions. Et comme plus on donne, plus on reçoit, nous avons appris beaucoup. Si le film parvient à communiquer cette connaissance du mode paysan que nous avons acquise, c'est à cet engagement absolu que nous le devons»
Ce film est en fait la chronique d'un village agricole. Un regard de l'intérieur sur la société paysanne confrontée à la modernité, à l'émigration. Une histoire, un documentaire, une fiction, bref un beau film, projet de fiction à l'épreuve du documentaire pour un film saisissant d'émotion, d'authenticité et qui parvient à échapper à la tentation pédagogique, démonstrative. A travers le récit-documentaire-fiction, le réalisateur confirme encore une fois de plus une réalité douloureuse, celle d'une fuite perpétuelle de la jeunesse après un désespoir devant la misère et l'agression de la civilisation artificielle de l'autre.


Al Kanfoudi
de Nabyl Lahlou
35 mm - Noir et blanc - 86 minutes
Production : Loukkous Films et C.C.M.
Scénario, dialogue et réalisation : Nabyl LAHLOU - Image: Ahmed ZANATI - Montage : Ahmed BOUANANI
Interprétation : N. LAHLOU, Ghita BEN ABDESSALAM, Mustapha MOUNIR, Hammadi AMMOR, Mohamed MIFTAH, Najib BEMOUSSI, Najib EL ELATIR, Mohamed RZINE et Kebir BENBICH.


Hamid Kanfoudi, chef d'orchestre, rêve qu'il gagne à une loterie des pauvres...
Un musicien, un chef d'orchestre obscur, gagne le gros lot et passe de la loterie...suédoise. Il passe ainsi du jour au lendemain de la pauvreté à l'opulence. Bien évidemment, ce bouleversement de sa vie engendre le changement de ses rapports avec les autres...
Nabyl Lahlou signe ici son premier long métrage. Par sa longue expérience dans le théâtre, il restitue des scènes qui, outre la dérision et l'ironie de tout, y compris lui-même, son cinéma se caractérisera, à partir de ce premier film, par une vision et une interprétation théâtrale.
Il présente dans "Al Kanfoudi" des scènes sarcastiques et amères. Par ce grand film gag, où le gain ne s'avèrera à la fin du film qu'un rêve, Nabyl Lahlou y dévoile l'hypocrisie des rapports et l'impossibilité de vivre dans une société dont le principal souci est d'amasser des fortunes à n'importe quel prix.


Copyright © Manageria, 1999-2004. All rights reserved - Tous droits réservés. Les copies doivent indiquer l'emplacement exact du document avec l'adresse de ce site.