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Le Facteur
de Hakim Noury
35 mm - Noir et blanc - 85 minutes
Production : Interfilms (289.000 DH Prime du Fonds de soutien : 150.000 DH)
Scénario, dialogue et réalisation : Hakim NOURY - Image : Ibrahim CHAMAT - Musique : Luis ENRIGUEZ BACALOV - Montage : Allal SAHBI et Hakim NOURY
Interprété par Saâd-Allah Aziz, Souheil Benbarka...


Le film raconte les tribulations d'un jeune. Il s'agit d'un facteur célibataire; comme tous les petits fonctionnaires débutants, il est attiré par les fastes d'une vie matériellement aisée et sans grand effort. Son emploi est dur et mal rémunéré. Il décidé d'ajouter des heures supplémentaires pour améliorer ses conditions de vie. Ambitieux, il se convertit en chauffeur de la fillette d'un P.-D.G...
"Sa'î Al barid" (Le Facteur) est le premier long métrage de Hakim Noury, un ex-assistant de Souheil Benbarka.i. qui l'aida, par ailleurs dans la production et joua même un petit rôle de caissier de banque dévalisé lors d'un hold-up dans le film. Hésitant entre le réalisme et le commerce, le réalisateur a beaucoup souffert dans ce film. La majorité des films engagés ayant été censurés jusqu'alors, il refusa d'envoyer le facteur au syndicat. Il décida alors de trouver une autre fin à son personnage, le faire sombrer dans le rôle d'un gangster pour abréger sa vie, et en conséquence, les événements du film. C'est ainsi que la tentation commerciale d'un début de film noir l'emporta sur les bonnes intentions thématiques.
Autrement, le film dans sa première partie demeure une oeuvre d'une grande qualité. Ce petit fonctionnaire qui parcourt tous les coins, métier oblige, du centre de la grande cité casablancaise, émette de temps en temps des messages, des gags et des souffrances. On le poursuit ainsi jusqu'à ce qu'il découvre un autre monde, celui de la grande bourgeoisie. Une fillette qu'il commença à devenir son chauffeur, s'habitue à sa tendresse. Elle en découvre un autre père, celui-là, l'ex-petit facteur, remplace peu à peu l'intérêt qu'elle portait à son père, un bourgeois trop occupé entre les affaires, l'alcool et les jeux de cartes. Dommage que la seconde partie prend une autre allure où l'on assistera à une sorte hold-up à l'italienne, des poursuites en voitures et des échanges d'otages et de coups de feu de pistolets, pratiques jusque là inconnues dans le vie quotidienne des Marocains.
Mais comme son jeune auteur le reconnaît, c'est là un premier essai, une tentative de découvrir les rouages du 7ème dans son pays, et c'est l'essentiel. Le film, qui a coûté 28.900 dirhams, est le premier à avoir reçu une prime de soutien du tout nouveau Fonds de Soutien s'élevant à 150.000 DH, soit une couverture de 52% de ses frais.

Récompenses :
Prix de la meilleure interprétation pour Aziz SAAD ALLAH au 1er Festival National du Film, Rabat, 1982


Taghounja
d'Abdou Achouba
86 mn - 35 mm - couleur
Production : Abdou ACHOUBA
Image : Abdellatif EL ANSARI - Décor : Jamalddine NAJI - Montage: Youssef TABNI
Interprétation : Groupe "Nass El Ghiwane"


Nous suivons deux personnages dans une errance à travers le Maroc traditionnel et mystique.


Amina
de Mohamed Tazi
35 mm - Noir et blanc - 108 minutes
Prodcuction : Inter Africa et Films Maghreb (500.000 DH, Fonds de soutien : 270.000 DH)
Scénario, dialogue et réalisation : Mohamed TAZI - Image : Nadia BENSAÏD - Montage : Larbi BENZOUINA
Interprétation : Nejda SABAH et Mustapha EL MHAMDI.


"Amina" Retrace la vie d’une étudiante qui tombe enceinte sans être mariée. Elle est rejetée par les siens...Elle refuse le mariage. C’est la crise: 2 mentalités s’affrontent.
Amina est une étudiante à la faculté. Elle réside à la cité universitaire. Trop liée à sa famille et aux valeurs de sa société. Suite à une relation avec un jeune, elle tombe enceinte, puis se trouve rejetée par la société en raison de sa grossesse. L'hasard voudrait qu'elle subit un accident de la route qui lui fait parvenir, ensuite, à dépasser son déchirement entre les idées de liberté d'émancipation qu'elle apprend et les valeurs traditionnelles qu'elle vit.
Le thème de ce film pose un véritable problème : celui de la sexualité dans la société arabo-musulmane du Maroc. M. Tazi a choisi un double espace pour ce thème, un qui forge une future intelligentsia, l'université et son environnement direct, et une famille conservatrice avec tout son environnement répressif. L'axe central de ces deux espaces est Amina, qui tombe enceinte d'une relation éphémère. Or toute femme qui exerce une relation sexuelle non reconnue par la chariâ musulmane, autrement dit le mariage, est un déshonneur non seulement pour la fille qui a commis ce geste, mais aussi pour l'ensemble de la famille. Elle est, par conséquent, passible d'un châtiment de ce monde et dans l'au-delà. Amina refuse de se faire avorter, rejetant ainsi les conseils de son frère (Interprété par Abdelhak Zerouali, acteur, auteur et metteur en scène de plusieurs pièces de théâtre). Ce consensus que lui demande ce frère représentant ainsi une élite illuminée mais encore trop attachée aux traditions culturelles, est un minimum. Mais devant son entêtement, il finit lui aussi par la nier, l'abandonner.
Certes, le sujet est très controversé, mais le film de Tazi a le mérite de le poser d'une façon très simple. Une simplicité qui lui a d'ailleurs provoqué beaucoup de critiques, parfois violentes.


Le Gouverneur de l'Ile de Chakerbakerben
de Nabyl Lahlou
16 mm - Couleur - 96 minutes
Production : Loukkos Films, Coût : 660.000 DH, Prime Fonds de soutien : 280.000 DH (42%)
Scénario, dialogue, décor et réalisation : Nabyl LAHLOU - Image: Brahim CHAMAT - Montage : Lahcen KHABBAZ
Interprétation : N. LAHLOU et Fouad DZIRI.


Monsieur Al Gharbi travaille dans la cabine des télex d'un journal pour classer les dépêches. Un jour en lisant une dépêche relative à une île dont le gouverneur a disparu, Monsieur Al Gharbi s'identifie au personnage du gouverneur de l'île de CHAKERBAKERBEN.
Le héros du film, déçu par les partis politiques de son pays, se proclame "Gouverneur général de l'île de Chakerbakerben" qui n'existe sur aucune carte géographique.
Par "Al Hakim al âm li jazirate chakerbakerben" (Le Gouverneur de l'Ile de Chakerbakerben), Nabyl Lahlou confirme sa tendance théâtrale pour dénoncer les fausses démocraties dans le tiers monde. A propos de la critique adressée à ce film, mais posant une problématique très sensible, le cinéaste a déclaré qu»on ne le comprendra que dans vingt ans»
Sur le plan technique, le film est un véritable travail artisanal, Nabyl Lahlou, recourant à des plans approximatifs, à un montage frappant et à des dialogues trop brouillant, il donne libre cours à des discours sous forme de tracts répétitifs et directs, exactement comme dans ses oeuvres théâtrales, notamment dans sa pièce "Chrichmashtury", et pour confirmer enfin et ainsi la même verve sarcastique jusqu'à l'humour noir qui a caractérisé son premier long métrage "Al Kanfoudi" et qui va fortement imprégner le reste de ses oeuvres.


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