1
9
8
1

La Vie est une noria
de Abdallah Zerouali
16 mm - Couleur


Il n'y a pas d'information disponible actuellement sur le film


Al Hal (Transes)
de Ahmed Maânouni
16 mm - Couleur - 87 minutes
Production : S.O.G.E.A.V. et Interfilms, coût : 100.000 DH, Fonds de soutien : 100.000 DH (soit 100%)
Scénario, image et réalisation : Ahmed EL MAANOUNI - Son : Ricardo CASTRO - Musique : "Nass El Ghiwane" - Montage : Atika TAHIRI
Interprétation : Groupe "Nass El Ghiwane" composé de : Larbi Batma, Omar Assayid, Allal Yaâla et Abderrahmane Pakou, avec la participation de Tayeb Seddiki


"TRANSES" retrace l'itinéraire géographique et culturel d'un groupe de musiciens formés à l'école de la rue et décidés à rompre avec les longueurs orientales. "TRANSES", est un rituel sacré chez les Gnaouas d’Essaouira qui se transforme en un délire...
Par "Al Hal" (Transes), Ahmed Maânouni reste fidèle à sa démarche cinématographique de documentaire-fiction, qui lui a déjà réussi dans son premier long métrage "Al Yam Al Yam". Cette fois-ci, il a pris comme thème un groupe marocain de musiciens "Nass Al Ghiwane", célèbre et populaire, non seulement au Maroc mais à travers le reste du Monde Arabe. Ce groupe est formé de Larbi Batma, Omar Essaïd, (deux ex-acteurs issus de la célèbre troupe théâtrale de Tayeb Seddiki), Allal Yaâla (un ex-maître de musique à la maison de la jeunesse de Hay Mohammadi à Casablanca) et Abderrahmane Pakou (un artiste, menuisier).
Ce long métrage est une sorte de documentaire qui retrace l'itinéraire de ce groupe à travers le passé et le présent de chacun de ses membres; un récit argumenté par des témoignages et des séquences de spectacles.


Abderrahmane PACO du groupe "Nass El Ghiwane"

Réalisé par des moyens de bord, on est bien évidemment des oeuvres de thème similaire d'Allan Parker. Mais, par la réputation du groupe comme adepte d'une chanson engagée qui puise dans le patrimoine musical populaire du pays, et la maîtrise sans concession du thème par le réalisateur, on est également trop loin des mélodrames à l'égyptienne.
En dépit d'un petit budget, entièrement couvert par ailleurs par la prime du Fonds de soutien, ce film a eu un grand succès populaire. Il s'est vu discerné le prix du Public lors du premier FNF à Rabat, en 1982.

Récompenses :

- Prix ESEC, Cannes, 1981
- Prix du Public au 1er Festival National du Film, Rabat, 1982


Le Grand Voyage
de Mohamed Abderrahmane Tazi
35 mm - Couleur - 73 minutes
Production : Noureddine SAIL
Image et réalisation : Mohamed Abderrahmane TAZI - Scénario et dialogue : Noureddine SAIL - Scénario : Nouressdine Saïl - Interpétation :Ali Hassan - Musique : Omar ESSAID - Montage : Allal SAHBI
Interprétation : Ali HASSAN, Nadia ATBIB

Ali Hassan

Avec la route et le voyage comme prétexte, les rencontres et les cafés comme jalons, " Le grand voyage " se développe en une fiction progressive de la dépossession.
D’Inezgane à Tanger, ce qui se déroule n’est pas seulement un espace physique, mais aussi et surtout un espace métaphorique : la montée au Nord qui rend inopérants les signes convenus par lesquels se reconnaît la communication sociale - la route, les transports, la marchandise, l’argent, la radio, et delà de ces simples moyens, l’amour et la vertu.

Nadia ATBIB

De fait, le routier du film est un être moral, un amateur qui va jusqu’au bout de sa destinée (rejouant d’une certaine façon celle du père absent) dans un réel ou la seule morale est celle de la survie et d’un sauve-qui-peut généralisé.
Et ce n’est pas un hasard si le film se clôt sur une ligne d’horizon : le détroit de Gibraltar, lieu de passage et de blocage, point d’aboutissement et point de départ.
Ali quitte son village natal à l'extrême Sud du Maroc pour remonter vers le Nord. Ce voyage se déroule sur un camion transportant des marchandises. Tout au long du trajet, il lui arrive de multiples mésaventures.
"Ibn Assabil" (Le Grand voyage, traduction du titre arabe = Le fils de la route, la route, ici, avec une connotation de destin) de Mohamed Abderrahmane Tazi est le récit de ce chauffeur, mi-naïf, mi-fou, à chaque fois foudroyé, berné; il tombe le long de son trajet de mésaventures en mésaventures. On lui vole sa veste et le chargement de son camion. Dépossédé, ruiné, il ne peut plus retourné au sud vers le propriétaire du camion et de la marchandise, il est condamné à fuir. Il s'avança plus au nord pour trouver finalement une solution à ses problèmes. C'est cers l'Espagne qu'il émigre, faisant appel à une filière clandestine pour passer les frontière. Finalement, sa montée vers le nord s'arrête sur un bateau au milieu de la mer. Il vient de se rendre compte qu'il a été berné une nouvelle fois.

Ali Hassan, la fin du film

Ecrit et produit par le critique Noureddine Saïl, il fut le sujet d'une grand polémique. Mais le film possède son espace et sa logique propres, dans l'évocation d'une réalité où la seule morale est celle de la lutte pour la survie»

En effet, le récit, riche en tournures intellectualistes et sans grandes manoeuvres technicistes au point de passer sur certains détails de l'écriture cinématographique, garde une forme linéaire très agréable à suivre. Ce passage, cette omission volontaire qui met à l'écart toutes les petites techniques élémentaires du 7ème art qu'on retrouve dans la majorité de films marocains comme références théorique et pratique de la maîtrise du métier, a donné l'impression que l’oeuvre était dominée par la richesse, écrasée par la lourde présence du scénario, écrit par quelqu'un ayant une longue expérience et une connaissance profonde et incontestable des grands problèmes de la création dans son pays. Ce dernier s'est vu discerné le prix du meilleur scénario lors du premier FNF à Rabat. Mais Mohamed Abderrahmane Tazi (à ne pas confondre avec son homonyme Mohamed Tazi) n'a pas laissé pour autant son travail s'étouffer sous le poids d'un travail de N. Saïl, parfois rusé mais souvent méticuleux. Il a "composé" intelligemment. Le résultat, un beau film, simple, profondément authentique, fruit d'une collaboration exemplaire de deux intellectuels, deux artistes.

Récompenses :

- Prix du meilleur scénario au 1er Festival National du Film, Rabat, 1982
- Prix de la meilleure image, au 1er Festival National du Film, Rabat, 1982


Quarante Quatre ou Les Récits de la Nuit
de Moumen Smihi
35 mm - Couleur - 85 minutes
Coproduction Imago Imago Film et Filmodie (Franco-Marocaine), Coût du film : 3.000.000 DH, Prime du Fonds de soutien : 350.000 DH (soit 12%)
Scénario, montage et réalisation : Moumen SMIHI - Dialogue : Mohamed BENNIS - Image : Abdelkrim DERKAOUI et Pierre L'HOMME - Décor : Farid BELKAHIA et P. de MAZIERES - Musique : Benjamin YARMOLINSKY
Interpétation : Marie-France PISIER, Mohamed HABACHI, Naïma LAMCHARKI, Pierre CLEMENT, Abdeslam FARAOUI.


Ce film retrace cinquante années de,la vie de deux familles marocaines, dont le quotidien est fait d'honneurs et de malheurs.
Deux familles marocaines, l'une de Chefchaoun, du nord du pays colonisé par l'Espagne, l'autre de Fès du centre colonisé par les Français, reflètent la résistance acharnée contre l'occupation française et espagnole.
"Arbâ wa arbâ'ine aw Ostourate allayl" (44 ou les Récits de la nuit) de Moumen Smihi, parle de l'époque coloniale de 1912 à 1956. L'idée de prendre deux familles pour chanter quarante quatre ans de lutte acharnée est à première vue intéressante, intelligente même si le grand problème n'était pas avant tout, on le croit fortement, d'ordre thématique.
Du point de vue des événements historiques qu'il essaie de relater, par une mauvaise reconstitution par ailleurs au niveau du montage et des plans d'un petit nombre de figurants "reprend, sans gage et pour certaines raisons dont notamment la détention du pouvoir économique, politique et culturel, et-ce pour une longue période, par les Fassis, une certaine narration dominante d'un certain discours sur le rôle de Fès, trop gonflé, dans cette histoire qui veut limiter la résistance armée à une région qui a pourtant été beaucoup plus marqué par une sorte de résistance politique, nationaliste et pacifique, prenant parfois même des préceptes religieux (Al-Latif, la clémence), mais rarement l'arme en main, tandis que les véritables zones de résistance se situaient ailleurs, dans des zones populaires, paysannes et ouvrières comme les quartiers populaires de Casablanca, la ville et la région de Oued Zem, Settat, le Rif ou le Sud du pays, où cette forme de résistance était violemment menée contre le colonialisme, et qui s'acharnera davantage à partir de l'exil du Feu SM Mohamed V et de la Famille Royale.
C'est ainsi que Moumen Smihi qui s'est, pourtant distingué par son excellent court métrage "Si Moh, Pas de chance" ou son précédent beau long métrage "Chergui ou le silence violent", il marque ici, un pas en arrière, impardonnable d'un intellectuel aussi illuminé, surtout quand il exacerbe les tendances à lhermétisme. Hermétisme que l'on pourrait qualifier comme un pressentiment, de la part du cinéaste, de cette emphase laconique, polémique et même d'une certaine langue de bois dans le récit d'une histoire qui appartient à l'ensemble du peuple marocain, et non à une région dont le rôle revient encore dans tous les manuels scolaires du primaire, après avoir usé auparavant de la radio, des livres, des journaux...etc. Cette polémique artificielle l'on retrouvera dans un autre film, cette fois-ci, de Nabyl Lahlou, originaire lui aussi de Fès.
Enfin, et à propos de ce genre d’oeuvres, on répète avec Férid Boughedir, qu'une tentative manquée»


Poupées de Roseau
de Jilali Farhati
35 mm - Couleur- 90 minutes
Production : Heracles production, Coût : 600.000 DH, Fonds de soutien : 270.000 DH (45%) - Scénario : Farida Belyazid
Montage et réalisation : Jilali Ferhati - Scénario et dialogue : Farida BELYAZID - Image : Abdelkrim DERKAOUI - Son : Abderrahmane KHABBAZ - Musique : Zineb ALAOUI
Interprétation : Châaibia ADRAOUI, Souad FERHATI, Jilali FERHATI, Souad THAMI et Btissam MOUTALIB.


L'histoire d'un être élevé et maintenu dans une organisation sociale et morale pétrie de traditions. Ce film montre, par touche intimiste, que le destin d’Aïcha, petite fille, femme, mère puis veuve se confond finalement avec celui de toute femme.
Aïcha, épouse à l'âge de douze ans, son cousin, militaire de l'armée espagnole. Elle est transférée de la campagne à sa nouvelle demeure familiale en ville. Elle subit tous les rites qui vont faire d'elle une mère et veuve par la suite. Aïcha se trouve peu préparée à assumer toute seule après avoir refuser le remariage avec son beau-frère, la lourde charge de l'éducation de ses deux enfants.
Bien que "Aâra'is min qaçab" (Poupées de Roseau) ne traite pas directement du thème de la colonisation, le cinéaste choisit de filmer un problème social profondément ancré dans la société marocaine dans une période où Tanger faisait partie du statut de contrôle international.
Le mariage précoce avec toutes ses conséquences dramatiques étant encore fréquent au Maroc no citadin, le choix de cette étape, cinématographiquement si difficile, pourrait être interprète par plusieurs facteurs, dont notamment la nécessité d'éviter toute éventuelle tracasserie de la censure. Mais, il est aussi thématique, esthétique même. Contrairement au premier film de J. Farhati, Tanger n'est ici qu'un alibi pour les événements de ce récit.
Le scénario de Farida Belyazid, journaliste et épouse du cinéaste à l'époque et que l'on retrouvera revenir en 1986 par un premier long métrage, est mûrement réfléchi. Faisant partie de cette race d'intellectuelles, militantes féministes actives dans le pays, elle a écrit cette oeuvre sans la moindre concession. Des scènes très fortes traversent le long du film, un récit simple, doux mais violent»

Récompenses :

- Prix de la meileure réalisation au 1er Festival National du Film, Rabat, 1982
- Prix du meilleur rôle féminin au 1er Festival National du Film, Rabat, 1982
- Prix de la meilleure interprétation (ex-aequo avec Aziz SAAD ALLAH pour "Le facteur") au 1er Festival National du Film, Rabat, 1982


L'Oiseau du Paradis
de Hamid Ben Saïd
90 mn - 35mni - N&B
Production : Mohamed HILMI et C.C.M.
Scénario : Zaouraq BAWADIR et Hamid BENSAÏD - Dialogue : Zaouraq BAWADIR - Image: Nadia BENSAÏD - Montage : Mohamed MEZIANE
Interprétation : Abdelkebir BENBICH et Fatima SAHLI.


Le souvenir pénètre le temps présent. Ce film est un film de murmures, de chuchotements et de croisement de regards de deux enfances.


Copyright © Manageria, 1999-2004. All rights reserved - Tous droits réservés. Les copies doivent indiquer l'emplacement exact du document avec l'adresse de ce site.