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Jarman, Derek Derek Jarman |
Après des études de peinture à la Slade School de Londres entre 1963 et 1967, Derek Jarman débute à l’opéra et au cinéma comme décorateur et costumier, notamment sur le film de Ken Russell, les Diables (The Devils, 1971), tout en réalisant des courts-métrages et des clips publicitaires en Super 8 et en vidéo. Il est rapidement considéré comme un réalisateur expérimental de premier plan. Toute sa vie, le cinéaste, qui expose pour la première fois à la galerie Lisson à Londres en 1967, continuera de peindre. Son premier long-métrage, Sebastiane (1975, coréalisé avec Paul Humfress), est une célébration du corps masculin en même temps qu’une vision homosexuelle de la vie de saint Sébastien. Le film Caravaggio (1986), qui demeure sans doute son film le plus accessible, n’en reste pas moins une oeuvre convulsive et flamboyante. Cette biographie romancée du Caravage souligne l’érotisme latent de l’oeuvre du peintre et aborde la question cruciale du mécénat; ce thème est d’ailleurs un reflet évident des préoccupations matérielles d’un réalisateur qui rencontrera, sa vie durant, des obstacles au financement de ses films. Outre une dimension homosexuelle, nombre de ses films mettent en scène la culture moderne, dans un style visuel enraciné dans l’esthétique «underground». Jubilee (1977) célèbre la sous-culture punk alors en vogue à Londres, tandis que le pamphlet The Last of England (1987) raille avec férocité l’idéologie thatchérienne et la dérive commerciale du cinéma et de l’art en général. En 1989, il porte au cinéma l’oratorio de Benjamin Britten, War Requiem; la structure du film, qui repose sur la scansion des poèmes de guerre de Wilfred Owen, mélange, avec une rare maestria - quasi opératique -, des archives filmées de la Seconde Guerre mondiale et des mises en scène chorégraphiques de Derek Jarman. Cette réussite majeure est suivie de The Garden (1990), d’Edward II (1990) et d’un Wittgenstein (1992), qui est une biographie excentrique et fragmentée de la vie du célèbre philosophe viennois exilé à Cambridge, tournée entièrement en studio.
Jarman, The Last of England Atteint du sida dès 1987, Derek Jarman devient immédiatement un porte-parole de la lutte contre cette maladie, sans cesser de peindre ni de filmer. Il réalise alors plusieurs films qui traitent directement de sa vie avec le sida. Oeuvre déroutante, Blue (1993) déroule 76 min d’images fixes totalement bleues, derrière lesquelles se font entendre des fragments de musiques et de voix, décrivant la maladie de Jarman et ses effets sur son corps. Non content d’intégrer nombre d’éléments autobiographiques dans ses films, Derek Jarman a été un écrivain infatigable, qui a tenu toute sa vie un journal intime. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont Dancing Ledge (1984) et Modern Nature (1992). |
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Jeanson, Henri Henri Jeanson |
Né à Paris, Henri Jeanson pratique activement le journalisme dans les années vingt comme reporter, interviewer ou critique de cinéma, et se distingue par la virulence de son style et un goût prononcé pour la polémique. En 1932, il signe le scénario et les dialogues de la Dame de chez Maxim's d'Alexandre Korda, film qui marque le début d’une brillante carrière d'écrivain de cinéma. Son talent et son esprit sont sollicités par les plus grands cinéastes, tels Robert Siodmak (Mister Flow, 1936), Julien Duvivier (Pépé le Moko, 1936), Maurice Tourneur (le Patriote, 1937), Marc Allégret (Entrée des artistes, 1938) ou Marcel Carné (Hôtel du Nord, 1938). Ses articles anticonformistes et pacifistes pendant la guerre lui valent de graves problèmes avec les autorités, tant françaises qu'allemandes, et même de la prison. À la Libération, il retrouve sa place au générique de nombreux films, parmi lesquels Un revenant (1946) et Fanfan la Tulipe (1951) de Christian-Jaque, Copie conforme (1946) de Jean Dréville, les Maudits (1947) de René Clément, la Minute de vérité (1952) de Jean Delannoy, la Fête à Henriette (1952) et Pot-bouille (1957) de Julien Duvivier, Montparnasse 19 (1957) de Jacques Becker, la Vache et le Prisonnier (1959) d'Henri Verneuil. Il n'est passé qu'une fois derrière la caméra pour réaliser Lady Paname (1949), une évocation nostalgique du monde du spectacle dans les années vingt, interprétée par Louis Jouvet et Suzy Delair. Henri Jeanson a abandonné le cinéma en 1965 pour se consacrer au journalisme polémique et à la rédaction de ses mémoires, qui seront publiés sous le titre 70 Ans d'adolescence, quelques mois après sa mort. |
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Jodorowski, Alejandro Alejandro Jodorowski |
Né à Iquique (Chili), marqué par le surréalisme, l’occultisme et le tarot, il commence très jeune à travailler au théâtre en Amérique latine; puis il vient en France et devient metteur en scène pour le mime Marcel Marceau, avant de créer le groupe Panique avec Roland Topor et Fernando Arrabal. Il attire l’attention le 24 mai 1965 en présentant Éphémères, un happening démesuré, au Centre américain de Paris dans le cadre du «Deuxième Festival de la libre expression». Il réalise son premier film Fando et Lis (Fando y Lis, 1969), d’après une pièce de Fernando Arrabal, puis tourne un western insolite et barbare : El Topo (1970), dont il est aussi l’interprète. On y découvre son goût de la provocation, un sens de la violence d’une rare intensité, ainsi qu’une volonté d’initiation ésotérique. Puis il signe un chef-d’oeuvre : la Montagne sacrée (The Holy Mountain, 1973). Ce film baroque et fantasmagorique séduit le producteur français Michel Seydoux qui lui confie une superproduction : la transposition du roman de science-fiction de Frank Herbert, Dune. Mais après plusieurs mois de préparation, avec la collaboration du dessinateur Jean Giraud, il abandonne le projet, qui sera réalisé plus tard par David Lynch, et part en Inde réaliser un film pour la jeunesse, adapté d’un roman de Reginald Campbell : Tusk (1979), qu’il désavoue ensuite. Devenu scénariste de bandes dessinées (la série John Difool) et romancier, le Paradis des perroquets (el Paraíso de los loros, 1984), il s’éloigne du cinéma et ne tourne que deux films en vingt ans : Santa Sangre (1989), dans lequel il explore à nouveau un univers d’excès, de folie et de délire avec une grande habileté artistique, puis le Voleur d’arc-en-ciel (A Rainbow Thief, 1990).
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Jordan, Neil Neil Jordan |
Né à Sligo (république d’Irlande), Neil Jordan est déjà un jeune écrivain connu pour ses talents de nouvelliste quand il collabore en tant que scénariste et assistant du réalisateur John Boorman pour les films Excalibur (1981) et Traveller (1981). Thème récurrent de la filmographie de Neil Jordan, l’Irlande constitue la toile de fond de son premier long métrage, Angel (1982), un thriller nerveux qui met en scène un saxophoniste cherchant à venger son manager. Ce film est suivi d’un conte de fées à l’érotisme déviant, la Compagnie des loups (The Company of Wolves, 1984). Situé dans les milieux de la criminalité et de la prostitution, le drame Mona Lisa (1985) orchestre les rapports entre les personnages comme autant de transactions misérables, destinées à soulager temporairement la solitude et la douleur. High Spirits (1988) est son premier film réalisé sous les auspices d’Hollywood; il a été jugé décevant parce qu’impersonnel et «déculturé» (loin de la culture irlandaise qui nourrit habituellement ses mises en scène). Neil Jordan renoue à nouveau avec une production irlandaise pour The Crying Game (1992), un film policier dont l’intrigue enchevêtre histoire d’amour trouble et activités terroristes. Il adapte ensuite une nouvelle d’Anne Rice, Entretien avec un vampire (Interview with a Vampire, 1994) pour réaliser un film imaginatif sur un thème pourtant ressassé au cinéma. Le film Michael Collins (1996) gagne le lion d’or au festival de Venise tandis que Liam Neeson y remporte le prix du meilleur acteur pour son rôle d’homme politique irlandais (voir Collins, Michael). |
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