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Les techniques du son |
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Si l’on a besoin d’une synchronisation précise entre le son et l’image, comme dans un dialogue où le son et les mouvements des lèvres doivent correspondre parfaitement, on utilise des caméras parfaitement silencieuses et l’on enregistre le son en prise directe, pendant le tournage. Si l’enregistrement sonore est d’une qualité insuffisante, on peut le réenregistrer dans un studio de doublage. Les sons qui ne demandent pas une synchronisation précise sont enregistrés séparément. L’enregistrement du son est effectué sur des magnétophones analogiques ou numériques, en mono ou en stéréo. Les sons sont alors transférés sur une bande magnétique et montés avec les images, les différentes pistes sonores étant mixées sur une seule bande. Lorsque le son et l’image sont prêts, le négatif original est monté à l’identique de la copie de travail; la bande-son est transférée sur la pellicule où, après développement, elle devient le négatif sonore (voir Son, enregistrement et reproduction du). Les négatifs visuel et sonore sont tirés ensemble sur un premier tirage mixte. Si la qualité de l’image et du son est approuvée, le laboratoire lance la production en série de la pellicule destinée aux salles de cinéma. De plus en plus de films sont faits à l’aide des techniques dites non linéaires. Les négatifs et les sons sont numérisés puis traités par un ordinateur qui permet de faire du montage et de la sonorisation virtuels. On peut modifier l’ordre des images pour choisir la meilleure manière de véhiculer l’information traitée. Lorsque le résultat est atteint, l’ordinateur fournit une liste d’informations qui permettent d’effectuer le vrai montage du négatif. Les sons sont numérisés sur chaque piste. L’ensemble peut être gravé sur un disque laser. Toutes ces informations sont mixées sur une seule piste magnétique, que l’on transfère sur le négatif sonore. Le tirage du support image plus son est réalisé comme précédemment. L’enregistrement sonore À l’origine du cinéma sonore, en 1928, le son était enregistré uniquement sous forme d’une piste photographique placée entre le bord des images et les perforations. À cette époque, l’enregistrement magnétique n’étant pas opérationnel, tous les enregistrements destinés au cinéma se faisaient sur un négatif son qui devait être tiré photographiquement sur une émulsion positive pour être reproduit. Les mixages s’effectuaient en faisant défiler plusieurs bandes optiques en synchronisme. Leur mélange était enregistré sur un nouveau négatif son qui était ensuite utilisé pour le tirage des copies standards (copies comportant, sur un même support, les images du film et la piste sonore). Depuis 1952, tous les enregistrements s’effectuent sur support magnétique analogique puis, plus récemment, en son numérique. Les sons directs Les sons directs sont enregistrés au moment de la prise de vues, généralement sur des magnétophones portatifs, tel le célèbre Nagra. Ces bandes comportent également une information de synchronisme sous forme d’une fréquence ou d’un code temporels permettant, par la suite, de synchroniser la bande sonore avec la bande image correspondante. En dehors des sons directs, l’ingénieur du son enregistre des ambiances, des sons seuls, le silence des lieux, etc., qui permettront au monteur de construire la bande sonore du film. Le son direct exige de tourner avec des caméras parfaitement silencieuses. Depuis les années 1965, les constructeurs ont mis au point des caméras autonomes légères et silencieuses pouvant être tenues à la main (cinéma-vérité dans les années 1960) d’abord en 16 mm (Éclair, Aaton, Arriflex), puis en 35 mm (Aaton, Arriflex, Panaflex). Pour tourner convenablement en son direct, il est également nécessaire que le niveau de bruit propre où a lieu le tournage soit inaudible, ce qui se trouve de plus en plus difficilement et empêche de tourner en son direct en décor naturel. Même les plateaux de prise de vues doivent faire l’objet de travaux très importants pour que leur niveau de bruit de fond soit compatible avec le son direct. Lorsque les conditions de bruit de fond ne permettent pas d’enregistrer un son direct, le son enregistré porte le nom de «son témoin»; il sera utilisé comme référence lors de la postsynchronisation. Tous ces enregistrements (son direct, sons seuls, ambiances, sons témoins, etc.) sont ensuite recopiés sur des bandes magnétiques perforées de même format que la bande image (16 ou 35 mm) et restent synchrones avec cette dernière grâce à l’information de code. Cette opération porte le nom de «repiquage». Ce sont ces bandes perforées qui serviront pour le montage de la bande sonore du film et qui seront ensuite utilisées pour le mixage du film. D’autres techniques sont également employées pour constituer la bande sonore d’un film : la postsynchronisation, le play-back, le doublage. La postsynchronisation La postsynchronisation est appliquée lorsqu’il n’a pas été possible de travailler en son direct lors du tournage (bruits parasites, acteurs ne parlant pas la même langue, etc.). En auditorium, les comédiens réenregistreront les mêmes paroles qu’au moment du tournage en se référant au son témoin. Pour conserver le synchronisme entre le son et le mouvement des lèvres, le texte que doit prononcer chaque comédien défile sous l’image à postsynchroniser. Ce texte est écrit sur une bande perforée spéciale défilant horizontalement et qui porte le nom de «bande rythmographique». Les bruitages Si les sons directs n’ont pu être enregistrés, il en aura probablement été de même pour les effets synchrones (bruits de pas, portes, etc.). Ces effets devront aussi être réenregistrés en auditorium. La technique consiste à projeter les images en présence d’un bruiteur qui, à partir d’accessoires très divers, reconstitue les bruits en synchronisme avec les images qui lui sont projetées. Dans les cas simples, on peut faire appel à une sonothèque (bruits d’animaux, de voiture, etc.). Le play-back
Dans certains cas, il est plus facile pour les comédiens de jouer sur un son déjà enregistré et diffusé lors du tournage. Cette technique est souvent appliquée pour les films musicaux (Les Parapluies de Cherbourg, Don Giovanni, etc.). Cette technique est aussi très utilisée en télévision. Le doublage Le doublage est nécessaire dans le cas où les films sont tournés dans une langue différente de celle de leur exploitation. À partir d’une traduction des dialogues, un doubleur adapte le texte pour qu’il corresponde au mieux avec la durée et les mouvements de lèvres des comédiens à l’écran. Pour chacun des plans du film, les dialogues sont réenregistrés dans la langue souhaitée selon la technique de la bande rythmo précédemment décrite (post-synchronisation). Il est souvent nécessaire de réenregistrer aussi les bruitages pour reconstituer intégralement la bande sonore du film doublé. Les musiques Sauf exception, les musiques sont enregistrées en dehors du tournage et, bien souvent, après le montage, de manière à en déterminer la durée avec précision. Les techniques mises en oeuvre sont celles du disque, l’enregistrement se faisant dans un auditorium spécialisé. Le mixage Lorsque le montage du film est achevé, on se trouve en présence d’une bande image (la copie de travail) ainsi que de nombreuses bandes sonores synchrones (paroles, effets, bruitages, musiques, etc.). Le travail de l’ingénieur de mixage va consister à mélanger toutes ces bandes sonores sur une seule bande à une ou plusieurs pistes selon que le film sera diffusé en monophonie ou en multicanaux. Ce travail s’effectue en auditorium spécialisé, équipé de plusieurs défileurs pour bandes magnétiques perforées (jusqu’à une vingtaine) et d’une console de mixage comportant de nombreuses entrées (jusqu’à une soixantaine). Le mixage sera enregistré sur un film magnétique perforé de même format que l’image. Le report optique Les copies exploitées aujourd’hui comportent toujours une piste photographique semblable à celles des premières copies sonores. Pour établir cette piste sur les copies, il est nécessaire d’enregistrer un négatif son à partir du mixage qui vient d’être établi. Ce négatif son est enregistré dans une caméra sonore dont le modulateur fonctionne sur le principe de la loi de Laplace (caméras Westrex) ou de l’oscillographe de Blondel (caméras Picot). Les principales raisons du maintien de la piste photographique sont le faible coût des tirages et l’universalité du procédé. Enregistrements numériques Depuis le début des années 1990, le son numérique est entré au cinéma. La numérisation peut commencer dès la prise de son (direct ou non). Les repiquages se font alors sur des magnétophones multipistes numériques (au lieu des défileurs à bandes perforées) et le montage avec des systèmes de montage virtuels utilisant comme support de stockage des disques durs. La synchronisation entre les différents éléments se faisant à partir du code temporel. La reproduction en salle Dans ce qui a été exposé précédemment, les conditions de diffusion n’ont pas été abordées. Reproduction multicanaux C’est avec l’apparition du film 70 mm sur lequel étaient enregistrées six pistes magnétiques que la qualité de la reproduction sonore en salle a connu une amélioration marquante. Pour le procédé Todd-AO, la reproduction s’effectuait en six canaux : cinq canaux d’écran et un canal d’ambiance sous forme de nombreux haut-parleurs implantés dans la salle. La stéréophonie au cinéma La véritable stéréophonie, deux canaux, à gauche et à droite, seulement, n’a été que rarement mise en oeuvre au cinéma en raison des problèmes de diffusion sonore qu’elle entraîne pour les spectateurs placés en avant de la salle. Il faut citer le film La Griffe et la Dent - bande sonore de M. Fano -, diffusé en véritable stéréophonie de phase, à partir de copies à piste photographique double. Le procédé Dolby Stéréo Avec l’évolution de l’électronique, Ray Dolby met au point un réducteur de bruit de fond qui porte son nom. Appliqué au son photographique, ce procédé réduit notablement le bruit de fond des pistes optiques et permet la reproduction, dans de bonnes conditions, d’enregistrements à pistes photographiques doubles (deux voies distinctes). Sur cette base, la société Dolby développe un procédé utilisant les équipements de diffusion sonore utilisés pour les films 35 et 70 mm magnétiques sous le nom de Dolby Stéréo. Ce procédé consiste à ramener quatre voies correspondant à trois canaux d’écran (gauche, centre, droite) et un canal d’ambiance, en deux informations par matriçage. Ces deux informations résultantes sont encodées par le système réducteur de bruit de fond Dolby A ou, plus récemment, Dolby SR, puis reportées sur un négatif son double piste. À la reproduction, ces deux informations sont décodées de la réduction de bruit de fond, puis dématricées par un circuit électronique spécifique pour redonner les quatre informations initiales, diffusées sur les quatre canaux correspondants de la salle. Le son numérique en salle Le premier procédé a été présenté par Kodak-O.R.C. Il consiste à remplacer la piste photographique analogique par une piste photographique numérique permettant d’attaquer six canaux de reproduction dans la salle. Le même type de piste peut être enregistré sur film 70 mm, ce qui permet d’associer le son numérique à la grande qualité d’image de ces copies. Il semble que, pour l’avenir, on se tourne vers des procédés qui permettront de conserver aux copies leur compatibilité analogique numérique. Deux orientations sont proposées : dans l’une, les deux pistes, analogique et numérique, sont enregistrées sous forme photographique sur la copie 35 mm exploitée en salles (Dolby propose d’enregistrer la piste numérique entre les perforations d’entraînement du film : procédé Dolby S.R.D.), dans l’autre, un code temporel est enregistré photographiquement sur la copie (sous forme d’un code à barres), en manchette. Ce code permettra de synchroniser un disque audionumérique (magnéto-optique dans le cas du procédé français L.C. Concept). Dans tous ces procédés numériques, la diffusion sonore dans la salle reste identique : trois voies d’écran, deux voies d’ambiance (stéréophonie possible), une voie de renfort des fréquences basses. Les procédés de diffusion Pour exploiter au mieux les possibilités des enregistrements sonores sur film, il est devenu nécessaire de rationaliser les matériels employés et d’adapter les caractéristiques acoustiques des salles à ce type de restitution. C’est ainsi qu’est né le système T.H.X. (Lucas-Films) qui propose un choix d’équipements de haut de gamme en matière d’amplificateurs et d’enceintes acoustiques, et impose la mise en place des enceintes dans un mur acoustique implanté derrière l’écran ainsi que des caractéristiques acoustiques pour la salle (temps de réverbération et bruit de fond). Ces caractéristiques de reproduction sonore sont garanties par un label T.H.X. En France, la société S.T.S. propose également un équipement spécifique adapté aux salles de cinéma. |
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