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Les films de guerre |
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Les origines Dès les premiers temps du cinématographe, en marge des reportages authentiques, les cinéastes tournent des bobines «d'actualité» qui reconstituent certains événements contemporains parmi lesquels des faits de guerre. C'est ainsi que Georges Méliès tourne la Prise de Tournavos (1897) et les Massacres de la population crétoise (1987) pour illustrer la guerre gréco-turque, puis simule l'Explosion du cuirassé Maine en rade de La Havane (1898) à l’aide de maquettes. Parallèlement, l'Américain Amet filme dans son jardin une reconstitution du même événement, qu’il intitule la Bataille navale à Cuba (1898). D'autres réalisateurs s’intéressent à la guerre des Boërs, comme Cock et Dickson avec la Prise de Pretoria (1899) et James E White et Charles E Geoley avec Guerre du Transvaal (1900). L’Anglais James Williamson met en scène l’Attaque d'une mission en Chine (Attack on a Chinese Mission, 1901) et les Japonais Shibata et Fukata réalisent la Guerre des boxers (1901). Les combats en Europe font l’objet d’une Guerre dans les Balkans (1903) par l'Anglais Rider Nobleout, de Scènes de la guerre russo-japonaise (1904) par l'Américain Mc Cutcheon et d’une Prise de Port-Arthur (1904) par l'Anglais Rosenthal. La guerre devient alors un spectacle commercial dont l’industrie naissante du cinéma entend tirer profit. Plusieurs réalisateurs la prennent pour sujet avec un bellicisme flagrant, auquel Alfred Machin répond en tournant le premier film explicitement pacifiste, Maudite soit la guerre (1914). La première guerre mondiale À son entrée en guerre, la France crée la Section cinématographique des armées, afin de conserver des archives visuelles des combats. Cet exemple est rapidement imité en Russie, en Allemagne et en Angleterre. Derrière les lignes, des cinéastes tournent des fictions à caractère patriotique ou pacifiste se déroulant sur les champs de bataille. Abel Gance signe ainsi les Gaz mortels (1916), Cecil B. DeMille réalise The Little American (1917), David W. Griffith met en scène les Coeurs du monde (Hearts of the World, 1918), Allen Holuber tourne Hearts of Humanity (1918) et Charles Chaplin crée Charlot soldat (Soulders Arms, 1918). L'entre-deux-guerres et le temps du muet Immédiatement après l'armistice, la guerre s’éclipse des écrans, à l’exception notable de Vendémiaire (1918) de Louis Feuillade, un film patriotique, et de J'accuse (1919) d’Abel Gance, qui la dénonce avec véhémence. Plus tard, d’autres cinéastes reviennent sur la dimension romanesque et dramatique de la Grande Guerre, comme King Vidor avec la Grande Parade (The Big Parade, 1925), William Wellman avec les Ailes (Wings, 1927) et Léon Poirier avec Verdun, vision d'histoire (1928). Raoul Walsh en tire de son côté une comédie, intitulée Au service de la gloire (What Price Glory ?, 1926) et, en France, Alexandre Ryder inscrit sa Grande épreuve (1927) dans le genre du mélodrame de guerre. Toujours en France, Édouard Émile Violet s'inspire du conflit russo-japonais pour la Bataille (1923) et Jacques de Baroncelli de la guerre du Riff dans Feu! (1926). Le cinéma soviétique est, à l’époque, surtout occupé à exalter la révolution de 1917, mais la Grande Guerre est toutefois le sujet d’un film important, Arsenal (1929), d’Aleksandr Dovjenko. Le cinéma allemand, quant à lui, donne un certain nombre d’oeuvres sur la Grande Guerre, dont les plus importantes sont Cadet de la marine (Der Seekadett, 1926) de Carl Boese, la Flotte engloutie (Die Versunke Flotte, 1926) de Manfred Noa et U 9 Weddigen (1927) de Heinz Paul. Parallèlement l'école documentaire se développe partout dans le monde. Grâce aux progrès de la technique cinématographique, les opérateurs sont de plus en plus à même de couvrir les conflits réels. Les images d'actualité ne sont plus des reconstitutions, ce qui ne signifie pas qu’elles atteignent forcément à une plus grande objectivité. Le son et la guerre Les producteurs d’Hollywood s'aperçoivent dès le succès du drame de Howard Hawks, la Patrouille de l'aube (The Dawn Patrol, 1930), du potentiel commercial que le cinéma sonore ajoute aux films de guerre, avec le réalisme assourdissant des tirs et des explosions. En raison de la position isolationniste des États-Unis, ce sont surtout des films à connotation pacifiste qui sont mis en chantier, tels À l'Ouest rien de nouveau (All Quiet in the Western Front, 1930 ) de Lewis Milestone, tiré du roman d’Erich Maria Remarque, l'Adieu aux armes (Farewell to Arms, 1932) de Frank Borzage, d'après l'ouvrage d’Ernest Hemingway, Héros à vendre (Heroes for Sale, 1933) de William Wellman, les Chemins de la gloire (The Road To Glory, 1936) de Howard Hawks, d'après les Croix de bois de Roland Dorgelès, Après (The Road Back, 1937) de James Whale, tiré d'un autre roman de Remarque et On lui donna un fusil (They Gave Him a Gun, 1937) de W. S. Van Dyke. On relève aussi un film sur la guerre d'Espagne, Blocus (Blockade, 1938) de William Dieterle. En Allemagne, Luis Trenker évoque la guerre dans les Dolomites dans le Mont en flammes (Berg im Flammen, 1931), Georg Wilhelm Pabst signe en 1930 le pacifiste Quatre de l'infanterie (Westfront 1918) et Victor Trivas réalise dans le même esprit No Man's Land (1931). Mais l’accession des nazis au pouvoir en 1933 entraîne vite le règne exclusif du film de propagande militariste : l'Aube (Morgenrot, 1933) de Gustav Ucicky, Stosstrup 1917 (1934) et Pour le droit des hommes (Um das Menschenreit, 1934) de Hans Zoberlein et Ludwid Schmid-Wildy, Opération Michel (Unternehmen Michel, 1937), Permission sur parole (Urlaub auf Ehrenwort, 1937), Pour le mérite (1938) et Legion Condor (1939) de Karl Ritter, sont quelques exemples de films de guerre dont le but est d’exalter la puissance et les vertus martiales allemandes. Le cinéma fasciste italien, en revanche, évoque rarement la guerre. Dans le même temps le cinéma soviétique persévère dans la représentation des combats révolutionnaires avec notamment Tchapaïev (1934) de Serge Vassiliev, l'Homme au fusil (Tchelovek s roujyom, 1937) de Sergeï Youtkevitch, Chtchors (1939) d’Alexander Dovjenko. En 1933 cependant, Boris Barnet réalise Okraina, un film humaniste et fraternel où la Grande Guerre occupe une place importante. En France, Nicolas Farkas tourne un remake de la Bataille (1933) et Jacques de Baroncelli donne une nouvelle version, parlante, de Feu! (1937). Les films de guerre se partagent comme à l’accoutumée entre ceux au point de vue patriotique, dans Passeur d'hommes (1937) de René Jayet, et les Héros de la Marne (1938) d’André Hugon, et ceux à thèse pacifiste, dans les Croix de bois (1931) de Raymond Bernard, la Grande Illusion (1937) de Jean Renoir, J'accuse (1937) d’Abel Gance, Soeurs d'armes (1937) de Léon Poirier et les Otages (1939) de Raymond Bernard. Mêlant fiction et documentaire dans un film lyrique intitulé Espoir (1939), le romancier André Malraux filme la guerre d'Espagne vue du côté des républicains. La seconde guerre mondiale La Seconde Guerre mondiale entraîne une production sans précédent de films du genre. En Grande Bretagne, l'école documentaire se distingue particulièrement avec Fires we Started (1943) de Humprey Jennings, Desert Victory (1943) de Roy Boulting et Cameraman at War (1943) de Len Lye. Dans le domaine de la fiction la Revanche (The Day Will Dawn, 1942) de Harold French, Un de nos avions n'est pas rentré (One of our Aircraft is Missing, 1942) de Michael Powell ou le Navire en feu (San Demetrio-London, 1943) de Charles Frend attisent le patriotisme et l’esprit de résistance des Anglais. L'Italie fasciste entreprend la production d’une série de films ayant d’abord pour cadre la guerre d'Espagne, tels Carmen fra i rossi (1939) et Sancta Maria (1941) d’Edgar Neville, les Cadets de l'Alcazar (L'assiedo dell'Alcazar, 1940) d’Augusto Genina, puis le conflit mondial dans l'Uomo della legione (1940) de Romolo Marcellini, il Cavaliere di Kruja (1940) de Carlo Campogalliani, Afa Tao! (1941) de Francesco de Robertis, Un pilote ritorna (1941) de Roberto Rossellini, Gariabub (1942) de Goffredo Alessandrini, Bangasi (1942) d’Augusto Genina et Odessa in Fiame (1942) de Carmine Gallone. De son côté, l’industrie allemande produit Reitet für Deutschland (1941) de Maria Rabenalt, Uber alles in der Welt (1941) et Stukas (1941) de Karl Ritter, Sous-Marin à l'ouest (U-Boote Westwärs, 1941) de Gynther Rittau et Combat à l'ouest (Sieg im Westen, 1941), un film de montage de Fritz Brunsch et Svend Nolan. Bien avant son entrée dans la guerre mondiale, le Japon a commencé à produire des films qui cautionnent ses conquêtes en Asie. Les cinéastes japonais sont presque tous enrôlés dans le cinéma de propagande et réalisent des films comme Ciel en flammes (Moyuru ozora, 1940) de Yitaka Abe, le Kamikaze de la tour de guet (Bôrô no kesshitai, 1942) de Tadashi Imai, Hawaii en Malaisie (Hawaii Marei oki kaisen, 1942) et En avant, les escadrons de torpilleurs! (Raigekitai Shutsudo, 1944) de Kajiro Yamamoto. En Union soviétique, on diffuse des documentaires de propagande tels Léningrad en lutte (1942) et 24 heures de guerre en URSS (1942) de Karmen et Komarevtsev, Défaite allemande devant Moscou (1942) et Stalingrad (1943) de Varlamov, et la Bataille pour notre Ukraine soviétique (1943) d’Alexander Dovjenko. Mais l’effort de guerre passe aussi par des fictions telles l’Arc-en-ciel (Radouga, 1944) de Mark Donskoï, qui évoque les exactions commises par les Allemands en territoire soviétique. Aux États-Unis, certains cinéastes n'attendent pas l'entrée en guerre du pays pour évoquer le conflit. Correspondant 17 (Foreign Correspondent, 1940) d’Alfred Hitchcock, appelle explicitement à la lutte contre les nazis, tandis que le Dictateur (The Great Dictator, 1940) de Charles Chaplin, ridiculise Hitler. Quelques auteurs tournent des films militaristes, comme Parachute Batalion (1941) de Leslie Goodwins, tandis que d’autres reviennent sur la Première Guerre mondiale, comme Howard Hawks avec Sergent York (Sergeant York, 1941). En réponse à l'agression japonaise de Pearl Harbor en décembre 1941, l’industrie américaine du cinéma se mobilise et les films de propagande déferlent. Ils montrent des espions, des résistants, des évasions et des combats. Les grands studios en font des films de prestige, des serials ou des séries B. Frank Capra supervise et réalise avec Anatole Litvak un admirable montage de documentaires intitulé Pourquoi nous combattons (Why We Fight), et John Ford réalise en direct du front la Bataille de Midway (Battle of Midway, 1942), pendant le tournage duquel il est blessé. Parmi les très nombreuses oeuvres de fiction qui représentent la contribution d’Hollywood à l’effort de guerre signalons The Master Race (1944) de Herbert J. Biberman, Asidment to Britany (1943) de Jack Conway, le merveilleux Casablanca (1943) de Michael Curtiz, Destination Tokyo (1943) et Pride of the Marines (1945) de Delmer Daves, l'Odyssée du Docteur Wassel (Story of Doctor Wassel, 1944) de Cecil B. DeMille, Hitler's Children (1943), Face au soleil levant (Behind the Rising Sun, 1943) et Back to Bataan (1945) d’Edward Dmytryk, la Sentinelle du Pacifique (Wake Island, 1942) et les Commandos frappent à l'aube (The Commandos Strike at Dawn, 1943) de John Farrow, les Sacrifiés (They Were Expendable, 1945) de John Ford, Bataan (1943) et la Croix de Lorraine (Cross of Lorraine, 1943) de Tay Garnett, Air Force (1943) de Howard Hawks, Sahara (1943) de Zoltan Korda, Cape et poignard (Cloak and Dagger, 1945) de Fritz Lang, Trente secondes sur Tokyo (Thirty Seconds over Tokyo, 1944) de Mervyn LeRoy, l'Ange des ténèbres (Edge of Darkness, 1943) l'Étoile du Nord (North Star, 1943), Prisonniers de Satan (The Purple Heart, 1944) et le Commando de la mort (A Walk in the Sun, 1945) de Lewis Milestone, Corregidor (1943) de William Nigh, Prisoner of Japan (1942) d’Arthur Ripley, Boys from Stalingrad (1943) de Sidney Salkow, None Shall Escape (1944) d’André De Toth, Sabotage à Berlin (Desperate Journey, 1943), Saboteur sans gloire (Uncertain Glory, 1944) et Aventures en Birmanie (Objective Burma, 1945) de Raoul Walsh, et les Forçats de la gloire (The Story of GI Joe, 1945) William Wellman. Un genre populaire En 1945, une fois la paix revenue, le film de guerre demeure un produit commercial prisé du public populaire. En France, il vante surtout les exploits de la Résistance et reflète les troubles de la guerre froide. Dans cette veine, Jeff Musso réalise le très controversé Vive la liberté (1944, sorti en 1946), Raymond Bernard signe Un Ami viendra ce soir (1945), Henri Calef tourne Jericho (1945), Jean Grémillon filme le Six juin à l'aube (1945), René Clément réalise la Bataille du rail (1945) et Jean Dréville signe la Bataille de l'eau lourde (1947). Plus tard, quelques films français abordent la guerre d’Indochine, comme Crève-coeur (1953) de Jacques Dupont, Patrouille de choc (1957) de Claude-Bernard Aubert, Morambong (1958) de Jean-Claude Bonnardot ou la 317e Section (1964) de Pierre Schoendorffer. Dans une toute autre veine, Les Carabiniers (1963) de Jean-Luc Godard est un essai cinématographique singulier qui dépeint crûment les horreurs de la guerre à travers un conflit imaginaire. En Italie, après Rome, ville ouverte (Roma città aperta, 1945) et Païsa (1946) de Roberto Rossellini, les films de résistance connaissent une certaine vogue, avec notamment Vivre en paix (Vivere in pace, 1946) de Luigi Zampa, Sciuscia (1946) de Vittorio De Sica, Achtung Banditi! (1951) de Carlo Lizzani. Par la suite, au cours des années soixante, les films de guerre commerciaux, tournés à la chaîne, deviennent une spécialité de l’industrie italienne du cinéma. L’Allemagne porte aussi un regard sur la guerre dans quelques oeuvres académiques, et dans la série antimilitariste des 08/15 dirigés par Paul May. Traumatisé par le désastre atomique, le Japon se montre de son côté franchement antimilitariste dans Évasion à l'aube (Akatsuki no dassô, 1950) de Yoshiko Yamaguchi, Jusqu'au bout des nuages flottants (Kumo nagaruru hate ni, 1953) de Miyoji Ieki, la Harpe de Birmanie (Biruma no tategoto, 1956) et Feux dans la plaine (Nobi, 1959) de Kon Ichikawa, Une bête à nourrir (Siju, 1961), Furyo (1983) de Nagisa Oshima et l'Ange rouge (Akai tenshi, 1966) de Yasuzo Masumura. En URSS, la production cinématographique de l’après-guerre célèbre les exploits soviétiques, comme dans Victoire en Ukraine (1945) d’Alexander Dovjenko et le Tournant décisif (Velikij perelom, 1946) de Frederik Ermler, qui relate la bataille de Stalingrad. Lors du renouveau du cinéma soviétique consécutif à la mort de Staline, de nombreux films reviennent sur la «Grande Guerre patriotique», parmi lesquels des chefs-d’oeuvre comme Quand passent les cigognes (Letiat Jouravly, 1957) de Mikhaïl Kalatozov, la Ballade du soldat (Ballada o soldate, 1959) de Grigori Tchoukraï et l’Enfance d’Ivan (Ivanovo Destvo, 1962) d’Andreï Tarkovski. Les superproduction En Grande-Bretagne, le film de guerre devient une institution avec l’énorme succès du Pont de la rivière Kwai (The Bridge on The River Kwai, 1957). Mis à part la contribution critique de Joseph Losey avec Pour l'exemple (King and Country, 1964) les films britanniques encensent généralement l’héroïsme, depuis les Canons de Navarone (Guns of Navarone, 1961) de Jack Lee Thompson jusqu'à la Bataille des Ardennes (The Battle of the Buggle, 1966) de Ken Annakin, le Pont de Remagen (Bridge at Remagen, 1969) de John Guillermin et Un pont trop loin (A Bridge to Far, 1977) de Richard Attenborough. Le cas américain En raison du colossal appareil de production américain et de la diversité des talents qui l’animent, la production américaine de films de guerre après 1945 est certainement une des plus riches au monde. Tragique décision (Command Decision, 1948) de Sam Wood célèbre l’esprit de sacrifice tandis que le Grand Secret (Above and Beyond, 1953) de Frank et Panama se penche sur les états d'âme du pilote qui va atomiser le Japon. Un producteur fait jouer son propre rôle au héros le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale (Audie Murphy) dans l'Enfer des hommes (To Hell and Back, 1955) de Jess Hibs, et Darryl Zanuck reconstitue le débarquement pour le Jour le plus long (The Longest Day, 1962), ce que Steven Spielberg fera à son tour en 1998 pour Il faut sauver le soldat Ryan (Save Private Ryan, 1998). De grands réalisateurs signent des films au patriotisme parfois très nuancé. Ainsi John Ford s‘amuse des codes de l'héroïsme dans Planqué malgré lui (When Willies Comes Marching Home, 1950). Robert Aldrich tourne un pamphlet pacifiste, Attaque (Attack, 1956), puis un film provocateur et pessimiste, les Douze Salopards (The Dirty Dozen, 1967). Stanley Kubrick dénonce la folie meurtrière des généraux français de 1917 dans les Sentiers de la gloire (Paths of Glory, 1957), avant de livrer dans Full Metal Jacket (1987) une vision très personnelle de la guerre du Viêt Nam. Michael Cimino étudie cette même guerre dans Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter, 1978) et Francis Ford Coppola, dans Apocalypse Now (1979), l’interprète comme un long et somptueux cauchemar lyrique.
Cimino,
Voyage au bout de l'enfer Écorché vif, Nicholas Ray adapte le roman de René Hardy Amère victoire (Bitter Victory, 1958) tandis qu’Alan Dwan nie l'héroïsme dans Iwo Jima (Sands of Iwo Jima, 1950) et que Richard Fleischer conteste la hiérarchie dans le Temps de la colère (Between Heaven and Hell, 1956). Anthony Mann tourne l'implacable Cote 465 (Men in War, 1957). Douglas Sirk émeut avec le Temps d'aimer et le temps de mourir (Time to Love and Time to Die, 1959). Raoul Walsh brosse le portrait d'un sergent fasciste dans les Nus et les morts (The Naked and the Dead, 1958) et Sam Peckinpah médite l'absurdité de la guerre dans Croix de fer (Cross of Iron, 1977). Dans les films de l’ex-fantassin Samuel Fuller, enfin, nulle exaltation de la bravoure, nul bellicisme. La guerre y est sale, sinistre, et le soldat souffre. J'ai vécu l'enfer de Corée (Steel Helmet, 1951), Baïonnette au canon (Fixed Bayonets, 1951) China Gate (1957), les Maraudeurs attaquent (Merril's Maraudeers, 1962) et Au-delà de la gloire (The Big Red One, 1980) sont parmi les oeuvres les plus réalistes et les plus justes jamais réalisées sur la guerre. |
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